Des filles pour l’été (6) : Annahstasia forever

Annahstasia - TetherPeut-être est-ce qu’on va un peu loin avec cette série. Peut-être est-ce qu’évoquer l’Américaine Annahstasia, jolie chanteuse vaguement indé de 30 ans, qui vient de signer avec Tether, son premier album, ne correspond pas tout à fait à l’orientation musicale de ce site. Mais sait-on jamais et puis la jeune femme à la voix de cendrier (hé hé) sera en France en novembre dans le cadre du branchouille Pitchfork Music Festival, et sera sans nul doute à ce moment là, parce qu’elle est waouh… et toujours bien habillée, l’une des révélations artistiques et esthétiques de l’automne. Alors pourquoi ne pas en faire l’une des égéries de notre été sexy ?

D’origine nigériane, Annahstasia Enuke (son nom complet) a grandi à Los Angeles où elle s’est fait remarquer assez jeune (15-16 ans) par un producteur qui l’a introduite dans le milieu de la musique. Elle fait ses gammes en écoutant Nina Simone et Janis Joplinœuvrant dans un style mi-folk, mi-soul assez indéfinissable mais qui met en avant ses immenses qualités vocales (elle peut crier et chanter très fort, ce qui impressionne toujours, en même temps que cela peut terrifier les amateurs de musiques plus feutrées).

Tether est présenté comme son premier album même si on peut trouver à droite à gauche d’autres enregistrements qui pourraient en tenir lieu. Les Français avaient notamment pu la découvrir en 2021 où elle faisait la première partie sexy et assez peu surprenante de l’amateur éternelle Lenny Kravitz, l’équivalent US d’un Benjamin Biolay qui ne prendrait même pas la peine d’écrire de la musique pour autrui. On en trouve la trace encore sur son bandcamp où l’on peut se procurer une version live toulousaine de son premier EP, Sacred Bull.

Sexy, soul, grande voix et queer autoproclamée (un must de nos jours), Annahstasia a tout pour être l’une des découvertes féminines de l’année. Et son album Tether est vraiment impeccable pour l’été. Loin de se la jouer sexy, la jeune femme y chante comme une vieille bonne femme qui porte des pulls en laine de mouton, et carbure à la guitare acoustique. Une sorte de Norah Jones, débarrassée de toute pulsion jazz, et qui aurait volé les cartouches de cigarettes de Marianne Faithfull à la naissance. Bizarre, vous avez dit bizarre. Le résultat est un peu beau et un peu chiant comme la mort. Believer est le titre le plus enlevé et le plus cool. Villain est presque aussi cool parce que c’est l’hiver et qu’on y soigne un cheval. C’est ça qui est bien. Annahstasia y entre en lice pour le Prix Nicoletta de la voix cassée. C’est beau comme du Garou au féminin. Sacré Lenny !

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