Roulette Memory #8 : Swell / … well?, un tsunami, une vague de fond, mon Gulf Stream

Swell - WellAvant de s’en remettre au hasard, se mettre à genou en position de prière devant les étagères à disques. On en est là en ce moment. A s’en remettre à quelques croyances. Alors forcément en procédant ainsi, ma main tombe sur …Well? de Swell (Psycho-Specific). Forcément parce que le disque est toujours sur le devant, à portée de main, visible par quiconque arrive chez moi comme un manifeste, depuis que je l’ai acheté. C’était à la FNAC des Halles. J’avais séché les cours avec un copain chevelu fan de hard-rock pour midinettes pour faire un aller-retour en RER depuis ma banlieue. Comme le fanzine Hyacinth avait mentionné le groupe et que le magazine Abus Dangereux avait mis Tell Me Why sur sa compilation CD, j’avais noté le nom du groupe.  J’étais curieux, mais je ne m’attendais pas à prendre une telle claque. Et ce jour devait même devenir l’un des plus marquants pour mon parcours musical, puisque j’avais vidé mon livret A pour acheter également Dans Les Faux Puits Rouge Et Gris de The Little Rabbits et Nevermind de Nirvana. Mais si j’ai beaucoup écouté ces disques-là, c’est sans commune mesure avec …Well?. L’introduction avec cette ligne de guitare acoustique tendue comme un fil barbelé, la batterie qui semble être installée dans une autre pièce, la voix blanche de David Freel jusqu’à cet énorme riff de guitare. Ça me hante encore. Il me suffit de fermer les yeux pour me remémorer l’album en intégralité, renouer avec les sentiments d’alors (sur le thème “je t’aime désespérément mais ce n’est pas possible” qui m’a marqué pendant des années). Combien de fois ai-je écouté Suicide Machine pur conjurer l’envie de me taper la tête contre le mur ? Combien de fois ai-je passé ma rage sur It’s Okay ? La musique et cette romance (tellement belle mais qui a mal fini, forcément) se mélangent étroitement. C’est la bande-son de mes 20 ans. C’est l’image que je me fais de San Francisco. C’est toujours pour moi un moyen de m’échapper dans le temps, d’aller ailleurs.

PS : la version que je réécoute aujourd’hui est une réédition parue sous licence Badman en 2003 comprenant une plage bonus avec Just Get Well.

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