Électro et toujours complotiste : le Notre-Dame de Morrissey est enfin sorti

Morrissey - Notre-DameDeuxième extrait du très attendu Make-Up Is A Lie, le nouvel album de Morrissey, Notre Dame est une chanson qu’on avait commentée dans le détail dès sa naissance sur scène en Israël à l’été 2023. Composé par Alain Whyte, l’un des compositeur “historiques” du Moz solo et parmi les plus appréciés des fans, ce titre confirme le tropisme français du disque après un premier single Makeup Is A Lie, déjà situé à Paris. Le chanteur a d’ailleurs été aperçu récemment dans la capitale où il aurait assisté à un concert de The Damned.

Pas une surprise donc de retrouver ce titre qui revient sur l’incendie de la cathédrale et s’attarde surtout sur le traitement médiatique et politique de l’enquête. On soulignait dans notre précédent article le caractère fondamentalement complotiste du morceau. Le “we know who tried to kill you” résonne encore à nos oreilles en tentant d’installer une connivence malsaine autour d’un non-dit/non-avoué : l’incendie serait un acte terroriste. Afin d’atténuer la portée de sa charge, le chanteur, peut-être poussé par sa nouvelle maison de disques, a renoncé à chanter la dernière ligne de son couplet qui figurait dans les versions live : “Before investigations, they say this is not terrorism.“, pour ne retenir que la formule plus sybilline “they say there’s nothing to see here“. Ceux qui ont toujours un petite doute sur ce qui s’est passé (mais que s’est-il passé au juste ? un mégot enflammant une poutre d’un mètre de diamètre, is it ?) ne trouveront rien à redire à cette lecture politique plus que contestable et se laisseront gagner par le pouvoir de la chanson.

Pour la version studio, produite par le Bostonien Joe Chicarelli, Notre Dame a hérité d’une production pour le moins marquée, mi-gothique, mi-électronique, au rythme nettement ralenti par rapport aux versions live. Le producteur a surtout remplacé complètement les guitares de Whyte qui compose donc mais ne joue plus dans cette version sur le morceau. Le résultat donne un morceau synthpop assez lent et appliqué, aux développements longuets, mais pas dénué de charme. Le chant de Morrissey est toujours impeccable même si retenu dans la montée qu’il s’autorisait sur scène durant le refrain. Les ponts électro ne sont pas trop dégueulasses bien que curieux et vintage et comme Warner a offert au chanteur un petit clip (with lyrics) illustré à l’ancienne, l’ensemble est assez joli. Les fausses cordes qui résonnent après 2 minutes et 10 secondes, couplées à quelques riffs de Carmen Vandenberg, la nouvelle guitariste coqueluche du chanteur, font tout de même un effet assez kitsch qui nous amène ensuite à un long tunnel un peu barbant. Sur les premières écoutes, et comparée à la version live, celle en studio perd quelque peu le sens de l’élévation qui venait avec la transformation du thème complotiste en thème sacré. En chantant plus en dedans, Morrissey monte moins haut et rend moins présente et divine cette “cold hand” qui lui mettait la main sur l’épaule. C’est dommage, mais peut-être est-ce que le morceau gagnera en force avec le temps.

Notre Dame reste un titre, à défaut d’être génial,… intéressant. Difficile de le trouver complètement répugnant malgré son sous-entendu politique ou repoussant en raison de sa production. Il en faudra plus cependant pour que l’album soit à la hauteur des attentes.

Lire aussi :
Morrissey – Amazona

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1 mois il y a

Con comme un Berton (lisez plutôt Stanislas Berton).

Étrangement ceux qui nous traitent de complotistes, nous qui avons hélas en vain trop souvent alerté contre les attendus de l’Opération Covid (et notamment sur ce qui actuellement pète à la face même des benêts : Affaire Epstein) sont les mêmes qui pissent dans le sens du vent de qui qui dicte le réel… (dont je tairai le pedigree pour ne pas me retrouver en correctionnel…)

Bref, l’intelligence est bien souvent de notre côté, l’idiote grégaire, assurément du vôtre.