Love, Discothèque et harmonie : rencontre avec Niko, la danceuse étoile

Niko

Soyons francs : on n’avait pas vraiment eu envie de danser comme ça depuis vingt ans avant d’écouter le troisième album de Niko, Electric Union. Vous pensez peut-être que ça nous disqualifie pour parler de ce genre de disques. Mais vous vous gourez. La voix de Niko et le travail qu’elle propose avec son mari Andy Turner, le cerveau de Aim et du label Atic Records agissent comme des superpouvoirs. Il leur a fallu huit ou neuf ans pour écrire et produire ce disque qui concentre une vie entière de passion, d’énergie et de savoir-faire. La Dance music ne devrait pas ressembler à ce qui est joué dans la plupart des boites : un mélange d’électronique bas de gamme et de lignes de basse pornographiques. La dance music est aussi une question de soul, de pop, d’harmonie, c’est une manière de retenir sa respiration quand le coeur est saisi par le désir, la frustration ou la luxure. La dance music est comme une galaxie dont Niko serait l’Etoile Polaire, brillante et fascinante, à la fois inatteignable, irrésistible et brûlante comme la glace. Electric Union vous donnera l’impression d’être plus jeunes que vous ne l’êtes. Tant pis pour vous, ça vous fera mal au coeur et aux jambes au petit matin. Mais c’est si bon à écouter qu’on parie que vous y retournerez. Palace Discotheque. Vous êtes prévenu(e). Niko est financée par la Sécurité Sociale mais sa musique peut faire craquer votre chirurgie des fesses. Madonna en sait quelque chose. On revient avec la princesse d’ATIC Records sur les années Grand Central, l’Amérique et ses nuits blanches. 

English version below.

Je commence par la question que tout le monde doit vous poser. Pourquoi est-ce que cet album a été si long à venir ?

Hé bien… la vie… J’aime autant vivre que travailler. J’ai deux enfants et j’aime musarder. J’ai souvent donné la priorité à la famille et à l’aventure sur tout le reste.

Est-ce que ça vous énerve quand on vous demande ce que vous avez fait pendant ces 8 ou 9 ans. Cela sous-entend toujours que vous êtes un peu fainéante ou que la pop ne mérite pas tout ce bazar ?

On ne me l’a pas demandé tant que ça en fait mais c’est une question légitime. Je suppose qu’il est assez facile d’en tirer des conclusions mais je ne suis pas juste une artiste qui fait des disques. Ce que les gens considèrent comme le travail que je mène est la face émergée de l’icerberg. Je m’occupe aussi d’Atic Records au quotidien ce qui veut dire : prendre en compte les commandes, recevoir et négocier les contrats de licence et d’utilisation, et tout ce qu’il y a autour du label et qui ne concerne pas que ma propre production. On est un label vraiment indépendant. Ca veut dire qu’on fait tout de A à Z et je dis bien tout tout. Ecrire, enregistrer, produire, mixer les chansons, réaliser ou concevoir l’art work, diriger, caler le style, les photos, les vidéos. J’ajoute à ça les réseaux sociaux, faire fonctionner et créer le site web, gérer les droits, la fabrication, les relations avec les distributeurs, les boutiques, les clients, les festivals, le merch, les discothèques, la presse. Il y a des tas de choses et je ne cite pas tout car ce serait vraiment long et ennuyeux mais cela prend un temps infini et nous ne sommes que deux. J’ai déjà dit qu’on avait aussi deux enfants ? haha !

J’ai lu en interview que vous aviez aussi passé du temps à récupérer après de graves blessures physiques issues de votre pratique du skate et de différents sports. Ca a été une période compliquée ?

J’ai joué puis je suis devenue arbitre dans ma ligue locale de Roller Derby qui est un sport de contact qui ressemble à une sorte de rugby sur des rollers. J’ai aussi fait du cheval. J’adore le cheval, notamment parcourir la campagne là où je vis. Le yoga aussi. Et oui, j’ai eu pas mal de sales accidents, notamment quand je me suis pris un mur en béton à pleine vitesse sur mes patins. On m’a bastonné pas mal aussi. Je suis tombé deux fois de cheval et je me suis blessée au cou de manière assez sévère. Et pour finir, j’ai essayé de tenir une position en me tenant sur la tête en faisant du yoga. Ca m’a conduit à ce qu’un disque cervical éclate. Je me suis écroulé avec une douleur terrible à la colonne. J’ai été totalement immobilisée pendant un mois, au lit en attendant une opération d’urgence. La douleur était bien pire que lorsque j’ai accouché. Pendant cette période, j’ai perdu l’usage de mon bras droit car le nerf était pincé. C’était vraiment assez sérieux car le disque a failli à quelques millimètres prêts sectionner ma moelle épinière, ce qui m’aurait laissé paralysée à vie à partir du cou. Avant l’opération, on m’a aussi informé que cela pouvait avoir un impact sur mes cordes vocales car il devait intervenir en passant par la base de mon cou.

Vous vous portez bien maintenant ?

Oui Dieu merci, tout va bien. Je remercie encore le chirurgien qui a été super et la Sécurité Sociale. Tout s’est passé pour le mieux et j’ai récupéré 100% de mes capacités.

Certains artistes auraient fait de cette épreuve une matière à chansons. La douleur et comment c’est dur de vivre avec. Ce n’est pas votre cas. L’album est plutôt tourné vers la joie, la libération du corps, de la vie, de l’esprit, tourné vers l’amour… en général. Est-ce que vous diriez que les textes sont un peu moins personnels qu’ils ne l’étaient sur Hate & Love, votre précédent disque ?

Non, pas tant que ça. Les paroles sur Electric Union sont très personnelles mais elles ne sont tout simplement pas tournées vers ce qui ne va dans le monde ou ces questions de douleur. Je suis plutôt content de ma vie et je voulais créer quelque chose qui soit une ode à l’art, à la fantaisie, au fun et à l’évasion.

A quel point est-ce important pour vous de vivre entre deux albums ? De passer du temps avec la famille, d’aimer, d’éprouver des émotions, de laisser les choses arriver ?

C’est décisif. J’aime faire de la musique mais j’aime autant ma famille. C’est important pour moi de trouver un équilibre entre les deux. Le temps passe et on ne peut rien y faire, ni moi, ni personne. En ce qui me concerne, j’écris constamment. J’ai un cimetière de deux kilomètres de long où j’enterre les chansons que j’ai écrites, enregistrées et qu’au final j’ai décidé de ne pas sortir. Je crée pour moi mais je ne partage ma production que quand je pense vraiment qu’il y a un intérêt à le faire. Que ça en vaut la peine.

Sur le souvenir de Hate & Love, j’ai été surpris de découvrir qu’Electric Union était à ce point un disque de dance music ! Qu’est-ce qui vous a amené à prendre cette orientation dans votre musique ? Est-ce que vous avez hésité entre plusieurs directions ?

En fait, j’ai voulu intentionnellement faire un album que je pourrais jouer dans les clubs. C’était ce que je voulais car j’aime les discothèques. J’aime sortir, danser et m’oublier sur le dancefloor. Et je voulais vraiment faire un disque que les DJs pourraient passer. Quand j’ai commencé à travailler sur le disque, je venais de voir et j’avais beaucoup aimé le film Drive. Je voulais trouver des sons qui fassent écho à la sensation laissée par ce film.

Ce côté dance music a toujours été présent sur vos enregistrements mais vous n’aviez jamais été autant disco queen que cette fois-ci, et ce même quand vous étiez sur Grand Central. Qu’est-ce qui explique ça ? Un besoin physique ?

Absolument. Je suis mon instinct, mes instincts et ce qu’ils me dictent. C’est ça qui me conduit.

Vous vivez à la campagne. A Barrow in Furness qui est un endroit magnifique. Qu’est-ce qui peut bien vous amener à rêver de boîtes et de clubs en habitant là-bas ?

Je sors en boîte là-bas aussi. Je ne vais que dans les soirées où je sais que le DJ est compétent, sait mixer et va passer de la musique que j’ai une chance d’aimer. Le fait qu’on ait traversé deux confinements a aussi joué mais je suis aussi une sacrée veinard car mon mari et mon complice de travail est aussi l’un des meilleurs DJs que je connais. On s’est vraiment éclatés tout ce temps en jouant de la musique, en en faisant, en buvant et en faisant la fête. A la maison, on a le meilleur club privé de tous les temps !

« Je ne me souviens plus des endroits où je sortais. Il y a eu des centaines et des centaines de nuits »

Je ne veux pas en faire une question d’âge (désolé), mais vous arrivez encore à faire VRAIMENT la fête en club ?

J’ai des amis qui aiment comme moi la bonne musique. Et j’aime vraiment ça, sortir une nuit de temps en temps mais je ne le fais qu’à certaines conditions. Je suis vraiment allergique maintenant aux soirées nulles où le DJ n’assure pas et ne connaît pas son métier. J’aime bien aussi aller voir des concerts. Franchement, c’est un priilège après ce qu’on a vécu de sortir et d’aller voir des gens qui jouent, chantent sur scène.

Ca a dû être marrant quand même de travailler au calme et en studio sur de telles chansons avec votre mari ?

Peu importe le genre de musique que vous fabriquez. Ce qui importe c’est de se situer dans cet espace temps et ce lieu un peu hors de tout où vous n’êtes pas interrompu pour créer. Et notre propre studio domestique nous permet cela. Cela signifie que quand on a une soudaine montée d’inspiration, on n’a que quelques mètres à faire pour s’installer à notre table et travailler avec du matériel professionnel. C’est important.

Le travail de production sur votre disque est remarquable. C’est même fascinant quand on écoute les chansons de très près de découvrir tout ce que vous y avez mis. Quelle était la ligne directrice pour le son ? Ca a un côté très années 80 mais pas seulement, c’est aussi très joueur et moderne. Il y a des titres comme Saturn ou Someone to Lean On qui sont impressionnants. Et le son des voix aussi est très intéressant.

Merci.  On y a effectivement passé beaucoup beaucoup de temps. Je voulais que l’album ait une cohérence mais aussi et en même temps que chaque chanson raconte une histoire qui lui est propre. J’étais vraiment attentive à ce que les instruments sonnent comme ça, au choix des synthés, des micros, des effets. Je voulais vraiment que chaque composant sonne à l’unisson sur chaque morceau.

Comment est-ce que vous travaillez en général ? Comment ça démarre ? Est-ce que vous partez d’un beat que vous fournit Andy ? Est-ce que vous effacez ensuite, vous jetez beaucoup ?

Un peu tout ça en réalité. Il y a des chansons que j’ai amorcées, enregistrées, interprétées entièrement et qu’ensuite Andy a juste fignolées et mixées. D’autres où il a effectivement proposé un beat sur lequel j’ai brodé. On écrit tous les deux, on arrange, on mixe et on produit. La plupart des chansons sont passées entre nos mains à divers niveaux et de manière variable selon les pièces. Certaines chansons ont démarré dans une direction et ne fonctionnaient pas. Elles ont pu être jetées ou ont été reconstruites complètement par la suite.

Est-ce qu’il n’y a pas un risque de surtravailler les morceaux quand on a un accès illimité au studio comme vous ?

Clairement. Nous sommes tous les deux perfectionnistes. Je dirais même qu’Andy est à la limite du trouble obsessionnel compulsif par moment. Le fait d’avoir un studio où l’on dispose d’un temps infini et un label pour lequel on n’a aucune dead line pour sortir l’album est quelque chose qui accentue cette tendance. Mais une fois qu’on a dit ça, hé bien c’est juste nous qui aimons faire des chansons, et explorer les 1001 manières de les faire sonner. Je me sens vraiment privilégiée de disposer d’une telle liberté !

 Concrètement, vous travaillez comment au quotidien ?

On n’a pas d’habitudes fixes. Quand je travaille, j’essaie de m’organiser en fonction de ce que je fais, écrire ou enregistre, de sorte à ce que j’occupe le studio du mieux possible. Il y a toujours des choses à faire pour le label qui tendent à me distraire du travail en studio. J’essaie de faire au mieux et séparer mes deux fonctions.

Est-ce facile de travailler avec son mari sur un disque ? Est-ce qu’il t’encourage à aboutir et à aller vite ? Est-ce que vous pouvez êtes parfois en désacoord ?

C’est parfois difficile de travailler ensemble. On a eu des désaccords bien sûrs et on peut l’un et l’autre défendre notre point de vue avec passion, mais au bout du compte c’est le respect qu’on a l’un pour l’autre qui l’emporte. Lorsqu’on travaille sur un album de Niko, ça veut aussi dire que c’est moi qui ai le dernier mot. Mais pour la plupart des décisions, on travaille vraiment ensemble et plutôt bien. On a des talents et compétences très différents qui se complètent plutôt bien. C’est ce qui explique qu’on ait pu faire tout ça ensemble depuis dix huit ans maintenant.

Est-ce que l’orientation hédoniste du disque a été renforcée par le confinement ? J’ai l’intuition que tout ça s’était décidé bien avant….

Le disque était déjà écrit et quasi achevé quand on a été confinés. Pendant le confinement, j’ai dessiné un nouveau site web pour le label, travaillé les photos, réalisé les clips. J’ai écrit les communiqués de presse, arrangé la sortie avec le distributeur, commencé à travailler sur l’album de remixes qu’on a en projet et aussi entamé de nouveaux morceaux. Et puis accessoirement j’ai fait l’école à la maison pour les enfants.

Est-ce que vous diriez finalement que ça a été une bonne période pour travailler ? Ou est-ce que le travail a aidé au contraire, à vaincre l’isolement et la déprime ?

C’était une période productive mais aussi un défi. J’ai fait passer en priorité l’éducation des enfants. Ma famille était en dernier année de GSCE et mon fils termine l’école primaire alors ça m’a demandé pas mal de temps. J’ai vraiment eu l’impression à cette période d’avoir deux métiers : prof le jour, musicien et patronne de label le soir et une partie de la nuit. Je n’ai pas vraiment eu le temps de déprimer. J’étais crevée mais plutôt reconnaissante d’avoir une famille, et une maison et que tout cela m’occupe autant. Et puis il y avait les conversations sur internet avec tout le monde. Merci à ça aussi.

Vous pouvez nous parler de Palace Discotheque ? J’ai dit que c’était sous influence dance années 80s mais pas que… Le chant est splendide et il y a un côté pop qui vient de nulle part. C’est vintage, éphémère, comme un rêve. Il y a des points communs entre la danse et le rêve, selon vous ?

C’est une chanson inspirée par le temps que j’ai passé à sortir à New York. Parfois c’était un vrai travail d’équilibriste entre le temps passé à la maison et celui que je passais en club. Dans cette chanson, j’ai ré-imaginé que je venais à bout de toutes ces forces sombres qui nous hantent et que je pouvais vraiment m’amuser en toute liberté. D’une certaine manière, c’était un rêve que d’imaginer qu’on peut danser et être libre absolument, sans être bouffé par les « cannibales ».

Vous sortiez beaucoup quand vous étiez ado à New York ? Ou est-ce que c’est venu plus tard quand vous étiez déjà sur le label Grand Central ?

La première rave à laquelle je suis allée était à Seattle et je suis à peu près sûre que j’avais contourné l’âge autorisé ! J’adorais aussi aller à des festivals, des concerts de ce type là. Quand j’ai déménagé à New York, j’ai été engagée par un label qui possédait aussi un club, The Knitting Factory. L’avantage de ce boulot c’était qu’on bénéficiait de l’entrée gratuite pour tous les concerts alors je me suis gorgée de musique. Quand je n’étudiais pas la musique à la New School University ou que je n’assistais pas à des concerts de jazz, je fréquentais les soirées Body and Soul de Joe Claussell, Danny Krivit et François K. Ma première sortie officielle a été Clear Visions avec ADNY (Alexie Delano) sur le label de François K, Wave Records. A partir de là, je descendais régulièrement au WMC à Miami pour chanter dans des bars de nuit.

Généralement, je sortais avec des amis mais il m’arrivait aussi de sortir seule. J’y allais principalement pour le plaisir et par amour de la musique. Je ne me souviens pas vraiment des endroits où j’allais. Il y a eu des centaines et des centaines de nuits…

Quelle relation personnelle avez-vous avec la dance ? Je crois que vous avez reçu une éducation plutôt classique. Vous étiez un petit prodige du jazz. Vous jouiez d’instruments classiques. Est-ce que la dance vous a libéré de tout ça… avec l’amour, le sexe et je ne sais quoi d’autre ?

On m’a pas mal critiqué par le passé parce que je ne me cantonnais pas à un seul genre de musique. C’est juste que cela ne me correspondait pas. J’ai toujours préféré avoir une vision large et je n’ai jamais aimé rester dans un seul couloir. J’ai toujours été curieuse de ce qui fait la bonne musique sous toutes ses formes. J’aime cette liberté qui consiste à se laisser influencer par quelque chose et de se balader entre des cliques musicales plus ou moins frelatées.

Est-ce qu’on peut voir dans ce disque une sorte de revanche pour une « desperate housewive » ? Essayer de revivre ces années sauvages quand on est une « femme adulte ».. Ce genre de choses. Mais on peut aussi dire que cela célèbre les temps actuels et ton statut de femme… mûre…

Haha ! Ce n’est pas parce qu’on avance dans le temps qu’on perd le goût de créer et d’évoluer sur le plan musical. Il n’y a pas de revanche. Je suis contente de la vie que je mène. Quand j’ai commencé à travailler sur le disque, j’essayais juste de créer quelque chose qui me plaise, quelque chose que j’aurais aimé écouté. Cette musique que j’aurais aimé passer en club ou dans la voiture ou juste pour me relaxer à la maison.

Qu’a pensé votre fille du disque ? Quelle a été votre réaction ? Qu’est-ce qu’elle sait de votre vie de clubbeuse ?

Oh, elle connaît toutes les paroles du disque car elle n’a pas pu y échapper durant toutes ces années. J’ai testé ce que je faisais au fil du temps dans la voiture et sur différents sound systems. Ma fille est un peu actrice dans l’âme. Alors, elle s’est surtout dandinée de manière marrante en écoutant l’album plus qu’elle n’en a parlé.

« Entre mon mari et moi, notre maison est le meilleur club privé de tous les temps »

La vraie réussite est pour moi d’avoir composé ce qui est peut-être le premier disque de dance music pour adultes. La dance music est souvent stupide et faussement fun quand elle est faite par des « gens d’un certain âge ». Mais vous avez réussi à faire danser du point de vue d’un adulte véritable. Par exemple, si je prends Those From The Heaven Comes, on tient là une chanson très consistante et intéressante dans son approche. Ca parle de quoi ?

Merci. A tout âge de la vie, notre vision du monde évolue. Vos expériences agissent sur vous et la manière dont vous réfléchissiez devient plus profonde et d’une certaine façon, ce que tu crées reflète ce phénomène. Those From The Heaven Comes est la première chanson que j’ai écrite pour cet album. Je venais de chanter dans un club, une nuit très cool, et j’ai été particulièrement inspiré par la lourdeur de la bass. Je voulais retrouver un son aussi épais et lourd qu’il te clouerait au sol. J’ai commencé le morceau avec cette ligne de bass synthétique un peu drone. Les paroles causent des extraterrestres, des voyageurs du temps, d’anciennes civilisations et de références bibliques. Ce n’est probablement pas un truc qui m’aurait inspiré et sur lequel j’aurais écrit quand j’avais 16 ans.

On ne peut pas ne pas parler de You Used To Have Her. C’est un hit, non ? D’où  vient le morceau ?

J’ai écrit cette chanson après que quelqu’un de très proche de moi a perdu quelqu’un. Et j’ai voulu témoigner de mon empathie pour cette perte.

On peut parler peut-être des corps et de la sensualité qui se dégage du disque. C’est un peu érotique par moments. On peut difficilement résister à la chanson titre, Electric Union. Waoh. On peut presque imaginer les corps nus sur celle-ci. C’est toujours compliqué de chanter sur ça. Quel est ton secret ?

Aucun secret ! La sensualité fait partie de la vie au même titre que la respiration. Je laisse le soin à l’auditeur d’imaginer ce qu’il ou elle veut.

Est-ce que vous dansez sur vos propres morceaux en studio ?

Bien sûr !

Je ne peux pas vous laisser partir sans revenir sur votre passé. Est-ce que vous pouvez nous parler de « how it all got started » ? Comment vous êtes passée du statut de petit prodige du jazz à celui de pop star en devenir ?

Je ne sais pas si on m’a jamais considéré comme l’un ou l’autre un jour. Je crois que j’ai toujours été quelqu’un qui aime follement la musique. Quand j’étais plus jeune, j’étais obsédée par l’idée d’apprendre et je le suis toujours. J’adore apprendre de nouvelles choses et c’est pour ça que je change toujours et que j’essaie d’acquérir de nouvelles compétences. Par exemple, j’ai traversé une période où j’étais à fond dans tout ce qui concernait l’éducation ou l’apprentissage de l’oreille. J’ai eu une phase où j’étudiais les théories de la musique, l’impro, le piano. Ensuite j’ai été obsédée par l’enregistrement, la production, la programmation, le fait de créer des sons, la maîtrise des synthés. Récemment, je me suis mis à faire du travail sur la vidéo. Je n’ai jamais planifié les choses. Il se trouve que j’essaie et que j’explore et je crois que c’est cela qui a façonné l’artiste et la personne que je suis devenue aujourd’hui.

Comment vous avez débarqué en Angleterre et sur le label Grand Central ?

J’étais en dernière année à la New School for Jazz and Contemporary Music et j’avais juste achevé une série de chanson pour un documentaire TV. En parallèle, j’enregistrais aussi quelques chansons originales et des démos avec des musiciens de mes amis. Et quelques unes de ces démos se sont frayées un chemin jusqu’en Angleterre. Le label Grand Central m’a invitée à venir à Manchester pour voir qui se cachait derrière cette musique. J’ai immédiatement trouvé que, par rapport aux autres labels que j’avais pu rencontrer, celui-ci avait un esprit particulier, plus organique, familial et j’ai signé un contrat avec eux pour un disque pour cette raison.

A part votre mari, quel est le meilleur souvenir que vous gardez de cette période ?

Je crois que c’est la sensation que tout était possible. Sans que je le réalise vraiment. C’était une période où je pouvais juste réserver un vol et zou, faire mon sac et être partie en une heure. Je me déplaçais ainsi en toute liberté, pouvais m’amuser toute la nuit jusqu’à l’aube. Je n’avais aucune responsabilité et je pouvais dire oui à tout ce qui se présentait.

Quel disque vous garderiez de cette époque précise ?  

C’est pas cool comme question. A l’époque je dépensais le moindre penny en CDs que j’achetais dans ce petit magasin pourri de St Marks Street. Je me souviens de l’album Dots and Loops de Stereolab qui était particulier pour moi et qui m’accompagnait tout du long. Oui, cet album là en particulier, je l’aimais vraiment beaucoup.

« Le prochain Aim sera prêt quand il sera prêt »

L’industrie du disque a beaucoup changé depuis cette époque. C’est un privilège et une sorte d’anomalie d’avoir pu faire vivre ATIC records durant tout ce temps. Vous êtes fière de ça ?

J’ai une fierté immense d’avoir pu faire vivre ce label et d’en avoir vécu aussi en tant qu’artiste à temps plein, très fière de cette longévité. Nous avons commencé en 2004 en n’y connaissant rien. C’était un paysage très différent et finalement pas aussi simple pour les artistes indépendants que nous étions que la période actuelle. Des trucs comme bandcamp ou les réseaux sociaux n’existaient pas. Et tout reposait sur l’animation du bouche à oreille. Je suis vraiment très reconnaissante aux gens qui nous ont soutenus de nous avoir permis de continuer jusqu’à aujourd’hui.

On aurait pu parler aussi du sentiment nostalgique qui parcourt Electric Union. Est-ce que ce bonheur dont tu causes appartient au passé. Aujourd’hui, l’amour se noue en ligne et les gens ne pensent qu’à jouer sur leur smartphone, non ? Sortir en club sera un truc virtuel dans quelques années.

Ce ne sera jamais hors sujet de parler de relations humaines. Peut-être est-ce qu’il y a un peu de nostalgie et peut-être que le monde a changé mais sous la surface, je pense que les gens pour lesquels je chante sont des gens qui attachent de l’importance aux relations directes et à la découverte organique. Etre pleinement « en présence » est un concept qui a un certain âge maintenant et qui, s’il est temporairement éclipsé ou oublié par les distractions qu’offre l’âge digital, a toutes les chances d’être redécouvert un jour. J’espère que ma musique contribuera à ce qu’on retrouve le goût pour le réel.

 Je me souvenais l’autre jour de la tournée Live Aim Band Tour. C’était en 2003 ou quelque chose comme ça. Est-ce que vous pensez que ce genre de tournée pourra se faire à nouveau un jour ? Ca devait coûter une fortune d’avoir autant de monde sur scène !

Oui, on a fait plusieurs tournées ainsi avec un groupe de 10 personnes et tout l’équipage, ce qui faisait 15 personnes au total. On avait un énorme bus dans lequel on dormait. Je crois qu’on a vécu nos meilleurs moments ainsi et aussi les plus fatiguants. Et oui, c’était vraiment très cher. Je ne sais pas ce que le futur nous réserve mais Aim (Andy Turner) se prépare à démarrer le travail sur son nouvel album alors sait-on jamais….

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours pensé que vous pouviez avec votre voix devenir une sorte de « Björk alternative ». Est-ce que vous entraînez votre voix pour chanter comme ça ?

J’adore Björk. Je prends ça comme un compliment. Pour être honnête, je ne me suis pas entraînée depuis longtemps. Mais j’essaie normalement de faire des exercices réguliers quand je prépare des concerts ou une session d’enregistrement.

Est-ce que vous recevez beaucoup d’offres pour des featurings ou des collaborations ? Je me souviens de la magie d’un titre comme Come Alive avec Mr Scruff….

Oui, on me demande pas mal encore mais je ne le fais que très rarement. Avec la famille, le travail sur le label, et mes propres projets, je n’ai pas beaucoup le temps. Mais je suis ouverte à tout, oui !

Est-ce que vous avez pensé interpréter des choses plus traditionnelles comme des standards de jazz ou, disons, de la pop plus « à émotions » ?

Je préfère chanter et créer ma propre musique originale mais je continuais à me produire de temps en temps avec mon beau-père Terry Turner et son trio pour des concerts jazz, avant qu’il ne nous quitte tristement plus tôt cette année. C’était un batteur de jazz très doué et c’était justement ces standards de jazz qui lui mettaient des paillettes dans les yeux. On ne jouait que ça chaque samedi en studio et pendant que nous jouions, sa démence sénile s’évanouissait comme par enchantement. La musique est d’une telle force. Elle peut soigner.

Qu’est-ce que vous écoutez comme musique à la maison ?

J’écoute plein de choses : Count Basie, Sarah Vaughn et Nina Simone, Morrissey, Gary Newman, Old skool hardcore, mais aussi les Beach boys, Sade, Björk ou de la synthwave. Mais j’aime aussi apprécier le silence. Cela repose mes oreilles que je soumets à un travail intense autour d’une boucle, d’un mix ou autre chose.

Je suis certain que vous avez pas mal de choses qui ont été mises de côté pendant l’enregistrement du disque. Est-ce que vous travaillez sur autre chose ? Quelle sera la prochaine étape ?

En ce moment, je me concentre sur un EP remix d’Electric Union. On a rassemblé quelques uns de nos producteurs favoris pour ces remixes en leur laissant le choix de leur chanson préférée. On espère sortir cela l’année prochaine en format vinyle et en édition limitée.

Sur le label, est-ce qu’on peut espérer un nouveau Aim bientôt. J’ai vu qu’il y avait un programme de rééditions aussi….

On va rééditer l’album Hinterland en version remasterisée, avec une nouvelle pochette en série limitée également. Et donc le remix ep de Electric Union qui devrait suivre. S’agissant de Aim, il commence à peine à travailler sur ce nouveau disque et clairement, il n’y a aucune date avancée. Ce sera prêt quand ce sera prêt !

Votre chanson du moment ?

Oh, en ce moment, j’écoute le remix qu’Aim a fait de ma chanson You Used to Have Her. On a prévu de le jouer lors de la soirée de lancement que j’organise en décembre. On va fignoler cela ensuite et la sortir l’année prochaine.

Amour, Disco and Harmony : Niko, Prima Dancerina

NikoLet’s face the truth : we hadn’t felt like dancing for two decades, since we’ve listened to Niko’s third LP, Electric Union. You might think we are therefore not the ones who should deal with this new record. But you’ll be wrong. Niko’s voice and her work with Aim’s mastermind Andy Turner have superpowers. This LP was something like 8 or 9 years in the making and concentrates a full life of passion, energy and savoir-faire. Dance music shouldn’t be what you hear in most nowadays discos : bad electronics mixed with pornographic bass lines. Dance music is about soul, pop, harmony and holding your breath before your heart gets submerged by desire, frustration or lechery. Dance music is a galaxy where Niko is as twinkling and fascinating as North Star, both unreachable, irresistible and hot as ice. Electric Union will probably make you feel younger than you are. You’ll realize that next morning when it aches in your heart and legs. But it feels so good to listen to you wont mind and probably will do it again. You’ve been warned. Niko is recommanded by the NHS but may affect your buttock surgery.  Madonna knows everything about it. Back in time with ATIC records princess on Grand Central era, America and clubbing all youth/night long. 

