Stick : Entretien avec un rappeur (Partie 2)

Stick
On avait à peine remisé notre magnéto que Stick, qui venait de nous honorer d’une interview XXL autour de son nouveau disque cosigné avec Swed, Doom-Bap, nous faisait un single dans le dos en balançant avec son comparse de dAMEbLANCHE Goune, un nouveau morceau intitulé Frigo. Comme on est pas rat, on a placé le dit morceau (excellent au passage) au premier plan de notre Entretien partie 2, tout aussi passionnant que le premier, et qui permet au rappeur de revenir aux sources du Mal. DONNEZ LUI DES LIKES, des POUCES levés, du blé pour la soif. Allez voir ce soir le bazar en concert au Rex de Toulouse, achetez des CDs, des tee-shirts, des strings. Ca ne va peut-être pas durer… mais Stick a la boulimie du travail, de la punchline, du morceau qui tue. Chacune de ses créations est un délice pour les amateurs de poésie, de mots qui claquent et de rimes qui déraillent, de saloperies dignes de nos propres vies. Le gars est le symptôme, le médicament et la maladie en même temps. L’avenir n’est pas rose. La ville, si. Retour sur ses influences, hommage à Renaud, panégyrique étonnant du rap français (de qualité) et… confessions (pas si) intimes sur la micro-économie Crazy Mother Fuckers, le label toulousain, et un tas d’autres trucs : Stick répond sans faillir. Part 2.

On vous présente souvent comme un gars offensif mais il y a toujours sur vos disques un réel équilibre entre les thèmes, les approches, les styles. Plus ça vient, et plus on a l’impression que vous êtes capable d’écrire dans plein de style, en gardant une sacrée qualité d’écriture. Est-ce que vous sentez une progression dans ce que vous faites ? Est-ce que vous êtes meilleur aujourd’hui qu’hier ?

Personnellement je me trouve bien meilleur aujourd’hui, que ce soit dans l’écriture, le flow, les placements et même ma voix, que je trouvais vraiment nulle à chier pendant longtemps. Maintenant ça va un peu mieux. Mais il y a un moment où l’amélioration dans le rap devient un peu l’ennemi, quand tu cherches trop la rime parfaite, les beaux mots etc… ça perd un peu en spontanéité donc des fois je ne m’interdis pas une rime facile par ci par là.

Vous parlez pas mal de votre vie de rappeur. Qu’est-ce que ça dit en ce moment ? Je me souviens qu’au moment d’1 MC de plus ou après, vous aviez repris un boulot normal. Comment ça se passe aujourd’hui ? Vous arrivez à vivre du rap ? La prod, les concerts, etc.

Toujours le même rythme de vie pourri, j’enchaîne les tafs de merde et les périodes de chômage en gros… En ce moment j’suis au chômage, donc j’en profite pour faire du son en attendant le prochain taf pourri ! Vivre du rap ce serait magnifique, je parle beaucoup d’échecs dans ma musique parce qu’elle ne me fait pas vivre. J’ai jamais cru que j’arriverais à dégager des millions avec le rap que je fais, j’en suis bien conscient, et en vrai je jalouse pas du tout ces mecs qui pètent tout et qui disparaissent au bout de 3 mois, mais si j’arrivais à me faire juste l’équivalent d’un Smic avec le son je serais le plus heureux des hommes.

Sur le disque, on vous sent toujours revanchard et assez critique vis-à-vis de l’industrie. C’est un personnage ou vous pensez vraiment que les mecs qui enquillent les millions dans le rap business vous ont piqué une place ?

Non je pense qu’aujourd’hui il y a vraiment de la place pour tout le monde. Le problème vient plus des gens qui ne laissent pas leur chance aux sons qu’aux rappeurs qui percent. Aujourd’hui il y a un vrai public de mecs entre 25 et 50 ans qui seraient contents qu’il y ai du rap autre que la zumba qui passe à la radio… Quand t’écoute un peu les radios rap c’est fou, t’as 50 ans de hip-hop et ça diffuse que des trucs sortis les deux derniers mois… Alors que je sais pas moi des grosses radios généralistes  ils te jouent des morceaux pop de U2 ou des trucs de Céline Dion qui ont 30 ans ça choque personne. Non dans le rap, c’est la course à la nouveauté, ça matraque le même morceau trois fois par heure jusqu’à ce que tu l’aimes puis jusqu’à ce que tu le détestes et de temps en temps sur certaines radios on te met un petit classique mais pas trop hein!

Qu’est-ce qui fait à votre avis que les types qui vendent soient aujourd’hui soit des trucs qui font du rap genre RnB, soit des machins vaguement gangsta assez bas du front ? C’est lié au public qui n’est pas très évolué ?

Je suis pas totalement d’accord y’a quelques trucs cools aussi, tout n’est pas à jeter dans ce qui vend, encore moins maintenant. Tu prends les gros vendeurs cette année t’as du SCH, du DAMSO… C’est des mecs qui savent écrire et rapper, y’a pas à chier.  Non comme je te disais dans la question précédente, moi c’est l’incompréhension au niveau du manque d’audace de certaines radios et le fait que eux prennent les gens pour des cons. La plus grosse punchline de tous les temps c’est dans un sketch des inconnus : “Ne prenez pas les gens pour des cons mais n’oubliez pas qu’ils le sont!“. Les grosses radios appliquent vraiment ça. T’as des mecs qui pourraient largement être playlistés, qui font de la bonne musique et qui peuvent être écoutés par le plus grand nombre qui ne passent pas en radio, des fois juste parce qu’un programmateur se dit que “l’écriture est trop compliqué pour plaire” ou je sais pas quoi… Je pense à des mecs comme A2H, INFINIT’ ou ISHA par exemple, qui sont très connus dans le monde du rap mais qui ne passent pas sur Skyrock pour autant. Pourtant ils ont des vrais tubes calibrés pour les radios mais non, c’est un peu trop intelligent je crois donc on te met “Machin” qui sait pas faire une rime mais qui cite 3 marques de luxe dans la même phrase… Puis de temps en temps t’as des mecs qui s’imposent d’eux même, comme un Freeze Corléone par exemple, et ça c’est cool, quand  ils sont obligés de te jouer même s’ils ne t’aiment pas. Mais y’a pas que Skyrock hein, les grosses radios qui se la jouent défenseures de la chanson française mais qui excluent systématiquement le rap c’est les pires. Souvent ça ressemble fort à du racisme pur et dur en fait.

Critiquer l’autotune c’est plus facile que de savoir l’utiliser…

Est-ce qu’il y a une chance que ça se retourne d’une façon ou d’une autre ? C’était ça aussi dAMEbLANCHE? Sonner comme ce qui se fait ? Défier la concurrence avec ses propres moyens ? Y aller voir ?

C’est surtout le fait que comme je te disais il y a pleins de trucs mainstream qui sont vraiment bons aussi, que ce soit au niveau des prods , des toplines ou ce que tu veux, un bon morceau c’est un bon morceau, qu’il soit pop ou autre chose… Donc faire du son comme ça en soit c’était pas compliqué vu qu’on aime ça et qu’on en écoute beaucoup avec Goune ! Et pour le coup je parle aussi de sons qui peuvent être très mainstream aux States mais qui du coup sont plus underground en France. Par exemple on écoutait pas mal les Metro Boomin, Lil’ Peep ou autre Scxrlxrd qui sont des grosses stars aux US, mais qui sont connus en France que par les gens qui aiment la rap. Puis créer dAMEbLANCHE c’était aussi l’occasion de faire un truc qui colle à l’époque sans vouloir tomber dans le “jeunisme” pour ma part. En tant que Stick on sait que j’ai la trentaine, donc faire du rap d’ado pour les ados ça peut paraître chelou. dAMEbLANCHE c’est pas Stick et Goune, et ça c’était le plus dur à faire comprendre, mais par exemple en tant que Stick je pourrais clasher le mec qui est dans dAMEbLANCHE ! Après l’adolescence est une période qui m’a toujours inspiré et qui m’inspire encore. J’ai commencé le rap ado, et j’écoute toujours des trucs que j’écoutais ado. La plupart des gens font pareil mais ils rejettent en bloc ce qu’aiment les ados d’aujourd’hui… Je trouve ça aussi con que les darons qui nous disait “ça c’était de la musique” en retombant sur ce qu’ils écoutaient eux-mêmes plus jeunes pour critiquer ce qu’on écoutait nous. Pour moi c’est une période où la musique te touche comme jamais, elle te parle directement, te transporte.dAMEbLANCHE c’est ma carte de l’immortalité, j’ai pas d’identité ni d’âge dans ce groupe, j’suis un fantôme au bord de la route, je peux rapper comme si j’avais 17 ans éternellement, ce que je peux pas faire en étant Stick ! L’album VIRAGE c’est un des projets dont je suis le plus fier même si c’est pas celui que préfèrent les gens qui me suivent, mais je suis content d’avoir fait un truc qui ressemble à du mainstream, tout en conservant la qualité de l’écriture et qui a une vraie identité.

Après pour moi il y avait aussi une évolution naturelle en faisant dAMEbLANCHE. Quand je me met dans la peau du rappeur clasheur j’ai souvent chambré l’autotune etc… pourtant j’ai toujours chantonné sur mes projets, plus ou moins bien. Sur les refrains de Dégénéré(s), Le Saut de l’ange, Par derrière ou par devant ou Faut que j’arrête sur mon 1er album ça chantonnait déjà. Sur TricératoX 2 y’avait un son comme Danse Macabre où je poussais le truc encore plus loin, et personne m’a fait la remarque… Mais dès qu’on a calé un peu d’autotune sur dAMEbLANCHE c’était parti ! Pour ce projet on a vraiment voulu faire un truc propre et mainstream donc c’était hors de question qu’on chante faux dessus comme je peux le faire sur d’autres sons… et comme je chante faux… autotune à volonté !

Et puis oui, bien sûr y’a aussi ce petit côté connard en faisant des trucs comme ça. Si t’es chef dans un bistrot tu peux pas critiquer la cuisine gastronomique alors que tu sais pas en faire. Si t’es déjà étoilé et que tu veux revenir à une cuisine plus simple c’est tout à ton honneur, mais au moins tu sais le faire. Critiquer l’autotune c’est plus facile que de savoir l’utiliser…

J’ai toujours en tête une punchline de Fuzati qui disait « les gens sont de plus en plus cons, faut que j’écrive des trucs plus simples.» Ca vous parle ? Ce qui marche est assez peu subversif, très prévisible la plupart du temps ?

Le truc de de simplifier ses rimes ouais, après je sais pas si les gens sont de plus en plus cons ou s’il y a juste un plus grand nombre de cons… C’est surtout ce que tu veux en faire en fait. Si t’as envie de rester “élitiste” et te contenter d’un public de “bobo-intello-qui-n’aime-pas-le-rap-mais-toi-j’aime-bien” tu peux écrire des trucs “compliqués” toute ta vie c’est pas un souci. Si effectivement tu veux toucher un public large et les spectateurs de TF1 va pas falloir écrire des schémas de rimes trop complexes et faire des punchs trop audacieuses, c’est sûr. Moi j’aime bien quand les deux se mélangent, écrire des jolis trucs genre poète torturé c’est cool mais j’ai besoin de rajouter ce côté “cassos”, soit par la vulgarité, soit par des fausses fautes de français… J’essaye toujours de garder cette frontière entre populaire et élitisme dans mon écriture. J’ai envie qu’un petit arraché de 15 piges me comprenne et qu’un petit intello aussi, et parfois que l’un ou l’autre se sentent concernés ou offusqués selon le propos…

Mais même niveau “grand public” y’a des trucs subversifs qui marchent… Orelsan, Vald, Damso… Même Booba c’est rare qu’il caresse qui que ce soit dans le sens du poil et ça marche… SCH c’est pareil, il a pas les rimes et l’écriture la plus abordable du paysage rap français, autant il sait faire des hits autant l’écriture est souvent complexe, faut y revenir plusieurs fois pour bien apprécier et tout saisir… On en revient à ce que je te disais tout à l’heure, la plupart de ces mecs-là ce sont imposés d’eux-même, ils ont pas été “créés” par des majors ou des radios, c’est les radios qui ont dû les jouer pour se plier à la demande du public, et pas l’inverse.

Ca me donne l’occasion de parler d’Hexagone, votre morceau de l’an dernier qui était vraiment terrible. Vous pouvez me dire quelques mots sur ce titre ? D’où ça venait ? Il y a un côté engagement social dans ce que vous faites, un truc « lutte des classes ». Comment ça se passe près de chez vous ? La vie, le quartier, les gens qui vivent ?

En fait c’est parti d’une idée de bouquin. Je voulais faire un roman chorale qui s’appellerait #éxagone et suivre plusieurs personnages sur une année. Le livre aurait été découpé en 12 mois qui contenaient plusieurs chapitres chacun, un pour chaque perso, et à chaque mois j’aurais mis un extrait de la chanson de Renaud. Puis je me suis dit que j’aurais bien fait un morceau pour accompagner le livre. Au final j’ai laissé tomber le bouquin mais j’ai gardé l’idée du morceau et l’idée du “#” à la place du “H” d’ Héxagone pour évoquer les nouvelles technologies. J’avais commencé à penser à tout un EP concept dans le délire Black Mirror qui m’avait mis une grosse claque à l’époque et j’ai reçu cette prod de DJ Hésa. Je lui ai demandé de me faire une version de 15 minutes et j’ai enregistré la maquette. Je comptais encore améliorer le morceau parce que je voulais que ce soit l’outro du projet, la pièce maîtresse du truc. J’avais 2 ou 3 sons déjà prêts pour ce projet, dont une intro produite par Al’Tarba puis j’ai abandonné l’idée. En fait je me suis fait court-circuiter par un autre rappeur qui s’appelle ZIPPO et qui a sortit un album intitulé “ZIPPO CONTRE LES ROBOTS” à la période où j’enregistrais mon EP. C’était exactement le même délire, le même univers, il y a même un son qui s’appelle i-Monde sur son album et moi j’avais commencé un morceau qui s’appelait i-Doll pour le mien… J’ai vraiment beaucoup aimé son projet, c’est hyper bien écrit, les prods sont folles et Zippo et très très fort. Du coup je me suis dit que mon EP passerait pour une copie du sien si ça sortait après, donc j’ai annulé… Ce sont des choses qui arrivent, ça m’avait déjà fait le coup avec le 1er album d’Orelsan, il avait Jimmy Punchline moi j’avais écrit un son qui s’appelait Mr.Punchline, j’avais un rap un peu défaitiste comme lui… Du coup j’suis parti dans le gore et j’ai raté ma vie haha!

Qu’est-ce qui fait qu’en France quand on évoque la richesse ou la lutte des classes, les gens vous rient à la gueule ou vous prennent pour un communiste des années 50 ? 

Parce que “les gens” que tu évoques sont sûrement des petits bourges qui ne connaissent pas la peur de pas pouvoir payer son loyer, la honte de la CB qui ne passe pas à la caisse ou les tafs qui pètent le dos ?

Dans ce que vous faites il y a pas mal de colère aussi, une forme de rage contre des tas de gens, le pouvoir, etc. Est-ce que vous exprimez cela ailleurs que dans vos chansons ? Vous manifestez, vous suivez la politique ? Je ne sais pas : les Gilets Jaunes, des trucs d’extrême gauche,… Ou est-ce que vous pensez qu’il n’y a pas grand espoir que cela change par ce biais-là. Vous êtes à la fois très politique mais on sent aussi que vous avez dépassé cette croyance là ?

Absolument pas. Je ne m’exprime qu’à travers l’art justement. Je ne crois pas aux manifestations “autorisées”, et je ne crois pas en ce système ni en la République. Je trouve ça débile d’être dirigé par un seul type. Elire un Président c’est complètement con, je préfèrerais qu’il y ait une sorte de conseil ou quoi, avec une dizaine de personnes venus d’horizons différents. Un type qui en représente 60 Millions c’est voué à l’échec, au mieux du mieux tu satisfais la moitié d’un pays et t’as l’autre à dos, même si t’es le mec le plus juste et honnête du monde. Tout ça me dépasse, comme beaucoup de gens, et je m’intéresse absolument pas à la politique. Juste je la subis. A une époque j’étais totalement désinformé je savais même pas qui était 1er ministre et en vrai ça allait très bien hein, la Terre tourne sans eux.

On va remonter un peu l’histoire. A quel âge vous avez eu cette envie de faire du rap ? Et à quel moment vous avez trouvé votre ton ? A quel moment, vous trouvez votre voie/voix ? Ca arrive sur un morceau particulier ou c’est progressif ?

L’envie est arrivée quand j’ai commencé à recopier les textes des autres, à l’époque où c’était difficile de trouver les paroles des chansons. Donc je dirais en 1998, quand je retranscrivais les paroles des rappeurs sur mon petit cahier. Et puis deux ans plus tard je commence mes premiers textes personnels. Mon ton et ma voix c’est arrivé assez vite je crois, un des premiers trucs que j’ai écrit c’était : “J’entrave que dalle à c’que déballent les profs les proches que des reproches mais dans ma tête ça ricoche comme des balles“. Au final j’suis toujours dans la même thématique, hé hé !

J’étais très fan de Renaud…

Côté influences musicales, qu’est-ce qui vous marque le plus ? Vous êtes rock avant de devenir rap ou vous passez tout de suite de ce côté ? Souvent, en vieillissant, on se fait un peu de tout et pas mal d’instru, du classique, des trucs minimalistes. Est-ce que vos goûts ont beaucoup varié dans le temps ?

Non enfant j’écoutais beaucoup de trucs Rock et chansons française. J’étais très fan de Renaud, ça me parlait beaucoup alors que j’étais tout petit… En ré-écoutant récemment je me rends compte que c’est une des plus grosses influences de mes thématiques en fait. Son morceau Deuxième génération je l’avais oublié complètement alors que je pourrais le rapper dans un de mes albums ça dénoterait pas du reste… Mon ancien beau-père écoutait ça, HF Thiéfaine, Les Wampas, Trust, Téléphone aussi, Bob Marley, Madness… ma mère c’était beaucoup de trucs de merde par contre : Bruel, Serge Lama… Ce genre là. Donc plutôt rock à la base, et même à la radio  à cette époque il y avait du rock comme Nirvana qui tournait pas mal, R.E.M ou les trucs comme ça. Puis y’ a eu le 1er morceau de rap qui m’a mis une claque c’était Une femme seule de IAM. J’avais fait le lien avec ma mère directement, c’était quasi la même histoire. Vers la même période l’ancien beau-père en question m’avait demandé de choisir un album en cassette et j’avais demandé le 1er MC Solaar. Il l’a pas trouvé donc il m’a ramené Dance Machine 5. Du coup j’ai pas plongé dans le rap directement et je me suis perdu jusqu’à Robert Miles et les Spice Girls à cause de cette foutue cassette  ! Je crois qu’il l’avait volée parce qu’on avait pas un rond à cette époque et que c’était bien son genre… Bref voilà quelques années plus tard le 1er CD que je m’achète c’est Où je vis de Shurik’N et là c’est parti…

Pour mes goûts j’aimerais te dire que ça a beaucoup varié mais en vrai j’écoute quasiment que du rap ! Entre les nouveautés que j’ai envie d’entendre, les trucs à l’ancienne que j’ai jamais écoutés et les trucs que je ré-écoute j’ai plus le temps d’écouter autre chose ! Mais bientôt je vais faire une pause je crois… je marche aussi par période, après Glossolalie j’ai ré-écouté pas mal de trucs des années 80’s que je connaissais peu ou pas…

J’ai un peu de mal à imaginer votre vie. Vous vivez dans une caverne gothique ou alors vous avez un appartement bien cool au soleil de Toulouse avec une nana et un petit gamin qui vous court dans les pattes quand vous écrivez des horreurs ?

Actuellement je retape un immense vaisseau spatial que j’ai trouvé en faisant de la spéléo à Bugarach. Et du coup j’ai emménagé dedans. C’est un peu galère mais ça vaut le coup, et dès que j’aurais réussi à fabriquer du Zlyppon -l’équivalent du pétrole sur KaaBalgr’H- je me tire de ce monde de merde !

Sérieusement, ça ressemble à quoi votre quotidien de rappeur «adulte». Est-ce que c’est un moyen de prolonger une sorte d’adolescence avec les copains, les joints, etc… ou est-ce que vous avez avec le temps bâti une vie plus conventionnelle ou proche de ce que vivent les gens qui vont bosser tous les matins ?

C’est un mélange de tout ça en fait… Ma vie c’est des montagnes russes, y’a quelques années j’ai eu la chance de jouer avec les Droogz en 1ère partie de Jedi Mind Tricks, un de mes groupes préférés, au Trabendo à Paris devant une salle remplie et le lendemain soir j’étais en train de faire la plonge dans le resto où je bossais… Voilà le quotidien c’est un peu ça, un ascenseur émotionnel perpétuel, beaucoup de déceptions mêlées à des moments de joies intenses… Après ouais ça prolonge un peu l’adolescence mais bon, je crois qu’aujourd’hui l’adolescence comme on l’entendait il y à quelques années n’existe plus… T’as des darons sapés comme des ados, qui jouent aux jeux vidéos ou qui font du skate et c’est normal en fait. Nous on rappe comme des teenagers, on est habillés comme de jeunes golmons et des fois les petits doivent se dire “c’est qui ces vieux  gars?”; C’est le XXième siècle bordel de merde!

Qu’est-ce qui est le plus satisfaisant de votre point de vue, là où vous en êtes ? Le studio, faire une track solide, écrire en solo, les concerts ?

Mmm, question difficile… les concerts c’est ouf au niveau ressenti… L’adrénaline, le stress, le kiff quand les gens sont chauds… Pour moi qui n’imaginais jamais sortir mon rap de ma chambre c’est un truc de fou ! Mais après niveau satisfaction je sais pas… Tu vois avec dAMEbLANCHE on a fait un son qui s’appelle Différent (comme tout le monde) et en faisant ce morceau je me suis dit qu’on avait réussi un truc qu’on avait jamais fait auparavant, un truc plein d’émotion et vraiment universel et pourtant c’est un morceau qui a 300 vues sur Youtube… Donc le ratio track solide / satisfaction c’est compliqué à évaluer… En vrai ce qui me satisferait le plus actuellement c’est de vraiment être 100% autonome : m’enregistrer seul, me mixer et masteriser mes tracks moi-même et les sortir… Mais j’y pipe rien en mix ça me paraît hyper compliqué et j’ai pas encore le matos adéquat pour m’y coller… par contre tu vois j’ai enregistré la majeure partie de Boulevard des allongés  tout seul à la maison et ça c’est un truc que j’ai kiffé… Après 20 ans de rap j’ai enfin mon 1er petit home studio… Mais bon c’est un truc que j’aimerais améliorer j’ai pas encore la cabine qui va bien etc…

Est-ce que continuer à chanter, même si le succès est mesuré, ça veut dire aussi ne pas rentrer dans une existence trop plan-plan ? Ne pas se sentir prisonnier ?

Un peu mais c’est surtout une maladie comme je te disais plus haut… J’arrive pas à m’en empêcher de faire de la musique… Ces dernières années j’ai vraiment beaucoup charbonné, j’ai du écrire pas loin de 200 morceaux en 2-3 ans… En rajoutant tout ce qu’il y a à côté, les clips, les enregistrements, le travail sur les différentes pochettes, la distribution des morceaux sur les plateformes et le côté papelard sur lequel je commence à me pencher ça fait vraiment beaucoup de boulot, et là encore je te parle que de moi mais je m’occupe aussi de ça pour les artistes du label ! Les 35h semaine je les éclate largement pourtant ça me rapporte rien. Comme je te disais tout à l’heure c’est le Pôle Emploi qui me fait vivre actuellement, du coup si je devais me sentir prisonnier ce serait plus de la musique que d’une existence plan-plan. Moi j’aime bien le plan-plan !

Les 35h semaine je les éclate largement pourtant ça me rapporte rien.

J’ai l’impression que sur CMF vous êtes un peu à part, comme si, malgré CMF, le crew, vous étiez plus solitaire que d’autres. Je me trompe ? C’est souvent dans ce genre de solitude, que se construisent des écritures fortes, des voix vraiment incisives.

A part je pense pas, c’est surtout que je sors plus de projets que les autres membres du crew je crois… C’est ce côté plus productif qui doit donner cette impression… On est quand même une team de bras cassés, faut pas l’oublier, et moi avec le temps et les tafs difficiles j’ai acquis une certaine rigueur, une certaine discipline que j’avais pas avant donc je me bouge le cul deux fois plus que les autres parce que je sais que rien ne se fera tout seul. Après c’est une discipline de dissipé hein, j’suis loin d’être exemplaire en matière de professionnalisme dans la musique : j’ai une idée pour un projet ou un son, le lendemain je change d’avis, je prévois un clip puis je l’annule… Je peux être dur à suivre dans mes délires aussi. Après j’ai ce côté où je jette pas grand chose, je sors quasiment tout ce que je fais. Pour certains du crew c’est pas pareil. Il y a des tonnes de morceaux CMF qui ne sortiront sûrement jamais parce que les gars ne les aiment plus, parce que ça sonne moins bien, parce que machin veut refaire son couplet mais qu’il y arrive pas… Un projet comme Terreur de jeunesse des Droogz par exemple ça te montre bien tout le taf qu’il y a en off de ce qui sort…

Je n’ai pas parlé d’Infinitif non plus. C’est un beau morceau. Vous aimez vivre à Toulouse ? Vous pourriez monter à Paris comme a pu le faire Al’Tarba ?

