Letting Up Despite Great Faults / IV
[New Words]

7.5 Note de l'auteur
7.5

Letting Up Despite Great Faults - IVIl y a fort longtemps qu’on a entendu pour la première fois mentionner le nom de Letting Up Despite Great Faults. Cette époque frénétique des prémices d’internet étant révolue, on croyait le groupe disparu en même temps que MySpace où le groupe s’était fait remarquer – comme tant d’autres, emportés par le tumulte des vagues numériques et le ressac des modes sans lendemain.

Avec ce patronyme qui sonne comme une rafale de mitraillette asthmatique pour ceux qui ont opté pour l’Allemand en première langue à l’entrée au collège, on n’aurait pas parié sur la pérennité de ce projet « revivaliste ». Les premiers faits d’armes de LUDGF sonnaient comme un exercice appliqué et déférent de pop-anorak adaptée pour les college-radios américaines. Pourtant, Mike Lee et les copains venus le rejoindre au fil du temps ont besogné des années durant, jusqu’à se constituer une solide discographie en dix-sept année d’existence.

Basé depuis quelques années à Austin, le groupe bénéficie pleinement du contexte artistique hyper-prolifique de la capitale du Texas, à en croire la jolie notoriété dont il semble jouir si on se fie aux nombreuses tournées et à l’écho que leur musique trouve dans les médias américains. Mais de ce côté-ci de l’Atlantique, le quatuor de quadras reste encore confidentiel.

Toujours réalisée via leur structure New Word, la parution de IV sera peut-être l’occasion pour eux d’arriver jusqu’aux oreilles des amateurs européens de shoegaze, ceux-là qui se délectent de chant vaporeux et chœurs féminins diaphanes sur fond de noisy-pop mise sous l’étouffoir. Rien de nouveau sur la ligne d’horizon fuyante donc, mais ces dix titres dépassant rarement les trois minutes démontrent une certaine maestria pour composer des saynètes de pop mélancolique et un indéniable tour de main pour leur donner vie. On pourrait citer en référence les 2/3 du catalogue Slumberland, tous les cousins américains des groupes défendus par Sarah Records ou encore les premiers émois suscités par l’éclosion de Captured Tracks (mais en mode mineur).

C’est à la fois touchant, délibérément nostalgique et forcément déjà entendu. Là est la force et l’écueil de ce disque pour lequel on se prend d’affection sans autre raison objective que celle de faire ressurgir des fantômes du passé. Au-delà de cet effet, on n’est pas bien certain de la portée de ces agréables bluettes.

Tracklist
01. Kisses
02. Corners Pressed
03. Softly, Bravely
04. Gorgeous
05. New Ground
06. Gemini
07. She Spins
08. Tumble
09. Curl
10. Self-Portrait
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