Mounika est désolé et c’est beau

Mounika - I'm sorryCela faisait quelques temps qu’on avait pas eu de nouvelles de Mounika, le plus fragile des beatmakers hexagonaux (désormais établi à Orléans, si cela n’a pas changé depuis). L’artiste est discret et presque invisible depuis toujours derrière sa musique millimétrée et sensible. On se souvient avec beaucoup d’émotion et de tristesse de son dernier album, How Are You ?, sorti il y a trois ans. Un album raffiné et qu’on avait peur de briser rien qu’en l’écoutant, délicat et pétillant d’intelligence. Mounika y travaillait la matière avec une minutie et un sens de la nuance qui n’ont rien ordinaire dans un monde où chacun cède à un moment ou un autre à l’éclat et au tapage du big beat et de la ligne de basse qui tue.

C’est donc avec beaucoup de délicatesse qu’on reçoit l’annonce de ce retour pour un nouvel album à paraître en juin et intitulé de manière prophétique, I Need Space. Le premier extrait s’appelle Intro (I’m sorry) et a le piano économe et mélancolique. Un deuxième morceau est annoncé pour mi-mai, si le calendrier de sortie n’est pas chamboulé par le confinement. Mounika a besoin d’espace, dit-il, même si on a le sentiment avec lui que l’univers tient dans un mouchoir de poche. Tout est petit et mignon, tout est bouleversant et si personnel que cette notion d’espace sonne abstraite et presque impossible à concevoir. Mounika est le beatmaker des types qui restent dans leur chambre et regardent leurs proches dormir avec le sourire aux lèvres, le beatmaker des caresses attentionnées et des mains tendues. On n’en fera pas trop avec ces seules deux minutes et quelques de musique, mais le retour de ce beatmaker n’est pas innocent et arrive au bon moment.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

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