Ropoporose / Elephant Love
[Yotanka / Differ-Ant]

Ropoporose  - Elephant LoveLa rumeur enflait depuis quelques temps et citait régulièrement Sonic Youth à leur égard. Et il est vrai que sur la foi de Moïra ou Empty Head, il est bien difficile de ne pas évoquer le groupe culte new-yorkais, tant la façon de poser la voix de Pauline puis de haranguer sur un carambolage mélodique tout en tension portent les caractéristiques de leur mentors. C’est qu’il est dur de se défaire des héros avec qui on a appris ses gammes.

Mais Ropoporose apprend vite, très vite. A tel point qu’on oublierait que le frère et la sœur n’affichent pas vingt ans. On les soupçonne d’avoir souvent séché les cours pour afficher une telle maîtrise, car il doit y avoir beaucoup de travail et une épatante complicité pour parvenir à un tel disque dès le coup d’essai. Plutôt fortiches en anglais (pour un groupe du Loir-Et-Cher) comme en géométrie dans l’espace, les deux surdoués ont suffisamment de talents et de lucidité pour s’affranchir des figures tutélaires qu’ils ne pourront jamais surpasser.

Ropoporose esquisse ainsi un pas de côté pour mieux s’ébrouer dans une noisy-pop enlevée et tendue, qui n’est pas sans rappeler de vieux groupes de chez Sumberland (The Ropers, Black Tambourine) et de leurs cousins britanniques : des coups de butoirs façon Boyracer et un jeu sur de voix sucré-salé à la Heavenly. L’architecture des compositions s’appuyant sur des boucles rythmiques pour mieux laisser la batterie de Romain prendre la poudre d’escampette, on pense de temps à autre Yo La Tengo ou bien d’autres artistes qui considèrent la répétition comme une qualité.

Elephant Love est donc issu d’une bien longue lignée (et il faut toute proportion gardée), mais malgré son drôle de sobriquet qui rendait l’affaire a priori pas trop crédible, Ropoporose s’en montre un digne rejeton avec ce premier album aussi bluffant que réjouissant.

Tracklist
01. Day Of May
02. Desire
03. Whu-Whu
04. Empty-Headed
05. Elephant Love
06. Consolation
07. My God
08. 40 Slates
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