Il était une fois Mani (1962-2025) : le bassiste disparu en quelques lignes de basse

Mani bassist Stone RosesLa chose est assez simple : sur le marché des bassistes star, du côté de Manchester, il y avait Peter Hook et lui. On n’oublie pas Andy Rourke des Smiths, bien sûr, mais Hook et Mani ont un gabarit médiatique et une aura que le discret Rourke n’égalait pas. Six ans plus jeune que le musicien de Joy Division et New Order, Gary Mounfield avait la réputation d’être le mec le plus sympa d’entre les Stone Roses, le plus accessible, le plus “normal”. Bon… sans doute est-ce que personne ne prenait vraiment le temps de parler à Reni, le batteur de génie derrière son bob, qui était son parfait complément et probablement l’une des raisons principales du succès du groupe (mais c’est une autre histoire). Il faut avouer que Ian Brown et John Squire se posaient là dans le genre bêcheur. Mani avait commencé à jouer avec le futur guitariste des Stone Roses dans un premier groupe mort-né après quelques morceaux (The Waterfront ou un peu avant encore The Fireside Chaps). Il n’intègre les Stone Roses, réunis autour des deux amis d’école Brown et Squire, plus de deux ans après leur formation en 1987 après le départ de leur batteur d’origine Pete Garner. Le groupe a évolué fortement les quelques mois qui ont précédé pour servir l’ambition renouvelée de son duo créatif. Brown et Squire prennent en main le songwriting pour viser un succès qui les fuit partiellement jusqu’à présent et a conduit à ce que leur premier album historique ne sorte pas officiellement. C’est dans ce contexte que Mani entre en scène pour constituer le line-up le plus connu du groupe et graver en studio le standard Elephant Stone. Le reste appartient à l’histoire avec un premier disque qui les propulse au firmament en 1989 et la folie qui s’en suivra jusqu’au Second Coming, à la reformation etc.

Mani (surnom qui complète le Reni du batteur) pourrait faire référence au prophète perse fondateur du manichéisme. la racine du nom signifie “joyau”, “pierre précieuse”, ce qui va très bien au musicien. En tant que bassiste, la caractéristique de son jeu était probablement d’être bâtie plus sur des influences northern soul et funk qu’indie, même s’il disait être un grand fan des Byrds. C’est ce goût du funk ravageur associée à la batterie speedée de Reni qui est la base et le coeur des meilleurs morceaux des Roses comme She Bangs The Drum ou encore Fools Gold. Après la fin des Stone Roses, l’autre contribution majeure du bassiste sera un run impeccable aux côtés du Primal Scream de Bobby Gillespie avec lequel il signe les meilleurs disques du groupe depuis Screamadelica. Dire qu’on entend que lui sur Kill All Hippies, ou Kowalski un peu avant est à peine exagéré. Le reste s’écoute mais ne se commente, de quelques apparitions one shot à droite à gauche à la curiosité Freebass, groupe fantasme et éphémère qu’il forma avec Hook et Rourke, triangle des bermudas de la basse mancunienne. Mani avait perdu sa femme il y a deux ans, presque jour pour jour avant sa propre disparition. Il avait depuis tout petit également un diplôme d’études supérieures en fléchettes, sport qu’il honorait plusieurs fois par semaine et pour lequel il était presque aussi doué que pour la basse.

Elephant Stone marque la 1ère réalisation studio avec les Roses. On peut appeler ça… un bon début…

Avant ça, il y a eu The Waterfront et cette petite merveille où Mani passait par là… mais n’était pas le bassiste attitré encore…

She Bangs The Drums, l’un des morceaux où on n’entend que la basse…

Çà le fait aussi sur I Am The Resurrection

Même si le son est dégueu, Mani suivait Brown de temps en temps après le split comme ici en 2008 et c’était assez fabuleux à entendre…

Mais son vrai deuxième boulot aura été chez Primal Scream

Primal Scream – Kill All Hippies

Freebass ou le fantasme du groupe de bassistes. L’album est sympa et sortira alors que le groupe n’existe plus.

C’était notre chanson préférée. Des trois bassistes, seul Hook est encore en vie. Le chant est assuré par Gary Briggs.

Sur le 2nd album des Roses, les meilleurs titres sont portés par la basse de Mani

On aimait bien Daybreak aussi.

Bonus : Mani avait produit le chef d’oeuvre de Puressence, Standing In Your Shadow

En majesté, les débuts chez Tony Wilson. Mani figurera au casting de 24 Hour party People pour une apparition (1989)

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