Affronter la canicule (7) : Antipop et Mala Ika nous Touch and Retouch encore

Antipop & Mala Ika - Touch and RetouchQuelle surprise d’entendre un tel titre d’Antipop chez Weirdos! Secondé par la jeune Mala Ika, la moitié des trop rares Télépopmusik nous aéroporte quelques part dans les années dorées européennes, quelque part sous le cagnard des années 2003 – 2007. Pour reprendre le phrasé infrastructurel d’Aurélien BellangerTouch est « la musique des autoroutes lumineuses […], la musique qui conduit aux grandes discothèques transfontalières, aux lasers rotatifs et aux alcools sucrés » (Eurodance, Gallimard, 2018). Celle d’une surhumanité se dégelant dans un horizon bleu étoilé, haute et fière, appartenant à un état universel.

Ici, la hola débute à Manchester et s’éteint à la botte de Gallipoli, barbotant dans un même liant synchrone. La nuit est luisante, et la lumière des compteurs kilométriques annoncent des curées financières ô combien merveilleuses. C’est l’été de l’air conditionné, l’été ondinique des calanques où s’étalent cascades de cheveux et corps vallonnés. Vous y êtes? Bien… Entouré de sourires et de plastique passé au bistouri, le futur vous sourit. Nous voilà dans un placenta d’optimisme.

Touch nous rappelle toute l’insouciante hédoniste que l’on pouvait entendre aussi bien aux soirées Sensation d’Amsterdam qu’au Café Mambo des Balléares ; le douceur rutilante et sacramentelle, plein d’inquiétant précieux, de la musique d’Eric Prydz (à travers les alias Pryda ou Cirez D, nouveau Jean-Michel Jarre ayant indéniablement influencé tout autant Maud Geffray que Mala Ika), tout comme la naïve nonchalance de Tonka, et le zeste du duo Kittin & The Hacker, ici dépourvu de voix. Comme on a bonne mémoire, on se souvient avoir émis peu ou proue cette même observation à la découverte du travail de Mala Ika (notamment pour son remix de Circles tiré d’Everybody Breaks The Line).

On présume qu’Antipop, contemporain, dans les années 2000, des artistes susmentionnés, s’est surpris à céder le lead à la benjamine, recouvrant la piste du brillant 80’s sous le prisme interprétatif de l’école suédoise (on pense aussi au rejeton Adrian Lux), qui n’ont jamais été la signature de Télépopmusik. La déception est à la hauteur de la surprise que constitua la première piste, à celle de Retouch, rien d’autre qu’une redite à peine différente de Touch, peut-être un poil moins éthérée et plus électroclash. Hormis cela, les variantes se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Suffisant néanmoins pour se mouiller la nuque et piquer une tête avant le grand soir.

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