Danse et rêves innocents avec les new-yorkaises de Beau

Beau - Dance With MeCela dépasse sûrement le simple domaine de la musique mais écouter la musique de Beau nous renvoie instantanément à nos jeunes années, quand on rêvait des filles (blondes, trop blondes) de Virgin Suicides ou de partir en glamping le samedi avec quatre ou cinq copines sous une tente de toile étoilée.

Le premier single du duo new-yorkais depuis cinq ans nous ramène à ces années de conquête du monde (avortées) en proclamant une folle envie de danser comme des folles, sans tabou, ni trompettes. Écrit l’été dernier, ce morceau n’est pas prétentieux pour deux sous et envoie un peu de fraîcheur et de désinvolture dans un monde qui se barre en sucette.  Le texte est assez explicite en matière de remuage de popotin :

Move from the left, to the right
to the front, and then back
turn around – don’t get hurt
most of my life,
well most of it’s been free
isn’t that how it oughta, oughta be

On a beau entendre/voir un sous-entendu salace dans cet invitant “i am waiting for more” qui revient sur le final, l’univers musical de Beau est indissociable de l’expression d’une certaine innocence. Heather Goldin et Emma Jenney (sosie d’Alison Mack, l’assistante du grand gourou de la secte sexuelle Nxivm et ancienne Chloé dans Smallville) ont maintenant 25 ou 26 ans et ne sont plus tout à fait les (toutes) jeunes filles en fleur dont la popularité avait explosé avec leur premier album, That Thing Reality, sorti en 2015. Le chant est désormais plus affirmé, plus rentre-dedans et ce premier morceau laisse penser que le groupe s’est affranchi (en même temps qu’il se débarrassait de sa maison de disques) de nombre de ses repères indé. Dance with Me est conquérant et glamour, entraînant et à la limite du mainstream, même si les plus perspicaces y entendront encore de lointaines réminiscences de Pale Honey ou de Lush. Il est plus probable qu’on se retrouve quelque part entre la binoclarde craquante Lisa Loeb et les pétroleuses de La Luz, c’est-à-dire dans un territoire à haute féminité ajoutée, traversé d’éclairs à guitares et de sonorités 80s.

Le groupe ne devrait pas sortir d’album avant quelque temps préférant se donner le temps de réunir suffisamment de matière avant de se lancer. En attendant, on prendra les singles comme ils viennent en se laissent envahir, à chaque fois, par le songe érotique des nuits d’hier.

Crédit photo : Beau.

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