My first question is the one everybody must ask you when dealing with this LP. Why did it take so long in the making ?

Well… life ! I like living as well as working. As a mum of two and also someone who enjoys fun. I did prioritize family life and adventure.

Does it upset you when people ask you about those 8 or 9 years ? Coming from others, it often means : « she must be a lazy person » or « pop music doesnt deserve all this fuss… » ?

I haven’t been asked about the time that past between my releases, but it’s a valid question. I suppose it would be easy to make assumptions, but I am not just a recording artist. What people ‘see’ as the work I’ve done is literally the tip of the iceburg. I also run ATIC Records day to day which includes everything from processing shop orders, to pitching and negotiating licensing requests and everything in between not just for my release but everything else on ATIC Records. We are a truly independent record label and I am an independent artist. This means we do everything and I mean everything ! From writing, recording, producing, mixing a song to designing the artwork, directing, styling, editing photoshoots and videos. Social media, building websites, publishing registrations, manufacturing, dealing with distributors, shops, customers, festivals, clubs, merch. There’s so much more to it and some of it is really boring to talk about, but it all takes time and we are two people. Did I mention I have two kids as well ? haha !

I’ve read in an interview you’ve spent a few years recovering from a lot of physical injuries caused by skating and sports incidents. How bad was it ?

I played, then became a referee for my local Roller Derby league which is a full contact sport like rugby on rollerskates. I also took up riding horses, I absolutely loved riding through the beautiful countryside where I live. I was also a keen yogi which I also enjoyed very much. I had a bad accident slamming into a concrete wall at speed on skates, I was hit quite a few times as well. I fell off a horse twice, injuring my neck pretty badly.  Then finally I did a headstand in yoga class which all led to a disc in my spine bursting and collapsing which happened suddenly and very painfully. I couldn’t move for one month which I spent in bed waiting for emergency surgery. The pain was worse than childbirth. During this time I lost the use of my right arm as this was the nerve that was trapped. It was pretty serious as there were only a couple of millimeters until the disc cut off my full spinal chord, which meant I would be paralyzed from the neck down. Before surgery I was told there could be damage to my vocal chords as they would have to operate through the front of my neck.

Are you ok with it now ?

I am absolutely fine now thank God, and thank my wonderful surgeon and the NHS. Everything went perfectly and I’m back to full health.

Some singers would have used those pains to sing about… pain and how difficult it was to live with it. You chose to let your love for life and body freedom speak instead and sing mostly about love… Would you say texts here are less personal and intimate than they were on Hate & Love ?

The lyrics in Electric Union are very personal, but they are less about pain and what’s wrong in the world. I’m happy in my life and wanted to create something that celebrated art, fantasy, having fun and escapism.

Is it important for you to live between LPs ? To let yourself grow with your family, husband, to let time do its work and change things, moods, etc ?

Yes, absolutely. I love making music but I equally love my family, it’s important to me to have a balance. Time passes, and there’s nothing anyone can do about that but I’m constantly writing, I have a mile long graveyard of songs that I’ve written, recorded but decided not to release. I create for myself and share when I think I’ve got something worth sharing.

« My place is the best private club ever « 

I was a bit surprised considering Hate & Love and Life On Earth to discover Electric Union was « that much » ( !) a dance LP. How did you come with this orientation in your music ? Did you hesitate between different directions when you started the whole process ?

I intentionally set out to make an album that I would want to perfom out in the club settings that I like. I love going out and dancing and loosing myself on the dancefloor and I wanted to make music that a DJ would drop in that enviroment.  During the time that I first started the album I also really enjoyed the film ‘Drive’ and wanted sounds that evoked that certain period in time.

There was always a dance beat and mood in your recordings but you were never a disco queen to that extent before, even through your Grand Central years. What brought you to the dance-floor ? Was it a physical need to listen to your body vibes ?

Absolutely, I’m just following what my instincts tell me and what gives me a tingle.

You are living at the country (in beautiful Barrow in Furness). What is your personal relation to clubs and disco now ?

I go out, but I only go to nights where I know the DJ is going to be playing what I like and can mix. The fact that we’ve just come out of two Covid lockdowns has also changed the landscape but I’m lucky that my husband and partner in crime is one of the best DJs I know. We’ve had some fantastic fun playing music, making music, drinking and partying with the added bonus that it’s like the best private club ever !

I wont make this an age matter (sorry !) but do you still go clubbing hard ? In what conditions ?

I have friends who share my love of good music. I do enjoy a good night out but I only go out to see something special, I have developed a severe, soul crushing  allergy to sub-par DJing. I also do love going to see live music, it’s so nice to be able to go and support good music again.

It must have been funny to work in your (peaceful) studios with your man on such dancing tracks ?

No matter what style of music you make I feel  you need un-interrupted time and space to create and I think we’ve nailed it by building our own recording studio. It means when inspiration hits, we only have a walk a few yards to be able to record things professionally.

Production work is remarkable here. It is really fascinating when you listen closely to the tracks to discover all stuffs you’ve both put into the records. What was the general idea with sounding ? It has a kind of 80s dance vibe of course but it is much more than that : it is very modern and fun to listen. Saturn or Someone To Lean On are amazing. The singing, the way it sounds ?

Thank you, there was a great deal of time put into the details of the production. I wanted to make a cohesive album but at the same time for each song to be it’s own story. I was much more concious of the instrumentation, what synths, which mics and reverbs I wanted to use to make everything fit together sonically.

How do you work on tracks generally ? Who starts the process ? Do you come with an idea ? Is it Andy who provides you with a beat ? Once again on the time it took, did you do some complete u-turns on the music, scratched some songs or did you get lost into them ?

All of the above really… Some songs I started and played and recorded everything before Andy put finishing touches and mixed it. Others he started as a beat and gave it to me to expand on. We both write, arrange and produce so most songs have both of us in it to varying degrees. Some songs started out going in a certain direction and just didn’t work so were ripped apart and built again.

Isn’t there a risk to over-work tracks when you got unlimited time in the studio ?

Yes, we are both perfectionnists. I would even say Andy can be pretty OCD at times. Having a studio where time isn’t and issue and there is no deadline from an outside record label also contributes. Having said that, we love working on songs and exploring all the many ways it can go, I feel privileged to be able to have the freedom to do this.

« The lyrics are about aliens, time travelers, ancient civilizations with bibical references. »

What was your daily routine when working on the LP ?

I can’t say that there is really any set routine. When working on an album I just try and put the hours in whether it’s writing or recording in the studio the best I can. There is always other work from the label side which can distract from studio work so I try and split my time.

Is it easy to work with your man on a LP ? Did he try to push you to do things quickly ? Do you sometime disagree on choices… ? How do you manage this as a couple ?

It can be difficult at times to work together, we’ve had disagreements and we both can make our case quite passionatly, but in the end our mutual respect for eachother and the fact that in the end this is a Niko album means that I do have the last say. For the most part though, we work really well together. We have different strengths and they complement each other which is why we’ve been able to do this for nearly 18 years.

Has the hedonistic tone been reinforced by the lock-down period ? I, of course, find your LP has been « justified » by the need we have now to party and let it loose… But i guess you must have done must of the job before it happened ?

By the time we went into lock down the album was already written and nearly complete. During lockdown I designed a new website, edited photos, made videos. Wrote press releases, set up the release with our distributor, began work on the remix album and made new music also I was homeschooling two kids.

Was it a good period for you for working ? Did it help you to put an end to the record ? I dont know how… maybe to resist against isolation and despair ?

It was productive but very challenging. My kids education came first, my daughter was in her final GCSE year and my son in his last year of primary school so I dedicated a lot of tme during the day to schooling. I did feel during this time that I had a double shift job, teaching during the day and music/label work at night. I certainly didn’t have time to despair, I was tired but thankful that I had a home and family to keep my company.  Also thank godness for video tchats !

Can you tell me about the Palace Discotheque ? I’ve said it was 80s dance influenced but this title shows there is much more. The singing is beautiful. And we got a pop vibe which comes from nowhere. It is both dreamy and vintage and ephemeral. Are there common points between dancing and dreaming for you ? Does it bring you into a kind of alternative universes.

The Palace Discotheque was inspired from time I spent going out in New York, when being out and getting home sometimes felt quite edgy. In this song I re-imagined quietly killing all of those dark forces so that I could enjoy myself freely. In a way it’s a dream about being able to dance and be free without the ‘canibals’.

Were you clubbing a lot when you were a teenage girl in NY ? Or did it come later on through your Grand Central years ?

The first rave I went to was in Seattle, I’m fairly sure I snuck in underage, I also loved going to festivals and concerts of any type. When I moved to New York I got an internship at a record label who also owned a club called ‘The Knitting Factory’. The perk of the job was free entry to all gigs so I was there all the time soaking up music. When I wasn’t studying music at The New School University or going to Jazz gigs, I also started going to ‘Body and Soul’ (Joe Claussell, Danny Krivit and François K) My first ever commercial release ‘Clear Visions’ was with ADNY (Alexie Delano) released on François K’s Wave Records. From this time I also started going down to the WMC in Miami to sing at club nights.

Can you tell us about your clubbing history ? Did you go there with friends ? To find guys or just to have fun ? Which clubs did you go to ?

I’d mostly go with friends but I’d also often go on my own. It was always for fun and for my love of music. I honestly can’t remember where I went, there were hundreds of nights !

What is your personal relation to that kind of music ? I remember you came from a rather classical education. You were a jazz prodigy. Played classical instruments. Did dancing come as some kind of befreeing force… with love, sex, and i dont know ?

I have been criticized before for not sticking to one genre of music. That quite simply isn’t who I am. I prefer to have a wide vision and don’t feel that I must stay in one lane. I’ve always been curious about good music in all of it’s many forms. I like the freedom of taking in influence and moving between the riged musical cliques.

I’ve wondered if the LP was some kind of a « desperate housewive » revenge ? Trying to revive wild past years ? Something like this. But it also celebrates present times and your adulthood….

Haha ! Just becuase time moves on doesn’t mean that my love for creating and making music changes. There’s no revenge, I’m quite content in my life. When I started making this record, I was only trying to create something that pleased my ears, something that I would want to hear if I was out listening to music. Whether that’s in a club, or on a drive or just relaxing at home.

What did you teenage girl think about the LP ? What was her reaction ? Does she know about your clubbing history ?

Of course she knows all of the words because she couldn’t escape it as I worked on it over the years, testing the works in progress in the car, on the different sound systems. My daughter is a bit of a comedian, so she mostly just does funny dance moves to the album.

The achievement is for me to have recorded the first good « adult dance music record ». Do you understand what i mean by « adult dance record » ? Dance music is mostly stupid or artificially fun when it is made by people « of a certain age ». It is sometime irrelevant. But you’ve done it « right » from a kind of adult point of view. For example, on Those From The Heaven Comes, we’ve got a very consistant track from a quite interesting point of view. Can you tell us about this particular track ?

Thanks, I think at every age your view of the world changes, your experiences change you and your thought process becomes deeper, consequently what you create reflects that. ‘Those From The Heavens Come’ was the first song I wrote for this album. I had just sang at a cool club night and felt particularly inspired by the heaviness of the bass and I wanted to make a sound that would feel thick and heavy so it rattled your core, I started that track with the simple drony synth bass line. The lyrics are about aliens, time travelers, ancient civilizations with bibical references. This isn’t something I probably would have taken inspiration from and written about when I was 16.

I of course can’t resist to You Used To Have Her. It is such a hit ! How did you come with this one ?

I wrote this song after someone close to me lost someone and I felt a great empathy for their loss.

I want to talk about bodies and sensuality on the LP. Well, it is quite erotic at some time. It is difficult to resist to Electric Union (the track). Waoh. We can almost see the bodies naked on that one ! It is always difficult to sing about sensuality. What’s your secret on that one ?

No secret ! Sensuality is just a part of life, as natural as breathing. I welcome the listener to imagine what they may.

Do you dance to your own tracks in the studio or in your living room ?

Of course !

I cant let you go without asking a few questions about the past. Can you remind us « how it all got started » ??? How did you step from a « jazz prodigy singer career », maybe something more academical, to a pop star destiny ?

I don’t know if I can be labelled any of those things, I’m simply a person with a huge love of music. When I was younger I was obsessed with learning and I still am. I love learning new things, so I’m constantly changing and picking up new skills. I did go through a period where I focused deeply on ear training, music theory, improvisation and piano. Then I became obsessed with recording, production, programing and creating sounds on synths. Recently I’ve been interested in video editing. Nothing was really planned to be honest, I just keep trying and keep exploring and I suppose that shapes where I am as an artist today.

What brought you in England and on the Grand Central label ?

I was in my last year at The New School for Jazz and Contemporary Music, and had just completed writing a series of songs for a TV documentary. I was also actively recording quite a few original songs and demos with my closest musician friends. Some of these demos and original songs made their way over to England. Grand Central invited me to come to Manchester and find out what they were all about. Compared to the other labels I had met with prior, I felt that this one had a much more organic and family feeling, so I signed a record deal with them.

Except your husband of course, what is the most precious thing or memory you’ve kept from those times ?

I suppose there was a sense that that anything was possible, I didn’t think so much. It was a time when I would just book a flight and go with a bag I packed in an hour. I moved around freely, stayed out until dawn. I didn’t have any responsibilities and said yes to almost everything.

Which record would you keep from that era ?

That’s not a fair question haha ! During this time I spent every extra penny I had on CDs that I’d buy from this tiny cramped store on St. Marks Street. I do remember StereoLabDots and Loops being a particular album which soundtracked this period in my life. I really loved that album.

« New Aim LP ? obviously no deadline so when it’s ready it’s ready. »

Record industry has changed so much since then. It is both a privilege and an anomaly to have lived with Atic records for so long. Are you proud of that ?

I’m immensly proud that we have been able to live and make a living soely from being artists and the longevity of ATIC Records which we started in 2004 knowing very little. It was a completely different landscape back then and not as easy as it is for independent artists now. Things like bandcamp and social media didn’t really exist like it does now. We did everything by word of mouth. I’m really thankful to our supporters who make it possible for us to continue doing what we do.

We havent talked about nostalgia on Electric Union. We could have. Do you think this thing you sing about is now past. I mean it is mostly about on line relationships and playing on your smartphone now, is it ? Clubbing will be totally virtual in a few years…

I think it’s always going to be relevant to talk about human connection. It may feel nostalgic and it may be that the world has changed but under the surface, I think that the people I sing to are the sort of people who like real connection and organic discovery. Being fully present is an age old concept and if it’s temporarily forgotten from the distractions of the digital age, it’s soon discovered again. Hopefully my music might inspire this.

Was remembering the other day the Live Aim Band tour. Must have been in 2003 or something. Do you think it will be possible to see this kind of band one day ? On tour… it must cost a fortune !

Yes, we did several tours with a 10 piece live band and crew, which made it 15 total. We had a huge sleeper bus and it was some of the best times but also draining and like you say very expensive. I don’t know what the future holds, but Aim (Andy Turner) is just getting ready to start working on his next LP so you never know.

Dont know why but i’ve always thought your voice could have turned you into a kind of « alternative to Björk » (which i dont dislike though) ! Your singing here is really amazing, so powerful and diverse. Do you still practise vocally ?

I love Björk ! So thank you !! To be honest, I haven’t practiced in a while. I normally bring back a practice routine when I have a gig or recording session planned.

Do you receive many offers for singing collaborations or so ? I still have in mind Come Alive with Mr Scruff which sounds eternal to my ears ?

Yes, I do get asked to collaborate, but I very rarely actually do. Having a family, a buisniness to run and my own projects consume my time. I’m certainly open to it though !

Did you contemplate singing more « traditional » stuffs ? I mean jazz standards or fullu emotional pop ?

I prefer singing or creating my own original music, but I did continue to do the occasionnal Jazz gig with my father-in-law Terry Turner and his trio before he sadly passed away earlier this year. He was a very talented Jazz drummer and it was those Jazz standards which would light up his eyes and we would play through tons of standards every Saturday in our studio and during that time the dementia would magically disappear. Music is so powerful and a healing force.

What kind of music do you listen today at home ?

I listen to all sorts of music from Count Basie, Sarah Vaughn and Nina Simone to Morrissey, Gary Newman, Old skool hardcore, to The Beachboys, Sade, Bjork and synthwave. Often though, I like to enjoy silence becuase I often spend all day using my ears pretty intensely working on a loop or a mix and everyone needs a rest !

I guess you’ve got plenty of material left from the LP recording. Do you work on something else ? What’s your next move ?

Right now the focus is on an ‘Electric Union’ remix EP. We’ve enlisted some of our favourite producers to do remixes of their favourite tracks which we plan on releasing next year on limited vinyl.

Atic business ! New Aim LP soon ? I’ve read about reeditions coming. What can you tell us about the program.

We’re planning a remastered re-issue of Aim’s – ‘Hinterland’ with new album artwork on limited vinyl, The Niko – ‘Electric Union Remix EP’ should follow that. Lastly Aim is just starting to begin work on his new LP, obviously no deadline so when it’s ready it’s ready.

Track of the moment ?

Right now I can’t stop listening to the newest remix Aim has done of my track ‘You Used To Have Her’. We’re planning on playing it out at my album launch party this December. It will get finished off and released next year.

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