Merci beaucoup, je kiffe ce morceau et j’suis grave content que Melan ait répondu présent à l’invitation. En plus j’ai réalisé et monté le clip moi-même et ça c’est une première! D’habitude je co-réalise, je suis rarement derrière la caméra mais j’écris le script, je fais le story-board, j’ai des idées de plans… Là on a été pris par le temps et la distance (Melan vit à Paris actuellement) du coup j’ai tout fait tout seul avec un caméscope que Meda m’a prêté et ça à donné ce clip. Ça fait grave amateur mais c’est vraiment ce côté-là que je voulais donc j’suis content. Pour le coup c’est vraiment une balade dans Toulouse qui peut rappeler les soirées qu’on a passées avec Melan il y a quelques années. Comme je te disais en début d’interview l’instru de ce morceau à été créé il y à longtemps, à l’époque où l’on jouait très souvent dans une salle toulousaine qui s’appelle La Dynamo, et ce clip rend un peu hommage à ces années-là…

Pour ce qui est de si j’aime vivre à Toulouse en vrai… Non ! Je me sens prisonnier de cette ville mais j’arrive pas à en partir, pour des tas de raisons… Mais c’est mon but! Dès que j’aurais réparé ce foutu vaisseau ! Quant à Paris, oulala !, encore moins, la vie Parisienne très peu pour moi ! A la limite j’aurais pu faire comme Al’Tarba si j’étais parti au même âge que lui mais maintenant c’est mort…

C’est important pour vous d’amener de jeunes rappeurs au premier plan ? Vous donnez le sentiment que vous êtes prêts à faire la place à d’autres aussi. C’est important que CMF ait sa place dans le rap toulousain et continue d’accueillir des gens ?

J’aimerais pouvoir amener de jeunes rappeurs au premier plan ! Toulouse regorge de MCs talentueux que personne ne connaît. Malheureusement je ne suis moi-même pas assez exposé dans le paysage rap pour prétendre mettre quelqu’un en avant simplement en l’invitant ou en posant avec… J’ai quelques personnes qui suivent de près ce que je fais et ça fait plaisir mais c’est pas suffisant pour offrir une visibilité digne de ce nom à quelqu’un…

Malgré tout, c’est ce qu’on essaye de faire avec le label, récemment il y a le groupe Les Autres qui nous ont rejoints. Ils sont hyper-forts, pour moi c’est les Droogz nouvelle génération et ils mériteraient d’être plus exposés mais c’est compliqué… Déjà on est une toute petite structure associative, pour te dire on a même pas de local et encore moins de studio… On essaye de donner un coup de main à notre échelle mais on peut pas faire grand chose. Nous ne somme pas subventionnés, le peu d’argent qu’on récolte par les concerts ou les stream est directement ré-injecté dans la musique, pour payer les clips, le pressage des disques etc… Du coup voilà on essaye de relayer leurs sons au maximum et de faire en sorte que leur musique soit bien distribuée sur les plateformes mais on peut pas mettre l’argent nécessaire sur la table pour vraiment développer des artistes comme on l’entend en maison de disque. Donc pour répondre à la fin de ta question, accueillir des gens en plus dans le label c’est compliqué, tout simplement parce qu’on a pas les épaules pour. Si je pouvais je signerais des artistes à tour de bras, on aurait le catalogue le plus impressionnant du rap français, mais ce serait pas forcément leur rendre service d’être étiquetés CrazyMotherFuckers. Rien que Goune par exemple ça l’a desservi je pense, CMF est très connoté “punks-à-chiens” dans la région, alors que pour moi c’est lui qui avait le plus gros potentiel “commercial” du label.

A titre personnel, quels sont les prochains mouvements ? Dame Blanche, autre chose, solo, en bande ? Je crois que vous allez annoncer bientôt des dates sur scène…

On a quelques dates prévues avec Swed effectivement ! C’est cool ça faisait longtemps qu’on avait pas joué… Pour le reste ouais y’a pleins de trucs prévus, je suis toujours sur 50 projets à la fois… Là j’essaye de mettre un point final à mon 3ème album solo qui suit Glossolalie. Je l’ai annoncé y’a un petit moment, ça s’appellera la Mort me va si bien. Je mets toujours beaucoup de temps à finir mes albums parce que j’essaye de faire en sorte qu’ils vieillissent bien dans le temps… Autant sur les mixtapes je m’en cogne je balance tout et n’importe quoi niveau instru tant que je kiffe, mais sur les albums je cherche vraiment un fil rouge, une cohérence et un truc un peu intemporel… Du coup c’est plus long! J’ai enregistré une première version il y a quelques mois mais je suis pas entièrement satisfait, donc là je recommence, je cherche d’autres trucs…

Pour ce qui est de dAMEbLANCHE il y aura d’autres sons à venir, dont un qu’on aime beaucoup qui sort avant la fin de l’année. On a pas tout dévoilé avec VIRAGE et on a gardé des grosses cartouches de côté, donc on va faire en sorte de sortir ça bien.

Et il ya d’autres projets aussi dont je vais pas encore parler pour pas trop m’avancer… S’il le faut ça sortira même avant la Mort me va si bien mais en gros, restez connecté je vais vous envoyer du son à tire-larigot !

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Est-ce que le confinement, la crise, a été l’occasion ou pas de changer de stratégie ou vous a donné des idées de choses à faire ? Dont vous auriez envie ?

Le confinement ou la crise non… Déjà la crise il y a que les bourges qui la ressentent, quand t’es pauvre bon ben t’es encore pauvre ça change rien… Tous les 10 ans on nous invente une nouvelle “crise” mais c’est juste la merde depuis longtemps, une crise en remplace une autre et on l’appelle la crise… “la crise du disque”, “la crise de l’immobilier”, “la crise de 2008”, “la crise sanitaire”… Bon c’est juste la merde quoi !

Les stratégies par contre c’est plus l’évolution de la musique et comment les gens la consomment qui font réfléchir… Des fois toute l’énergie et le budget qu’on met dans un album de 13 titres peut s’avérer moins rentable que la même chose appliquée sur un titre unique. Tu le vois avec un Booba qui depuis qu’il a lâché son dernier album n’arrête pas de sortir des singles. En vérité tout ce qu’il a sorti depuis Ultra a dû lui rapporter plus que l’album en question. A mon échelle je constate quand je sors un projet que les gens streament beaucoup plus les premiers morceaux de l’album que la fin du disque (sauf les outros parce qu’ils savent que c’est mes masterpiece haha). Perso je vais continuer à faire des albums parce que j’aime ce format et que j’ai un petit public qui aime ça aussi, mais pour dAMEbLANCHE par exemple qui ne s’adresse pas forcément à ce public là c’est pas sûr qu’on refasse un long format, on va plus se focus sur des trucs plus courts ou des singles.

Après les “stratégies” j’aime bien en faire pour les artistes de CMF, brainstormer avec eux sur des concepts et à quel moment sortir les sons etc mais à titre personnel c’est un truc qui me fait profondément chier. Faire des stratégies sur mes propres  sons c’est plus difficile, c’est moins objectif. C’est à ce niveau là que j’envie le “confort” des mecs de l’industrie dont tu me parlais tout à l’heure. Ils ont des équipes qui réfléchissent avec eux, et qui trouve des solutions à certains problèmes. Quand tu as juste à te focus sur le côté artistique c’est une vraie chance, moi y’a la réalité économique et budgétaire qui vient souvent me parasiter et qui peuvent être un frein à la créativité. On doit souvent se limiter, pour les clips par exemple. Si on avait les moyens de certains on t’aurait fait des trucs de fou furieux. Mais dans un autre sens ça pousse aussi à se creuser la tête et à se débrouiller comme on peut. Un mal pour un bien c’est comme ça qu’on dit ?

Je reviens au business. On a l’impression que ce qui marche doit s’appuyer aussi aujourd’hui sur l’image beaucoup. Les clips, des trucs un peu travaillés comme… dans les années 80. Est-ce qu’il y a des développements dans ce genre là sur CMF ?

L’image c’est presque le plus important ouais, et paradoxalement c’est aussi ce qui te plombe le plus ! Je parle niveau financier…. ça rejoint un peu la question précédente en fait. Quand tu arrives à développer une bonne économie avec ta musique, que tu sois signé ou indépendant, tu peux te permettre plus de choses au niveau de l’image. Et c’est mortel parce que si t’as pas d’image t’as très peu de chance d’être exposé et donc de toucher un large public. Mais c’est un peu le serpent qui se mord la queue à notre échelle : on doit dépenser de l’argent pour faire de l’image (car ça coûte cher) en espérant que ça permette de faire vendre des CDs ou faire du stream. Mais en vérité c’est déjà galère de rembourser ce qu’on a dépensé pour faire un clip… Du coup tu fais un autre clip en espérant qu’il attire du monde et te fasse vendre des CDs pour rembourser le clip précédent et ça n’en finit jamais ! Et pareil des fois c’est super démotivant… tu te casses la tête sur un clip pendant des jours voire des semaines, tu dépenses de l’oseille que t’as pas et au final tu fais plus de vues avec un freestyle filmé en plan fixe dans ton appart… C’est aussi pour ça qu’on se retrouve avec un milliard de clips avec des mecs qui rappent face caméra en bas de leur block je pense, beaucoup de gens s’en battent les couilles maintenant. Je suis sûr que si tu prends deux clips de drill sortis cette année et que tu intervertis les sons personne fait la différence !

Chez CMF c’est un truc qu’on essaye de soigner, et même sans budget c’est rare qu’on fasse un clip simple sans concept où décor particulier; après c’est clairement pas un truc qu’on peut développer actuellement en tant qu’activité réelle. C’est Meda et PX qui sont souvent les “préposés à l’image” chez nous ! Ils ont réalisé ensemble les clips de The Sadist ou de Fosse Commune pour Droogz Brigade et Meda à réalisé de nombreux clips pour moi ainsi que pas mal de covers, dont celle de Doom-Bap. Mais comme pour le reste de l’équipe, ce n’est pas leur profession, c’est des trucs qu’ils font par passion quand ils le peuvent. On jongle tous entre le taf, la famille  etc… sauf que la musique c’est déjà un vrai taf en soi ! Donc tu rajoutes à ça un 35h ça devient vite compliqué, puis au bout d’un moment t’as pas trop le choix : porter des palettes ça paye un loyer, écrire un couplet ou faire un jolie photo pas forcément… Et encore une fois il y a le budget. Si t’as pas le matos qui va bien c’est compliqué. Pour le clip de Fosse Commune par exemple ils ont dû faire le montage du clip sur un vieil ordi qui moulinait une heure pour charger une séquence de quelques secondes. C’est le genre de truc qui rend fou!

J’ai aussi beaucoup travaillé avec Guillaume Laval qui est un réalisateur avec qui je partage pas mal de références cinématographique, mais il est beaucoup beaucoup plus calé que moi. Et plus exigeant aussi ! J’ai eu énormément de chance de le rencontrer car il m’a contacté spontanément pour me réaliser des clips et on s’est bien entendus. Mais c’est comme ce que je te disais tout à l’heure quand tu me parlais de mettre des artistes en avant, j’aurais vraiment aimé avoir assez d’exposition pour lui apporter de la notoriété et lui permettre de réaliser des clips pour pleins de gens… Pareil pour Enzo Tinsamui avec qui je bosse beaucoup depuis dAMEbLANCHE, c’est des gens qui ont un talent de fou et j’aimerais les voir vivre de leur art, au même titre que mes potes rappeurs ou certains beatmakers…

Tous ces connards d’artistes millionnaires qui te disent de ne jamais lâcher ne sont pas restés aussi longtemps que nous dans l’underground, et je suis pas sûr qu’ils auraient tenu le coup…

 Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter d’ici la fin de l’année ?

Mmm… je sais pas, plein de trucs ! Qu’on me propose pleins de dates de concerts, que Doom-Bap fasse un joli bout de chemin et touche un public plus large que le mien… Que je retrouve un taf pas trop chiant aussi ! Ou que je ne retourne jamais bosser sinon! Ouais c’est mieux ça ! Si un patron de label lit ça je propose des super tarifs en tant que ghostwriter pour vos rappeurs qui savent pas écrire aussi, contactez moi les mecs! Ah et si tu cherches à embaucher quelqu’un chez Sun Burns Out ça me chauffe bien aussi, je peux te faire de super chroniques!

Je prends note si vous avez quelques conseils musique, livres, ciné. Il y a des trucs récents qui vous ont impressionné ?

Je suis très fanboy pour tout ce qui est cinéma, livres, musique… Pour les livres quand je découvre un auteur en général j’essaye de lire tout ce qu’il a écrit… Et j’ai fait l’erreur de me lancer dans Stephen King il y a deux-trois ans! Du coup j’arrive pas à m’en sortir il a écrit trop de trucs l’enculé et il en sort tout le temps ça s’arrête jamais! Récemment j’ai lu La Part des ténèbres qui m’a beaucoup parlé et Sleeping Beauties qu’il a co-écrit avec un de ses fils et qui est vraiment cool. Sinon une des grosses claque de ces dernières années qui m’a beaucoup inspiré le concept du bouquin avorté d’ #éxagone dont je te parlais plus tôt c’est Dead Stars de Bruce Wagner. Ca pour le coup c’est un des trucs qui résume le mieux le début des années 2010 je trouve, c’est pas facile à lire au niveau format mais c’est fou. Et un livre que je surkiffe c’est Peste de Chuck Palahniuk qui est un de mes auteurs préférés. En comics je suis un énorme fan de Garth Ennis, mais c’est un peu comme Stephen King y’en a trop donc je conseillerais les classiques : Preacher, The Boys, ses runs sur Punisher. .. Il fait beaucoup de récits de guerre aussi, je suis moins fan du genre mais voilà comme je suis un fanboy je me les coltine aussi et dans le lot y’a des trucs cool comme Sara que j’ai lu récemment! Ils ont ré-édité Promethéa d’Alan Moore aussi et c’est vraiment stylé.

En film y’a rien qui ma  secoué plus que ça ces derniers temps, à part des trucs qui remontent un peu genre Mother, Parasite ou Le dernier train pour Busan… D’ailleurs ce dernier je l’ai déclassé depuis que j’ai vu la suite : Peninsula que je déconseille fortement à ceux qui ont aimé Busan ! Ne matez pas cette merde ça va vous gâcher le premier ! Je regarde beaucoup de  séries en revanche et dans l’année y’a quelques trucs que j’ai kiffé : I May Destroy You, Succession (que j’avais pas encore vue),  ou Euphoria  en mode teenager. Je me suis refait des séries comiques qu’on oublie trop souvent de citer quand on parle de bonnes séries mais qui font partie de mes séries préférés : Malcolm en tête, Community, Rick & Morty…  Bon et j’en oublie des tonnes !

Et en ce qui concerne la musique… Eh t’sais quoi, le mieux c’est que je te fasse une petite playlist pour en parler non ?

A suivre sous peu, la playlist…. D’ici là, Madame Ganusch vous salue.

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