A Soul for sale : Morrissey met en vente sa part de The Smiths…

Morrissey - MaladjustedCela aurait sans pu être le titre d’un troisième album inédit, enregistré et jamais sorti mais A Soul For Sale est de bien plus mauvaise augure puisqu’il s’agit d’un message sibyllin et presque inquiétant par le ton qu’il adopte (signe d’une certaine détresse et d’une grande lassitude), à travers lequel le chanteur Morrissey a hier soir mis en vente ses parts de tout ce qui a trait à son groupe légendaire, les Smiths.

Le message, apparemment très très sérieux, a été diffusé sur le site officiel du chanteur, son principal moyen d’expression depuis quelques années, mais dont les informations sont parfois soumises à caution ou à critique. Le message in extenso est le suivant :

Morrissey has no choice but to offer for sale all of his business interests in “The Smiths” to any interested party / investor. This would include Morrissey’s full and exclusive rights to :

1. The name ‘The Smiths’, as created by Morrissey.
2. All Smiths artwork, as created by Morrissey.
3. All Smiths merchandising rights.
4. All Smiths songs lyrically / musically.
5. All synchronisation rights.
6. All Smiths recordings.
7. All contractual rights for Smiths publishing.

Morrissey: “I am burnt out by any and all connections to Marr, Rourke, Joyce. I have had enough of malicious associations. With my entire life I have paid my rightful dues to these songs and these images. I would now like to live disassociated from those who wish me nothing but ill-will and destruction, and this is the only resolution. The songs are me – they are no one else – but they bring with them business communications that go to excessive lengths to create as much dread and spite year after year. I must now protect myself, especially my health.”

Any serious investors should make contact: eaves7760@gmail.com

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On laisse l’email de contact où quelques uns de nos lecteurs rêveraient de se porter acquéreurs de 50% d’How Soon Is Now ou de Cemetry Gates (une perspective hallucinante en soi). Pour les non parfaitement anglophones, Morrissey explique qu’il n’a d’autre choix pour échapper à la souffrance morale et le tourment infini que lui a procurés et lui procure la gestion de ces oeuvres et surtout les manoeuvres pleines de vilénie de ses trois anciens compagnons (cités nommément y compris feu Andy Rourke) que de se débarrasser de ces chansons et de cet héritage. La formulation est empreinte de beaucoup d’émotion, ne rappelle pas que ces droits ne sont pas tout à fait exclusifs (Marr en détient la moitié bien entendu) et ne s’énonce pas avec une clarté juridique suffisante pour qu’on comprenne que le chanteur veut (on le suppose) simplement vendre ses droits sur le catalogue du groupe, opération généralement lucrative et qui ne serait dans ce cas pas unique en son genre.

Les sites de fan et notamment morrissey solo ont réagi massivement à cette nouvelle y lisant la détresse (non pécunière mais sans doute affective et mentale) et le grand isolement dans lesquel se trouverait le chanteur dans la conduite de ses affaires. D’aucuns pensent que la sortie imminente maintenant de The Drums, les mémoires du batteur du groupe Mike Joyce, dont il est possible que Morrissey ait eu à lire les épreuves, aient pu précipiter cet effondrement. Est-ce que Joyce raconte des choses qui n’ont pas plus à Morrissey ? Est-ce que ces choses lui ont fait de la peine ? On sait que Joyce a intenté un procès à Morrissey et Marr autour de la gestion des droits des Smiths dont lui et Rourke étaient privés. Le procès avait valu au batteur une chanson acide de Morrissey qui figurait sur son album Maladjusted. Réponse le 6 novembre dans les librairies.

Est-ce que le contexte général affecte Morrissey ? Les deux disques qu’il a sur l’étagère et dont, semble-t-il, aucune maison de disque ne veut ? La santé qui le fait vaciller et l’amène à multiplier les annulations alors que s’annoncent à compter d’octobre un nouveau tour des Etats-Unis puis quelques dates sud-américaines. En Angleterre, l’annonce de cette vente et de cet abandon du canon d’un groupe devenu l’une des 2 ou 3 références majeures de la pop de ce demi-siècle a fait également réagir la presse grand public, étonnée par le fond et surtout la forme de l’annonce. C’est un peu la consternation dans les rangs de ceux qui étaient restés saisis par le ravissement de sa tournée italienne.

PS : la seule bonne chose dans tout ça est l’utilisation pour illustrer le message d’une jolie création (ce n’est pas si fréquent) du neveu de Morrissey Sam Esty Rayner, à partir d’une image du film The Last Picture Show, film de Peter Bogdanovitch avec Sybille Shepherd et Jeff Bridges. L’image est celle qui illustre le post sur les réseaux sociaux (voir ci-dessus).

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