Stephen Malkmus et Kim Gordon en plein (bad) trip country

Refute Malkmus GordonTitre après titre, on désespère de trouver une seule occasion de s’enthousiasmer pour le prochain album de Stephen Malkmus & The Jicks qui sortira mi-mai chez Matador. Sparkle Hard en est à son troisième morceau révélé (on ne le dira jamais assez, cette technique marketing consistant à éventer la moitié d’un album avant sa sortie est une aberration) et le moins qu’on puisse dire est qu’on peine à y trouver un quelconque intérêt. Après le passable, assez anecdotique mais soyeux Middle America, l’assez terrifiant et enjoué Shiggy, l’ancien leader de Pavement (dont les travées bruissent d’une reformation l’an prochain pour fêter son 30ème anniversaire) a révélé il y a quelques jours un nouveau morceau « people » chanté en duo avec Kim Gordon, l’ancienne Sonic Youth.

Refute est… une chanson country, un duo à deux voix qui évoque l’infidélité d’une femme pour un « jeune homme au pair ». Si les harmonies vocales sont bien menées et si on peut éprouver un certain plaisir clandestin à entendre côte à côte les deux légendes du rock indé, la chanson n’en reste pas moins très… country et peu mémorable. Inspirée par l’univers de Nashville, le morceau met en scène une femme infidèle, ce qui est présenté par Malkmus comme la véritable originalité du morceau. Quittée par Thurston Moore, il y a quelques années, pour une jeunette, histoire sur laquelle elle était revenue assez longuement dans son autobiographie, Kim Gordon sait de quoi elle parle quand il s’agit d’évoquer ce genre de situation. Pour le reste, c’est atrocement ennuyeux, lent et insignifiant. Le texte n’est guère mieux, chaque protagoniste étant amené à raconter l’histoire de son point de vue.

This is a verse about a woman who dared
To fall head first for her young au pair
Middle-class values and normalcy
To her that was so last century
She wooed her with Ritalin and drugged me high
Egon Schiele prints and French fries
The kind of story made for the stage
The kind of story just jumps of the page
I tell you…

Sparkle Hard, le nouvel album, porte, sur ses trois premiers morceaux, très mal son titre. Ca sent le gaz plus que cela ne pétille, même si le côté uptempo et festif de Middle America, une balade pas si médiocre, pouvait faire illusion. Est-ce que Sparkle Hard sera juste insignifiant ou parviendra-t-il à être simplement plaisant ? On se dit que c’est à peu près tout l’enjeu qui reste. Histoire d’habiller tout cela de modernité, Malkmus et Matador ont mis en ligne un site où on peut générer à partir d’une liste Spotify l’album en en mélangeant les chansons (ordre aléatoire) ou en altérer la couverture. Sparkle Hard pour s’amuser. S’il n’y a plus que ça à faire…

Malkmus et ses Jicks s’aligneront en novembre à Paris pour le festival Pitchfork. Malgré tout le mal qu’on en dit, on ira peut-être prendre sa ration comme les fois précédentes de Cool America.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

Daisy Mortem planque l’arête sous le carnage

De retour en France le 14 novembre à Montpellier, pour un tour...
Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *