On a beau être allergique à l’idée que la fibre artistique se transmet de père/mère en fils/fille, nous aurions pu causer de Stella Rose un peu avant aujourd’hui. Mais l’occasion ne s’est pas présentée et on a découvert les premiers morceaux de la fille de Dave Gahan, chanteur stylé de Depeche Mode, il y a peu de temps. D’où le côté décalé de notre billet estival. Comme la jeune femme est venue en… juillet à Paris (c’était à Petit Bain) et qu’on y était pas, on ne peut même pas prendre l’excuse d’un concert prochain ou d’une révélation soudaine. Ce n’est évidemment pas une excuse pour s’abstenir tant ce M.S 45, l’un de ses titres récents, a de l’allure.
La demoiselle Gahan avait sorti en 2023 un premier album, Eyes of Glass, qui nous avait échappé et qui, à la réécoute, présentait quelques qualités. Son EP qui a suivi, sorti en décembre 2024, a encore haussé le niveau et installé cette artiste naissante dans un registre qui rappelle, par son intensité et ses sujets principalement intimes et sentimentaux, PJ Harvey. Le morceau dont on cause (MS 45) est en plein dans la cible puisqu’il emprunte son texte/son intrigue au film du même nom d’Abel Ferrara, connu chez nous sous le nom d’Ange de la Vengeance. Pour celles et ceux qui l’ont vu, une jeune femme muette y était victime de harcèlement par son patron avant de se faire violer doublement… puis de s’imposer (flingue en mains) comme un “ange noir” de la vengeance en mêlant séduction vénéneuse et dézingage de connards en série. Voilà un bon sujet et un univers qui colle à la personnalité punk et gothique d’une jeune femme dont le registre musical (des échos indus, synthétiques) n’est pas étranger à celui de son padre. D’aucuns retrouveront sur le joli Drugstore Romeo, quelques mouvements empruntés au paternel (cette façon de tourner autour de son axe et de faire planer sa tête….), qui ne sont pas désagréables mais ne suffisent pas à définir ce que met en oeuvre la jeune femme.
Le EP, HollyBaby, est toujours disponible. La suite des aventures musicales de Stella Rose Gahan n’est pas encore connue. On sait que la jeune femme a migré récemment de Los Angeles où elle s’était installée vers New York, ville natale de sa mère Jennifer Skilas-Gahan, où elle s’est vite fait une place dans la belle société branchée, entre musique, mannequinat et avant-garde.
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