If I Could Write Poetry – Dan Treacy Selected Lyrics
[Ventil]

9 Note de l'auteur
9

Dan Treacy - If I Could Write PoetryIl faut évidemment lire l’anglais pour apprécier à sa juste valeur ce travail à la fois monumental et absolument remarquable réalisé par Gregor Kessler, fan allemand des Television Personalities, qui a entrepris avec ce If I Could Write Poetry, de présenter dans un unique ouvrage de 270 pages, les paroles d’une centaine de chansons de Daniel Treacy, le leader des Television Personalities, et de solliciter une petite cinquantaine de personnes, célèbres ou non, proches ou moins, du bonhomme pour disséquer, commenter, discuter leur attachement à telle ou telle chanson du groupe.

Ce n’est pas parce qu’on a participé, en tant que “biographe officiel” (Dreamworld est sorti en 2020 maintenant et a fait son chemin en français, anglais et allemand auprès du cercle étendu des TVPs, bien sûr), à un petit développement de deux pages sur Geoffrey Ingram que le livre est épatant. C’est parce qu’à la relecture des textes de chansons qui n’avaient parfois pas été consignés avec précision encore, on se rend compte qu’on aurait eu envie d’écrire sur plus de trois quarts d’entre elles, tant ces chansons nous parlent, nous épatent, pour leur mélange d’évidence pop, de simplicité enfantine et leur sensibilité contenue. La collection assemblée par Kessler réunit évidemment les titres les plus connus du groupe et d’autres (il y en a 100 soit l’équivalent d’une petite dizaine d’albums, avec des faces, et l’ensemble des périodes du groupe) et donne la mesure d’une écriture qui reste toujours extrêmement accessible et limpide mais qui est d’une richesse extraordinaire qui pour peindre en quelques vers une situation réaliste ou non avec une efficacité redoutable (Silly Girl, une fugue adolescente, Smashing Time, le weekend d’un membre de la famille qui monte à la capitale, The Boy in The Paisley Shirt, sur la mode chez les teenagers et l’amour), inventer un cadre psychédélique symbolique fabuleux (Painting By Numbers, Jackanory Stories,…) ou proposer une lamentation amoureuse du plus haut romantisme. Cette écriture est agile, pleine d’humour, de tendresse, affiche souvent son cœur brisé, sa peine, ses regrets, sans abuser des effets d’écriture, ou des lourdeurs psychologiques. A la lecture, on ne se méprend pas : ce n’est pas de la poésie “élevée”, pas un exercice de style baudelairien ou intellectuel, mais la quintessence même de l’écriture pop, fine et qui touche au cœur, ce que renforce et multiplie, bien entendu, l’écoute des chansons.

Autour de ces petits bijoux tombés de la musette de Daniel Treacy, personnage qui vit aujourd’hui “en soins”, abîmé par la peine, la drogue, les épreuves et ne chantera plus jamais, ses amis, ses anciennes compagnes, les membres du groupe, des fans, des critiques musicaux, d’autres artistes (on pense à Peter Astor qui écrit sur Three Wishes, à Duglas T. Stewart qui choisit Girl at the Bus Stop), patron de label (Vinita Joshi) signent chacune et chacun un petit développement qui évoque non seulement une chanson mais surtout leur rapport à Treacy et à son écriture. Parmi les contributeurs, on s’amusera du texte d’Evan Dando, que Kessler a recueilli au téléphone dans des circonstances peu propices à un exposé raisonnable, on lira avec attention le développement tout en sobriété de son complice Jowe Head sur Kind and Country, l’une des chansons les plus imposantes des TVPs, ou on rira franchement en lisant le récit de Dave Musker, l’un des membres du groupe, qui raconte enfin par le menu l’escapade italienne du groupe en 1983, épisode où se côtoient, selon la légende, des dealers (il y en a beaucoup avec Treacy) mais aussi d’authentiques mafieux italiens. Tout ceci crée un beau portrait kaléidoscopique d’un Treacy plus vivant que jamais, génie génial, à la liberté infinie, et apôtre du DIY, du bordel permanent mais aussi homme à fleur de peau qui aura placé dans ses titres tout ce qu’il avait de rêves, de peurs, de doutes, de beauté.

Le livre ne s’adresse pas seulement aux personnes qui connaissent les chansons et les albums du groupe. Il offrira aux autres une porte d’entrée originale et plus large qu’elle n’y paraît dans une des œuvres les plus attachantes de l’histoire de la pop anglaise des années 80-90, un parcours d’un peu moins de quarante ans, qui s’est achevé musicalement autour de 2010, mais qui aura bénéficié sur les dix dernières années de multiples éclairages lui redonnant vigueur et la place qu’il mérite.

Sometimes I
I would give anything
To take back all the things I said
That made you cry
Sometimes I
Pretend that I’ve got everything
Everything in my garden
Everything is so lovely
Think I’ll just stop and smell the roses
Stop and smell the roses
Then I think of you

And I don’t know where you are
You seem so far away
You’re just so far away
And I don’t expect to see you again

Recevez chaque vendredi à 18h un résumé de tous les articles publiés dans la semaine.

En vous abonnant vous acceptez notre Politique de confidentialité.

Plus d'articles de Benjamin Berton
Arctic Monkeys / Live At The Royal Albert Hall
[Domino]
Certains fans ont été déçus que les Arctic Monkeys ne reviennent cette...
Lire
S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent