dAMEbLANCHE : le groupe de rap qui gagne à ne pas être croisé

dAMEbLANCHEOn ne sait pas si c’est sa redécouverte par Hollywood et le cinéma en général qui a donné l’idée aux deux lascars mais les rappeurs et musiciens Goune et Stick, fers de lance du hip-hop transgressif à la française ont saisi la balle au bond pour donner un chouette nom de baptême à leur projet commun. La dAMEbLANCHE est ainsi née, avec sa légende macabre de bord de route, et surtout des idées noires plein la tête. Pour l’heure (on imagine qu’un album se profile), Goune qu’on avait laissé sur son Grande Canette d’il y a deux ans, et Stick, revenu de ses tubes de l’été, ont livré trois premiers morceaux dont deux qui ont choisi (grâce à l’autotune) d’aller taquiner les tenants du gros business marseillais et parisien du rap français sur leurs terres.

A ce ce stade, on aime particulièrement le texte de ce Virage n°2, très incisif et politique, où Goune puis Stick, au look impeccable et ajusté de blondinets taillés de près pour les NRJ Awards, se renvoient la balle en miroir.

“Désolé de pas coller aux idéaux des élus mais
Je vais t’immoler avec un vieux déo’, des allumettes
Dévorer tes os comme un zombie d’jeu vidéo
Évidemment que nos démons veulent nous voir tomber dans le vide
Emo coquine recherche hémoglobine, va te faire draculer
Sur la neige immaculée si ça t’aide à évacuer”

Entre punchlines et pains dans la tronche, ruades et bons mots de mauvais goût, c’est un festival qui permet d’amadouer ce son contemporain et modifié d’écho qui, avec le temps, nous séduit de plus en plus. Cela ne nous empêche pas de priser aussi (et encore plus, avouons le), la version en voix pleine du Virage N°1, livrée peu avant. On ne sait pas trop ce que cela donnera sur un long format mais à ce degré de mauvais esprit, d’amertume et de rage d’en découvre, la dAMEbLANCHE pourrait en foutre plus d’un dans le fossé. Gare, donc, si vous la croisez à la sortie d’une boîte de nuit ou autour de l’étang, pendant une partie de pêche en Sologne.

Mots-clés de cet article
, , , , ,
Ecrits aussi par Benjamin Berton

Sophia – Holding On / Letting On
[The Flower Shop Recordings]

On y va comme on entrerait dans une cathédrale. Le regard balaie...
Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *