[Rééditions] – Partie de Domino pour Beat Happening

Beat HappeningA chacun son groupe culte ; on est d’accord. Du coup, ça doit en faire un sacré paquet. Par contre, des groupes cultes parmi les groupes cultes, on restreint considérablement le spectre et se retrouve au détour d’une cave face à la discographie majeure des indispensables Beat Happening. Formés à Olympia, état de Washington au milieu des années 80 par Calvin Johnson, fondateur entre-autre du label K records, lui-même devenu un personnage complétement hors-norme de la scène indépendante US et les plus discrets Heather Lewis et Bret Lunsford, le groupe enregistrera 5 albums passionnants dont toute bonne discothèque de pop indépendante qui se respecte se doit de posséder un exemplaire.

Si le groupe ne renie aucune de ses influences au premier rang desquels se trouvent les Young Marble Giants mais aussi le punk bluesy des Cramps, on ne compte surtout plus le nombre de reprises de leurs œuvres ni les musiciens influencés par le trio qui a largement contribué à désacraliser la pratique de la musique et à vider les conservatoires en tout genre : entre une batterie à l’origine plus que minimale (parfois un seul tom joué debout) et une guitare sur laquelle mieux valait ne pas changer d’accord sous peine de ne jamais les retrouver, ils ont largement contribué à faire de ce qui n’était à l’origine qu’une question de moyens (la basse fidélité) un style musical à part entière, la lo-fi. Portées la plupart du temps par la voix de stentor de Calvin Johnson, les chansons de Beat Happening font tout autant l’éloge de la simplicité harmonique que le lit de la pop parfaite qu’ils tutoieront à de nombreuses reprises.

Pourtant, si les trois premiers albums Beat Happening et sa cultissime pochette jaune en 1985, Jamboree en 1987 et Black Candy en 1989 reproduiront fidèlement la formule minimale initiale, le groupe explorera sur ses deux albums chez Sub Pop, le voisin de Seattle, géant en devenir, Dreamy (1991) et surtout You Turn Me On (1992) produit par l’idole Stuart Moxham des facettes plus rocks et diversifiées, n’hésitant pas sur leur dernier album à étirer de façon surprenante ses compositions jusqu’aux 9 minutes 30 complétement hypnotiques de Godsend.

Remasterisée et augmentée d’un album de face B et de raretés Music To Climb The Apple Tree By datant de 2003, l’intégrale avait déjà l’objet d’une réédition par Domino sous forme de coffret en 2019 et ressort ce 11 novembre toujours sur le label londonien, toujours en vinyl mais cette fois de façon séparée. L’occasion de découvrir ou de se replonger dans un univers singulier qui aura été si influent pour des générations de musiciens et musiciennes.

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