On a beau être des fidèles historiques de The Antlers, le premier extrait de leur nouvel album Blight, ne nous a pas emballés plus que ça sur les premières écoutes. Accompagnée d’une “vidéo avec les paroles” (un truc devenu un mode de diffusion dominant dans le champ indé depuis 6 mois – esthétique et pas cher), la nouvelle chanson Carnage s’étire sur quatre minutes et quarante secondes qui nous ont d’abord paru une éternité (répétitive) tandis que l’ami Silberman égrène un par un les animaux qui se pressent sous/sur son véhicule de douleur. Le serpent, le faon, etc. La seconde partie du morceau qui se veut un crescendo musical, succédant dans le plus pur style The Antlers, à une première séquence minimaliste, ne monte pas très haut et ne nous donne pas à voir (lapacompridumoins) les enjeux d’une piste qui nous paraît aussi inutilement longue qu’obscure. Est-ce à dire que Carnage est un mauvais morceau ? Pas certain du tout, tant il faut souvent fréquenter les pièces un certain temps avec le duo pour en apprécier la profondeur et la beauté… sacrées.
Pour l’heure, on est dans l’expectative et tout de même curieux d’honorer le rendez-vous du 10 octobre 2025, date officielle de sortie de ce nouvel album qui succède à un Green To Gold, ultra contemplatif et qui n’a pas si mal vieilli. On ne sait pas trop quelle orientation aura retenue Silberman pour ce disque mais la lecture des titres laisse penser qu’il reste absorbé par la sagesse, la séduction des éléments et la recherche de spiritualité. Selon l’argumentaire promotionnel, Carnage renvoie à la violence presque sourde et du moins peu spectaculaire que l’homme inflige à son environnement, massacrant espèces animales dans l’indifférence et sans presque s’arrêter sur son sillage destructeur. Chanson anti-violence, et humaniste, on aura soin de la laisser agir en nous encore quelques dizaines de fois pour lui faire un sort définitif.
L’album est en précommande sur Bandcamp et chez Trangressive Records. Les retardataires pourront se procurer par la même occasion le joli LP qui immortalise la tournée commune du groupe avec Okkervil River. Le disque s’appelle Band Together et présente des titres à part égale des deux groupes. C’est un chouette document et une vraie belle curiosité dont on s’en veut de ne pas avoir fait état en son temps. Le set était organisé en 3 temps : un concert d’Okkervil River, un autre de The Antlers et “au milieu” une partie collaborative où les deux groupes se rassemblaient. C’est cette partie commune qui est représentée sur le disque. Et c’est très très bien.

