Sophia révèle un nouveau morceau splendide : The Drifter

Robin Proper-Sheppard par Philip LethenDes années sans nouvelles et puis cette perspective d’un nouvel album qui nous tend les bras à quelques semaines d’ici et qui prend corps de jour en jour. Comme on l’a déjà dit, nous avons déjà eu la chance d’écouter As We Make Our Way (Unknown Harbours), le nouvel album de Sophia, depuis quelques temps et le moins que l’on puisse dire est qu’il continue, écoute après écoute, de nous impressionner au point qu’on lui consacrera très bientôt une longue critique titre à titre.

Ce matin, Robin Proper Sheppard (photo : Philip Lethen) a mis en ligne sur le Bandcamp du groupe, qui avait été plus ou moins le seul lien entre lui et nous ces dernières années, une nouvelle chanson extraite du nouvel album. Le morceau The Drifter s’impose d’emblée comme l’un des grands morceaux de cet album, par sa durée tout d’abord (5 minutes et 19 secondes) mais aussi parce qu’il figure, dans ce disque aéré et diversifié (on y reviendra), comme l’un des grands titres écrits dans la tradition de ce qu’on connaissait du groupe jusqu’ici. The Drifter est tout simplement une chanson magnifique dominée par quelques accords très simples joués à la guitare et souligné aussi (ce sera une caractéristique de l’ensemble) par un piano épicé. Ce qui attire évidemment l’attention ici, c’est la souveraineté du chant, l’intensité des paroles et aussi cette idée selon laquelle la peine (originelle, consubstantielle) du narrateur peut être dépassée, outrepassée par autre chose. On parlera plus tard de la lumière fantomatique qui inonde ces nouveaux morceaux, de leur lueur et de leur éclat.

S’il y a une chose que dit ce titre et qui servira pour la suite, c’est que Sophia est revenu de sa nuit noire et s’est peu à peu construit des échappatoires. Sur The Drifter, le narrateur demande à sa compagne (l’auditeur, l’amour, la vie elle-même, qui vous voulez) l’autorisation de partir/mourir/plier bagage. C’est cette permission d’y aller et ainsi de mettre fin à la souffrance d’être là, d’aimer, de ressentir et d’être enfermé qui autorise la poursuite de la vie selon d’autres finalités que la relation à l’autre. Partir, c’est ici retourner d’où l’on vient, à cet endroit où l’on n’est à la fois personne et quelqu’un. Le premier vers de The Drifter est, à ce titre, une petite merveille poétique à lui tout seul : « She asked where have you been all my life ? I said « where all the monsters hide... » ».  Le premier segment de cette seule phrase est à lui seul suffisant pour évaluer à quelle hauteur on se situe ici. On n’en dira pas plus pour le moment. Il faut se fier à son oreille et à elle seule.

Sophia a ajouté quelques villes à son carnet de route mais toujours rien en France. Il serait temps que les tourneurs s’excitent.

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