Andy Anderson, le « batteur noir » de The Cure, tire sa révérence

Andy Anderson - The CureIl était connu dans la communauté des fans (qui parfois oubliaient son nom) comme le « batteur noir de The Cure« . Andy Anderson, qui avait annoncé il y a quelques semaines qu’il n’en avait plus pour longtemps sur son profil Facebook dans une belle et touchante déclaration, en a fini avec la vie. Il tire sa révérence « en paix et plein d’optimisme ».

Sa disparition succède aux hommages multiples, écrasants et sincères qui ont salué la mémoire de Mark Hollis de Talk Talk. Andy Anderson n’avait évidemment pas une telle dimension mais avait accompagné The Cure à un moment intéressant de sa carrière. Il était arrivé en 1983 pour permettre à Lol Tolhurst de glisser de manière permanente aux claviers et donc au son de The Cure de se développer dans une nouvelle direction. A la batterie, Andy Anderson avait brillé par sa régularité, sa puissance mais aussi sa souplesse, contribuant à « arrondir » le son des Cure, par opposition au jeu plus sec et probablement moins subtil (mais néanmoins décisif) de Tolhurst.

Il avait travaillé en studio sur The Top et sur le disque de single Japanese Whispers. Sa contribution est gravée pour l’éternité dans des titres aussi marquants que Dressing Up (le chef d’oeuvre de la période), The Caterpillar, Shake Dog Shake ou encore le tubesque Lovecats. C’est également lui qui était derrière les fûts sur le disque Concert Live, capté à l’époque à l’Hammersmith Odeon. Le groupe y sonne de manière impressionnante en véritable transition sonore entre son passé punk et ce qui suivra.

Smith et Anderson avaient commencé à travailler ensemble sur l’album de The Glove, avant que le chanteur ne demande à Anderson d’intégrer un Cure en pleine recomposition avec également l’arrivée de Phil Thornalley, à la basse,et le (premier) retour un peu plus tard de Porl Thompson (aujourd’hui Pearl) venu à l’origine jouer du saxo sur The Top. Le Cure de ces années là est un groupe en crise à l’image de son leader qui est au bord du burn-out et qui essaie de faire fonctionner sa collaboration avec Siouxsie, Cure et d’autres projets sans parvenir à se multiplier. Robert Smith va mal et s’embarque dans une tournée où il est victime de crises d’angoisse et d’un stress permanent qu’amplifie le comportement erratique d’un Andy Anderson insaisissable. Le batteur, dont le jeu n’est pas en cause, mais qui humainement se disperse, est finalement renvoyé pendant la tournée japonaise du groupe après avoir attaqué physiquement plusieurs membres du groupe. Son pétage de plombs lui vaut un licenciement immédiat et un rapatriement sanitaire…

Après son passage au sein de The Cure, qui reste ce pour quoi il est le plus connu, Anderson a eu une carrière bien remplie en jouant assez longtemps pour Iggy Pop, mais aussi avec Peter Gabriel, Isaac Hayes, Jimmy Sommerville ou encore Glen Matlock. Il a contribué à pas mal de disques en tant que musicien de studio ainsi qu’à des musiques de films ou à des pubs.

Andy Anderson disparaît à l’âge de 68 ans.

Crédit photo : capture d’écran live de 1984.

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