[Clip] – Michel Cloup se fait refaire l’Anti-portrait par Tiger Menja Zebra

Tiger Menja Zebra feat Michel CloupNan, mais quelle tête à claques ce Michel Cloup ! Même séquestré au fin fond d’une cave sordide de la banlieue barcelonaise par les membres patibulaires de Tiger Menja Zebra, à subir un bizutage en règle (le combo rouge à lèvres / mousse à raser / farine), quelque peu malaisant face à la caméra de Mònica Jové, il faut toujours qu’il la ramène : moi je par ci, moi je par là. Une anaphore sans fin qui dresse un Anti-portrait peu reluisant mais plein de finesse et d’humour noir qui pointe, comme Michel Cloup sait si bien le faire, des travers desquels il faudrait être sacrément prétentieux pour prétendre y échapper. Micro-travers personnels des individus que nous sommes, en quête d’on ne sait parfois plus trop quoi mais en tout cas pas gênés pour deux sous par des contradictions renforcées par les macro-travers d’une société qui, plus que jamais, semble inexorablement et collectivement décidée à s’enfoncer dans le chaos malgré les avertissements sans frais.

Le titre est extrait du 4ème album des catalans, Admirables, qui sort sur le label Dog From Hell ; un album d’hommages à des personnalités qu’ils admirent et dont fait partie le toulousain, en fort belle compagnie d’ailleurs : Kim Gordon, Mimi Parker, La Estrella de David ou le king Eric Cantona, entre-autres. Mais lui a donc le droit à son Anti-(auto-)portrait, un peu à contre-emploi tant l’EBM sombre mais dansable de Tiger Menja Zebra, jamais loin de déraper vers le noise ou l’expérimental est formellement éloigné de l’univers électrique de Michel Cloup que l’on n’avait jamais, aussi loin que la mémoire porte, rencontré dans un tel univers électro même si Backflip Au Dessus Du Chaos ouvrait par moment quelques brèche dans ce sens. Si le titre fonctionne parfaitement, c’est aussi que l’univers des catalans bien que purement électro n’est fondamentalement pas si éloigné que cela de celui que Michel Cloup s’est bâti depuis des années, enrichi de collaborations multiples qui lui ont permis depuis ses débuts de ne jamais tourner en rond. Un univers qui s’accorde sans peine à la scansion du chanteur, cette forme d’engagement autant moral que physique ; qui le suit sur scène ne peut que témoigner.

Alors on se dit qu’on verrait bien ce one-shot trans-pyrénéen se prolonger plus longuement tant les pistes qu’il ouvre sont excitantes et on irait même jusqu’à se mettre à sa place pour se faire malmener par cette électro sur laquelle on ne demande qu’à danser, danser, danser en s’en prenant plein la gueule, histoire de rester bien réveillé.

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