Les deux hommes naviguent à leur échelle dans la galaxie Rainbow. Conde, depuis qu’il a rejoint New-York, offre des shows sauvages et qui semblent l’enfermer quelque peu dans une communauté hip-hop trash et, disons le, “de niche”. Cela n’enlève rien à la force de ses lyrics et à l’intensité de ses livraisons mais est susceptible de le couper d’une base plus ouverte que lui avait gagné son premier album. Son nouveau morceau C.O.M.B le présente en majesté dans sa tenue de scène préférée en ce moment, c’est-à-dire à poil mais couvert d’un mince harnais en cuir.
Myles Bullen est à peu près tout le contraire. C’est le petit et charmant rappeur daisy age, un rappeur doux et au flow d’une élégance merveilleuse qui prend, lorsqu’il accélère, de faux airs (plutôt époustouflants) d’Eminem. L’album Mourning Travels s’écoute avec le même plaisir que si on lisait le Petit Prince avant de sortir en boîte de nuit.
En tournée, les deux hommes engagent un Rainbow Chasers Tour, coloré et qui sera sûrement inoubliable, à la fin du mois de mars. Ils seront à Amsterdam, en Autriche, en Allemagne, à Prague et surtout à Strasbourg le 26 mars, dans le cadre du festival Ind’Hip Hop. Pour 5 euros le ticket, c’est probablement la double bill du siècle avec l’assurance de passer une soirée exceptionnelle et de voir sur scène deux petits génies du hip-hop US alternatif.
Pour ceux qui n’y seront pas, on espère que le tourneur va proposer aux deux hommes de s’attarder un peu pour s’arrêter à la capitale avant de franchir la Manche. Avis aux amateurs : ces deux-là s’habillent d’un rien.
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