The Catenary Wires : l’héritage twee pop se porte bien

The Catenary Wires - Til The MorningAvec le deuxième album de The Catenary Wires, ‘Til The Morning, c’est tout une époque de l’histoire de la pop anglaise qui ressurgit pour notre plus grand bonheur. Souvenez-vous : Sarah records, dont Matt Haynes, l’ancien patron, est le premier thuriféraire du groupe, Heavenly, Talulah Gosh ou encore Tender Trap ou Marine Research, autant de formations où on a pu croiser Amelia Fletcher et Rob Pursey, les deux animateurs en chef de ce duo établi dans le Kent depuis quatre ou cinq ans maintenant. Les quinquas peuvent se réjouir : il y a une vie après une jeunesse rock et rebelle. Elle passe ici en l’occurrence par l’amour, le départ de Londres et l’installation à la campagne, soit une prolongation des fins de leur jeunesse (l’enthousiasme, la légèreté, l’élégance) par d’autres moyens. On se croirait chez Clausewitz mais c’est de cela dont il s’agit toujours : continuer l’aventure, prolonger l’âge d’or et renouer avec cet état d’émerveillement qui vient avec le savoir-faire pop.

L’album sort le 14 juin chez les Allemands de Tapete Records et est composée de douze morceaux dont ce beau Dream Town à l’ouverture. Le groupe s’inspire évidemment de la musique des années 60 et du Swinging London. C’est délicat, arrangé avec soin et cela se déguste comme un petit vin blanc nostalgique et fruité. On pense à Nancy Sinatra, aux harmonies de Brian Wilson (en moins pompier), mais aussi à des choses plus contemporaines comme Stereolab, voire aux Cocteau Twins, à la pop Revola des sixties des Bardot, des Dana Gillespie et de quelques autres. Il y a toutefois chez The Catenary Wires un supplément d’âme et une recherche de modernité mélodique qui fait mouche et empêche que le plaisir ne s’exprime que sous forme d’une nostalgie reconstruite et faisandée.

En clair, cela reste frais, d’aujourd’hui et en un mot, délicieux. Le clip est signé par la graphiste et photographe Alison Wonderland qui propose un travail tout en simplicité et en rondeur et rend à cette musique son immédiateté et l’idée selon laquelle elle serait fabriquée par de vrais gens à l’aide d’émotions véritables pour un public de proximité. A l’heure où on ne parle ici que du Brexit et de l’agitation qui règne, il y a en Angleterre de petits îlots de résistance où la vie suit son cours. L’occasion est très belle pour qu’on ne profite pas de l’occasion pour glisser en contrebande notre morceau préféré (et le plus connu) d’Heavenly, C is The Heavenly Option, une petite merveille.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

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