C’est plutôt un chouette travail que celui réalisé par le chanteur d‘Interpol, Paul Banks, sur ces deux reprises d’Iggy Pop, Gimme Danger et Sister Midnight.
On a une préférence assez marquée pour la première qui est une bien meilleure chanson et parce que la reprise est assez fidèle à la dangerosité initiale de cette chanson qui suivait (si nos souvenirs sont bons) le terrible Search and Destroy à l’ouverture du Raw Power (1973), le fameux troisième album d’Iggy et ses Stooges. Le deuxième morceau repris par Banks est une reprise d’un titre peut-être moins connu mais qui figurait à l’ouverture de The Idiot, premier album solo de l’iguane, produit en 1977 par David Bowie. Bowie est d’ailleurs crédité ainsi que Carlos Alomar, le guitariste, sur ce morceau.
Si Banks s’est mis à jouer à Iggy Pop, c’est pour les bons soins d’un film (indien et anglais) qui porte le nom de Sister Midnight, d’où la reprise, réalisé par Karan Kandhari. Le réalisateur est connu pour quelques clips et il s’agit de son premier film. L’histoire est celle d’une femme (indienne) qui débarque à Bombay pour se marier dans le cadre d’une union arrangée. Au sein de la ville-monde, la plus peuplée d’Inde, elle découvre la pauvreté, les mauvais traitements et va s’abîmer dans le chaos en explorant ses démons… la nuit au point de transformer sa propre nature. On s’en tiendra là pour le résumé (on n’a pas vu le film qui sort en France le 28 mai et avait été présenté à Cannes l’année dernière) mais le film ne laisse pas les spectateurs indifférents et semble avoir surpris pas mal de monde. D’aucuns le considèrent comme le pire film jamais vu tandis que… d’autres crient au génie et à la révélation.
Pour en revenir à Banks, il a beau avoir perdu, à notre immense désarroi, une (grande) partie de sa puissance vocale, son interprétation est propre et le réenregistrement restitue en mode effondré l’affaissement et l’abandon dans l’amour (!) qu’évoque Iggy sur ce morceau plutôt atypique de Raw Power. Ceux qui ne connaissent des Stooges que les chansons les plus bruyantes seront surpris de découvrir la finesse et le caractère quasi onirique de cette chanson qui est aussi l’une des plus belles des Américains. Banks lui-même déclarait en interview que Gimme Danger n’était pas loin d’être sa préférée tandis que Sister Midnight ne lui avait visiblement pas laissé un grand souvenir. La reprise est plutôt élégante et pertinente, rappelant la mélancolie qui animait ses apparitions sous le pseudonyme de Julian Plenti. Il faut un peu de courage pour dérouler les cinq minutes et quelques mais il en fallait autant pour les quatre de la version originale…


Bonjour,
A 2:16 du clip de Sister Midnight, un panneau indique la rue (ou place) Osterberg…
Bonne journée,
JP