Paul Banks fait Muzz Muzz et c’est royal

MuzzOn s’est fait surprendre par cette affaire qu’on avait pas vue se mettre en place, même si la nouvelle court depuis mars. A se demander si on n’était pas retenu prisonnier contre notre gré pour une raison ou une autre…

Après une escapade plutôt convaincante avec le RZA, pour Banks & Steelz(il y a quatre ans déjà) et bien sûr sa série d’albums solo (Julian Plenti etc), le leader vocal d’Interpol, Paul Banks, et meilleur chanteur du monde devant l’éternel, s’offre une nouvelle respiration au sein d’un collectif baptisé Muzz qui regroupe, outre lui-même, le batteur de The Walkmen Matt Barrick et le musicien et producteur Josh Kaufman. Les trois hommes se connaissent de très longue date et n’avaient jamais collaboré ensemble.

Le résultat prend la forme d’un album entier, déjà disponible depuis quelques jours, porté par les deux singles exploratoires que sont Knuckleduster et Red Western Sky. On reviendra forcément sur l’album entier, mais les deux morceaux qui bénéficient d’ores et déjà d’un clip sont assez caractéristiques de ce qu’on trouvera tout au long de ces douze titres : un rock patrimonial, typiquement new-yorkais, qui se situe quelque part entre l’Americana électrique et classique de The Walkmen justement et l’élégance soyeuse de The National (groupe avec lequel Kaufman a joué). Autant dire que Muzz ne rue pas dans les brancards et ne réjouira pas tant que ça ceux qui maudissaient déjà le tempo ralenti et pépère des derniers Interpol : Muzz ressemble à du Julian Plenti en moins expérimental et en plus rondouillard.

C’est lent et beau comme si le groupe recherchait en permanence à sonner profond et authentique. L’album bénéficie toutefois de compositions soignées et inspirées et de l’excellente dynamique qui naît entre la voix de baryton de Banks (indépassable ici et mise en valeur comme jamais) et le jeu de batterie très organique de Barrick. On dira que ce n’est pas le disque le plus original du moment mais impossible de rester indifférent.

A côté de Muzz, Matt Berninger peut aller se rhabiller. On tient notre album de vieux new-yorkais de l’année, le plus chic et le plus underground. Paul Banks est le prince du cool. Le plus beau et le plus détaché. Le plus intelligent et le plus grave. Bad Feeling à l’ouverture est une tuerie. On ne sait pas trop pourquoi Muzz s’appelle Muzz. Musique ou museau. Un mot d’argot qu’on ne connait pas. Ce groupe fait une entrée fracassante et ne risque pas de se casser le bout du nez. On peut y aller les yeux fermés. Cet album est merveilleux.

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