Tube du mois : Vagina Lips est toujours notre type

Vagina Lips - Outsider ForeverOn avait imaginé il y a peu que le nouvel album de Vagina Lips sorte dans les derniers jours de décembre et coiffe sur le fil toute la concurrence pour emporter le titre de meilleur album de l’année 2019. Il s’en sera fallu de peu : quelques semaines seulement, puisque Inner Ear Records, déjà en charge du précédent et magnifique Generation Y, a positionné le lancement d’Outsider Forever à mi-janvier.

Mais le plus important n’est pas là. Les neuf morceaux qui composent ce nouveau disque de Jimmy Polioudis, l’homme-orchestre derrière cette franchise vaginolippue de Thessalonique, sont impressionnantes de maîtrise. On ne mentira pas : on écoute le disque en boucle depuis… cet été au bas mot. Parmi elle, le premier extrait, Typical Standards, n’est pas la plus mauvaise. L’adolescent perdu de Boy June a grandi et est devenu un homme à la dérive, rebelle et frondeur, un loser magnifique que la société contemple avec toute sa morgue et son mépris macroniens. Outsider Forever (mais ne faisons pas la critique avant la critique) fait écho à Hand In Glove et à cette idée qu’une alliance amicale (ou amoureuse) est suffisamment puissante pour résister au monde entier ou du moins l’emmerder fortement. C’est cette tête haute que porte la chanson-titre autour d’un texte assez formidable par sa simplicité et son impact :

My friends keep saying/ I should grow up/ I dont know man/ I cant deal with that/ It’s never enough/ This feeling of bad luck/It’s never enough/ I’m happily sad/… Forever Mad/ Not a poet not a prophet not a god/ Not a man of your typical standards….

C’est Marlon Brando et James Dean en même temps. Une chanson parfaite démarrée comme un hit de The Cure ou de New Order et qui s’achève, après un détour quasi emprunté à l’Africa de Toto, dans la mélancolie crâneuse absolue. Vagina Lips est un faiseur de hits et la meilleure chose qui soit arrivée à la musique new wave depuis Talk Talk. Typical Standards est parfaite de bout en bout, rigoureuse et entraînante, comme la pop sait l’être à ce niveau d’artisanat. La mélodie n’a pas fini de nous trotter dans la tête et le clip joueur de nous faire marrer.

Pour ceux qui en douteraient, le groupe débarquera en France pour la première fois de son histoire à Paris, le 16 janvier, au Motel, et le 18 janvier à la Péniche Excelsior d’Allonnes/Le Mans.  Le premier concert est gratuit.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

Girls don’t cry : la vie se sépare aussi de Chet JR White

La plage 3 de leur album Father, Son, Holy Ghost s’appelait Die....
Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *