Single du mois : Concordski prend l’intercité

ConcordskiOk, il faudra qu’on éclaircisse un jour les conditions d’attribution du qualificatif de « Single du mois » chez SBO. Il y en a eu au moins deux ce mois-ci et pas impossible qu’on en trouve encore un autre d’ici la fin de semaine. Mais l’idée est là et il nous était impossible de ne pas distinguer l’arrivée aux affaires du jeune groupe Concordski qui lance ces jours-ci en vinyle, K7 et numérique son premier EP sur Bandcamp.

Les amateurs de pop française (chantée en français donc) bien arrangée et dérangée y trouveront tout ce qu’il faut pour se réjouir. La synth pop du groupe bas-normand (?) ou parisien est très référencée, un peu 80s, menée comme il se doit aux synthés/clavier, mais bien montée en basses et surtout très joueuse. La chanteuse et architecte de ce groupe qui signifie a priori… Concorde en russe ou en polonais se nomme Eugénie Leber. Certains l’ont déjà croisée sous le nom de Eugénie Goloschapov en tant que bassiste virtuose chez Batist & The 73, Marc Desse ou encore A.V aka Viotgroupes qui ne sont pas totalement étrangers à l’univers dans lequel évolue la jeune femme désormais.

Le single Intercité emprunte à AV/Viot et à son Autostrada hypnotique le goût des voyages et des transports en communs pour une virée qui passe moins par Manchester que par le Londres tweepop des années 70-80. La virée est nocturne et mécanique, sensuelle et cadencée comme dans une version féminisée et sexy de Kraftwerk. Le chant fait penser à un mélange de Siouxsie et d’Elli Medeiros. La scansion est un peu raide mais l’émotion toute courbe, créant une tension naturelle entre l’intonation et le rythme. Le look global sent bon l’inspiration néo-soviétique entre coupe Rodchenko et les motifs géométriques d’un Lissitsky. Il y a chez Concordski une esthétique rétro-chic à l’œuvre qui côtoie avec bonheur un chant en français poétique et fuyant.

Sur le EP, on aura le souffle coupé avec le merveilleux et minimaliste Apollo et le mystique et fantasy Bayonnette, en même temps que la sensation immédiate de se retrouver face à un objet un peu nouveau, moderne parce qu’hors du temps et sans doute l’aboutissement d’un assez long cheminement individuel. On ne sait pas où Concordski ira s’écraser après ça mais le décollage est plutôt réussi. Par les temps qui courent, on s’en satisfait sans tirer de plans sur la comète.

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