Matthieu Malon joue à Cache-Cache dans le parc/Darc

Matthieu Malon - Le pas de côtéMatthieu Malon a-t-il caché ou perdu ses guitares ? C’est la question qu’on peut se poser à l’écoute du trailer du très attendu Le Pas de côté, album à demi-annoncé pour une sortie prochaine sur le label Monopsone. Le mystère a commencé à se révéler avec l’apparition d’un fond bleu sur les pages du chanteur et de son label favori. Spéculations et hypothèses ont fleuri : projet maritime, retour de Laudanum (qui a fait il y a peu l’objet d’une communication du chanteur, annonçant un retour mais pas imminent), addiction au curaçao, relation sentimentale avec la schtroumphette, conversion au royalisme. Il semble que le bleu ait un rôle à jouer dans cette affaire. On peut supposer aussi que l’image qui indiquait quelques jours plus tard le nom du LP ne sera pas la pochette définitive, sauf à ce que le graphiste photographe en chef Stéphane Merveille ait contracté une maladie dégénérative soudaine.

Le Pas de côté, le titre est charmant et renvoie bien au parcours du chanteur orléanais. On ne sait pas s’il fait référence à la sculpture de 2,5 mètres de haut de l’artiste Philippe Ramette qui se tient sûrement et tranquillement à demi en dehors de son socle dans les rues de Nantes, mais le parallèle serait bien à faire, tant Malon donne cette impression de naviguer depuis des années en marge d’un système qui n’a jamais vraiment posé ses lèvres sur lui, ni pour l’embrasser, ni pour le croquer. Pas de côté pour contourner l’ordre établi, les frontières entre les genres (électro-guitares, même combat), le succès et le désamour : cette éthique du pas de côté est prometteuse et au moins aussi excitante que les quelques notes d’un premier morceau (?) qui figurent sur le trailer.

Pas de guitares donc et à peine quelques mots prononcés en bout de course mais l’idée selon laquelle cette virée au parc pourrait se tenir dans des territoires très éloignés de Les Jours sont comptés ou de Désamour, ces deux derniers albums. Électro joueuse, mélodie qui séduit et rythme uptempo, voix qui, sans y prétendre, convoque instantanément le souvenir de Daniel Darc. C’est ce qu’évoque ce « presque rien » de cinquante secondes qui veut cacher l’essentiel mais le montre peut-être. Il n’y a pas avec Matthieu Malon des millions de followers qui s’agitent et guettent un signe divin mais bien une communauté de fidèles et de templiers de l’inframonde qui s’interrogent et s’excitent. C’est déjà ça de gagné.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *