Forever : nouveau single (moche) du retour (prometteur) des Belges de Ghinzu

Ghinzu - ForeverLa reformation de Ghinzu est évidemment bien avancée. Le grand groupe de rock alternatif belge (disons l’équivalent d’un Noir Désir local) a été annoncé il y a quelques mois et s’engage dans une grande tournée qui va se prolonger sur toute l’année 2026 et passera à de multiples reprises par la France. La première étape est à Paris le 2 juin à l’Élysée Montmartre. On verra le groupe ensuite à Tilloloy dans le Nord, Clermont-Ferrand, à Landerneau (de juin à août), puis pour un nouveau passage dans l’Est et pour deux soirs à l’Olympia. L’occasion de venir communier avec ce groupe important pour nos voisins et qui signera prochainement son GRAND retour discographique après 17 ans de pause.

Le dernier disque date en effet de 2009. Mirror Mirror était plutôt pas mal, même s’il sentait aussi la fin d’aventure pour le groupe de John Stargasm, leader et principal compositeur du combo. Le nouveau disque s’appelle W.O.WA et sortira le 29 mai. On en connaît la tracklist (13 mai) et désormais, avec la mise en ligne de cet assez hideux Forever, trois titres.

La dernière sortie, Forever, est assez moche. Entre progression synthétique et voix malmenée (à la limite du supportable), ce morceau mid-tempo, pourtant plein d’émotion et qui s’appuie sur un intéressant crescendo, a un petit côté artificiel et racoleur que ne viennent pas sauver les astuces de production (ce clavier joueur qui apparaît sur la seconde partie) introduites sur le final. C’est bien dommage que cette troisième sortie vienne ternir un enthousiasme qui avait été évéillé par les excellents Snow White et Out of Control, révélés juste avant. Snow White concentre notamment tout ce qu’on peut attendre du groupe : un élan enthousiaste vers des rythmes basiques mais fringants, purement pop rock entre Strokes et Coldplay, entre Muse et Archive, c’est-à-dire un grand rock un peu mainstream, grandiloquent mais qui ne sombre qu’assez rarement dans la médiocrité et l’absence de surprise. Snow White a bien sûr tout pour agacer (ce chant, ces envolées surjouées) mais c’est aussi le genre de tubes qu’on aime croiser sur l’autoradio dans la voiture ou reprendre en choeur après deux ou trois écoutes pour chanter seul sous la douche ou dans sa salle à manger. Out of Control a la même efficacité. La rythmique à deux temps est très blues rock, la voix profonde et inspirée. On peut considérer qu’il n’y a pas grand chose qui se passe sur le morceau (sans avoir tort tout à fait) mais aussi considérer que la chanson fait le travail et nous offre un petit frisson bien comme il faut autour de cette thématique tarte à la crème et déjà rencontrée mille fois de la perte de contrôle.  Le chant sur le final est assez dégueulasse mais on ne peut pas rayer d’un trait de plume un ensemble qui reste bien conçu et assez riche pour ne pas écœurer.

Le retour de Ghinzu, peut-être l’un des (derniers) gros groupes d’Europe continentale à pouvoir évoluer à ce degré de popularité sur le continent, est en soi une bonne chose et qui témoigne que le rock à guitares (et à synthé) peut encore se produire sur les festivals d’été et dans des salles de bonne taille aux côtés des mastodontes rnb, rap et autres horreurs modernes. Rien que pour cette facture à l’ancienne, on écoutera le nouveau disque avec respect et bienveillance.

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