LNZNDRF / II
[Self Released]

7.5 Note de l'auteur
7.5

LNZNDRF - IIAlors que The National est devenu un groupe majeur de la scène américaine actuelle et que Matt Berninger fait le beau en solo avec le très appliqué (et particulièrement ronronnant) Serpentine Prison sorti en 2020, ses camarades de jeu en ont profité pour aller s’éclater avec leur « super-groupe », LNZNDRF.

Ce projet à l’intitulé cryptique présente un pedigree qui laisse rêveur puisqu’il réunit Scott et Bryan Devenhorf (The National), Ben Lantz (The National aussi, mais Beirut également) et Aaron Arntz (Beirut aussi mais Grizzly Bear également). En piochant dans les noms de ces instigateurs, on doit obtenir l’anagramme LANZENDORF, sans le moindre rapport avec un bled autrichien du même nom. En termes de communication, cela ne doit pas être la meilleure façon d’affoler les compteurs des moteurs de recherche. En revanche, autant dire que ceux-là n’ont pas besoin de cours de solfège ni de qui que ce soit pour enregistrer un album.

Déjà sur leur premier album publié en 2016 pour le toujours élégant label 4AD – de qui ils se sont manifestement émancipés -, LNZNDRF livrait quelques plages à haute intensité qui conviait à l’abandon de l’esprit au profit des sens. Les huit nouvelles compositions poussent toujours la formule dans la même direction, même si l’ensemble parait relativement moins anxiogène (encore que le rampant Cascade est assez malsain) et plus jouissif.

Sur Chicxulub, le quatuor opère à une greffe à cœur ouvert de surf-music sur une rythmique krautrock. Cette hybride provoque une frénésie aphasique, tout en contraste avec les incantations psychédéliques de Ringwoodite – à croire qu’ils ont le même dealer que Luke Temple de Here We Go Magic et les mêmes rêves torves que Young Man, avec qui, ils ont également partagé les cours de chant. Plus loin, les voix passent à travers des effets acidulés space-rock que plus grand monde n’ose utiliser de nos jours- mais on l’a bien compris, ces Américains se contrefichent des codes actuels. Il n’y a bien que la section rythmique, martiale et métronomique, qui ne déraille pas. C’est d’ailleurs ce contraste qui sert de carburant à cet équipage qui ne marche pas qu’à l’eau claire (ou alors le puits est situé dans une zone à forte Radio Activity). Exercice de style ébauchée en hommage aux maîtres du genre (de Can à Kraftwerk en passant par Popol Vuh, tous passent en revue) ou espace récréatif pour fuir la pression et le formatage de leurs groupes respectifs, peu importe, le plaisir de jouer ensemble et la liberté d’expression sont partagés avec une malice communicative.

Tracklist
01. The Xeric Steppe
02. Brace Yourself
03. You Still Rip
04. Cascade
05. Chicxulub
06. Ringwoodite
07. Gaskiers
08. Stowaway
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