Le meilleur groupe de Manchester du Sud Ouest (de la France) sortira prochainement son deuxième (?) album, To Be Here. Financé en partie dans le cadre collaboratif d’une cagnotte ulule, le disque a délivré deux de ses morceaux et s’en ajoute un 3ème avec ce morceau impeccable qui donne son nom à l’album et confirme le tropisme british (pour ne pas dire britpop) du nouvel album. Le groupe d’Agen, emmené par Léo Thérial (chant) et Pierre-Olivier Poujade (guitares)* a sur ce titre de faux airs de Happy Mondays du Sud Ouest. Les précédents morceaux ancraient la musique du groupe qu’on pensait trio mais qui apparaît comme un… quintet sur leurs dernières photos dans un registre rock à guitare, new wave, mâtiné d’enluminures cold. La voix rappelle un peu les engagements des regrettés A House (des Irlandais) avec une scansion façon spoken word, à plat et aux accents traînants.
La référence aux Happy Mondays n’est pas fortuite s’agissant de ce 3ème single car il y est question d’ingestion de LSD et de perte de repères. On s’en serait doutés sans parler anglais mais c’est bien à une désorientation et à un dérèglement (assez sérieux) des sens que le narrateur/chanteur semble être soumis ici autour de cet étrange leitmotiv qui est répété quarante fois sur le morceau “isnt everywhere….” Etre quelque part ou partout à la fois, c’est la question qui vaut ici tant la conscience se répand sous les guitares. On aime l’enthousiasme baggy, le solo de guitare bavard mais néanmoins impeccable autour de la 4ème minute et la rythmique funky qui nous rappelle quand on avait la coupe au bol et la bave aux lèvres (après avoir gobé notre deuxième ecstasy). Pour ceux qui se défient des groupes de drogués (ils ont bien raison), on renverra sur le plus fréquentable et tout aussi recommandable Way Beyond Your Feed qui est pourtant à peine moins psychédélique. On pense cette fois à un petit La’s ou à un grand Cast, ce qui revient à peu près au même. On ne sait pas au juste d’où viennent les membres du groupe mais avec tous ces anglais qui s’établissent dans la région depuis des décennies, il fallait bien que les groupes du coin se mettent à sonner comme s’ils avaient été biberonnés dès le plus jeune âge au lait de Primal Scream et consorts.
Si le disque est aussi bon que les singles révélés jusqu’ici, on devrait y trouver son compte nostalgique. Les années 90, c’est bien mieux maintenant qu’à l’époque.
* Line-up complet : Léo Thérial (chant), Pierre Olivier (guitare), Robin Massalongo (Basse), Benjamin Marsan (Synthé) et Steven de Castro (Batterie).

