Les Beautify Junkyards lisent Mark Fisher et Christopher Priest en musique

Beautify Junkyards & Justin HopperLes excellents musiciens portugais de Beautify Junkyards, dont l’album Nova tourne toujours et de plus en plus chez nous (il faudra qu’on lui consacre une critique de rattrapage), viennent de sortir plusieurs vignettes musicales et littéraires où ils associent leur talent pour les ambiances oniriques et électroniques, enrichies en rythmiques exotiques, avec la scansion claire et solide de l’écrivain américain (qui vit en Angleterre) Justin Hopper.

Hopper écrit beaucoup sur les paysages, les décors, les chemins désolés mais a aussi publié une anthologie de l’occultiste Victor Neuburg. Il est le complément parfait à la musique hantée des cinq musiciens et lit, sur ses courtes séquences, les œuvres du regretté Mark Fisher, ici quelques mots de son dernier ouvrage (avant le suicide), Par delà l’étrange et le familier, ou du tout aussi disparu Christopher Priest.

Le résultat est non seulement très élégant mais d’une belle intelligence, célébrant les joies (spirites et spirituelles) de la musique hauntologique, chère au cœur du philosophe pop anglais. Les Beautify Junkyards viennent avec cette collaboration s’abreuver aux sources théoriques de leur musique faite d’apparitions fantomatiques, de comètes mystérieuses et de déambulations post-gothiques ou sylphides en bord de mer (ou de falaise). C’est beau, toujours très triste mais tout autant sensuel, déroutant et abstrait.

On peut imaginer que ce travail ne sera pas perdu et servira peut-être un futur spectacle ou une installation. Pour l’heure, le groupe a annoncé avoir simplement composé ces vignettes pour le plaisir de mettre en avant des livres et des auteurs qu’ils appréciaient. Futur Intérieur (A Dream of Wessex), le roman de Christopher Priest, évoque la mise en commun par des scientifiques anglais d’une “conscience” (inconscience) qui leur permet de voyager dans le futur et d’aller observer comment leurs descendants ont résolu la crise (de l’énergie). L’une d’entre eux y retrouve l’amant dont elle s’était séparée. Etrange histoire pour un étrange groupe. Les vidéos sont signées par le cinéaste et producteur Maus da Fita qui avait notamment signé un live du groupe, époque Cosmorama, figurant déjà Justin Hopper.

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