Chanson française : à la cool avec Radio Polo et sa Double Exposition

Radio Polo - Double ExpositionLa chanson française nous inspire toujours une certaine méfiance : est-ce de la pop ou de la variétoche ? Les textes sont-ils juste drôles, inspirés, surécrits ou juste roublards et gnangnans ? On se pose perpétuellement la question pour tenter de discerner si, parmi les propositions souvent séduisantes à l’oreille qui prolifèrent chaque semaine, il y aurait un truc d’allure un peu mainstream qui vaudrait la peine. On a évoqué il y a peu le tiraillement que nous inspire parfois la musique de Marie-Flore. On voulait cette fois dire un petit mot de Radio Polo, dont les singles nous amusent depuis quelques mois maintenant et dont le premier album, Double Exposition, est sorti le 4 avril. Le garçon, de son vrai nom Paul Verdelet, est d’origine Mosellane et vit aujourd’hui à Bruxelles, ville dont il présente certains des caractères, entre poésie, gentillesse farfelue, humour et capacité à aimer son prochain.

On ne prétendra pas avoir croisé dans un titre comme Nouveau Vélo, des enjeux qui n’y sont pas. Radio Polo propose une pop légère qui nous rappelle parfois les observations poétiques, de bon sens et la prose quotidienne d’un Mathieu Boogaerts mais l’ensemble est bien ficelé, amusant, repose sur une écriture plutôt habile et pleine de grâce. Le rythme est souvent détendu et mid-tempo, un peu folk et champêtre, il prend le temps de promener ses accords avec désinvolture, sur un faux rythme qui fait parfois penser à du MC Solaar. Il y a des titres un peu plus rock comme Café Serré, et d’autres plus alternatifs à l’image de l’intéressant Les Regrets du Mec Bourré. Tout n’est pas si lisse que cela en a l’air. Sur l’instrumental Regard dans le Vide, Radio Polo a de faux airs (mélancoliques) de Felt. Le dernier instrumental, Stratosphère, qui referme le disque est tout aussi bon.

Radio Polo se situe parmi les rangs des outsiders et des petites gens. Il les chante avec modestie et délicatesse (le Chastronaute), mais aussi une pointe de surréalisme. Tout n’est pas extraordinaire, ni bouleversant (on pense au ralenti Doux Mémo, un peu banal et bof), mais Radio Polo signe tout de même un premier disque qui dégage beaucoup d’émotion et soulève quelques espoirs pour la suite.

C’est de la variété, de la chanson française mais surtout de la bonne pop, pas du tout guimauve, avec de chouettes mélodies, des textes stimulants et surtout une légèreté intelligente qui inspire la sympathie. Sur le joueur Défiance en Moi, Radio Polo évoque sa tendance à l’autodénigrement. Il ne devrait pas.

Recevez chaque vendredi à 18h un résumé de tous les articles publiés dans la semaine.

En vous abonnant vous acceptez notre Politique de confidentialité.

Plus d'articles de Benjamin Berton
Jay-Jay Johanson a-t-il retrouvé son mojo ?
Jay-Jay Johanson a décidé de déterrer la hache de guerre, sur son...
Lire
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *