I Only Drink When I’m Drunk : la tautologie selon BC Camplight

BC Camplight - Shortly After TakeoffOn se souvient du très bon titre You Only Tell Me You Love Me When You ‘re Drunk des Pet Shop Boys sur l’album Night Life en 1999. Et évidemment des mille et une chansons à boire de l’histoire du rock. A défaut d’avoir sauvé des vies, l’alcool en aura inspirées et aspirées. L’alcool est un mal pour un bien ou un bien pour un mal, voire un mal pour un mal.

C’est ce à quoi s’intéresse le philosophe chanteur BC Camplight, alias Brian Christinzio, pour son single de rentrée et introduction à son prochain album Shortly After TakeOff (Bella Union). Le morceau s’appelle I Only Drink When I’m Drunk, jolie tautologie qui renvoie à la définition même du mot de proposition vraie quelle que soit la valeur de vérité de ses composants. L’alcool appelle l’alcool qui appelle l’alcool et les causes qui mènent à l’alcool. Comme l’explique lui-même le chanteur en appui de ce titre : « Les gens qui luttent contre la vie, à cause du stress, d’une perte, de maladie mentale, sont plus probables d’agir d’une manière auto-destructive. L’idée de boire seulement quand on est ivre est la notion que parfois on se fait de mal à soi-même parce qu’on souffre. Les couplets reflètent les sentiments que certains d’entre nous ressentons lorsqu’on erre à travers le quotidien. Le refrain reflètent les moments où ces ressentis prennent le dessus. » 

On était pas certains avant d’écouter BC Camplight de vouloir subir ce pensum mais la chanson tient la route et se situe dans la droite ligne des travaux du Mancunien d’adoption (le bonhomme est originaire du New Jersey). Après un début brillant sous l’étiquette One Little Indian, Christinzio s’est heurté à un insuccès commercial chronique et a sombré dans une série d’addictions (alcool, drogue) et de malaise (dépression, folie) qui en font l’un des grands rescapés du rock US des années 2000. Lui qui a fait l’appoint sur scène chez les mal nommés War On Drugs, est revenu depuis avec une œuvre sombre et marquée par un désespoir pathologique mais rarement plombant. Son nouveau titre est brillant : enlevé, ambitieux par ce qu’il comporte d’expérimentation sur la forme, et en même temps suffisamment séduisant pour tenir à distance son véritable sujet. Un peu folk, un peu pop, mais aussi taquinant l’électro, on s’attend avec cet album à une rentrée étonnante et qui permettrait à BC Camplight de trouver le bon dosage entre l’évocation de ses fantômes et la lumière qu’ils lui ont laissée.

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