T’es Kinks ou t’es Cure : éditions de luxe, de qui se moque-t-on ?

The Cure - Wish

Robert Smith avait promis qu’il y aurait bien un « nouveau » disque de Cure avant la tournée de rentrée. On espère qu’il ne nous l’a fait pas à l’oseille et qu’il s’agira bien d’un NOUVEL album et pas simplement de cette fameuse réédition des 30 ans de Wish en collector Deluxe qu’on désespérait de voir venir dans la continuité de l’entreprise démarrée il y a maintenant un paquet d’années par le groupe.

On ne dédaigne toutefois pas l’objet qui a le mérite de se présenter sous une forme très abordable (dans une version simple ou triple CD/LP, sous la barre des 20/30 euros) : Wish, sorti en 1992 donc, est probablement le dernier bon album de Cure en date, disons celui qui s’écoute avec plus d’excitation et d’envie que de respect pour les services rendus et d’habitude. D’aucuns diront qu’on est trop sévère et que… Wild Mood Swings Bloodflowers est aussi un… chef-d’œuvre mais on a jamais poussé la fan attitude jusque là. Édition deluxe donc pour cet excellent disque, tout en guitares et en romantisme dont on continue d’adorer la construction impeccable (Open/End en miroir), les grandes envolées (The Edge of The Deep Green Sea, le sublime To Wish Impossible Things) et aussi les décrochés acoustiques ou pure pop (Friday I’m In Love of course ou l’impec Doing the Unstuck).

Côté bonus, puisque c’est la raison d’être de ces rééditions, il faut avouer que des 3 CDs on attend pas grand chose : réédition du disque, plus 2 disques de faces B et démos de titres mineurs, agrémentés de quelques versions live qui ne nous disent rien qui vaillent. Si vous avez rêvé d’accéder ENFIN à la démo de The Big Hand (un bon titre sur la masturbation), de Wendy Time ou de Letter To Elise, ce Wish Deluxe est fait pour vous. Vous récupérerez par la même occasion la totalité de la curiosité Lost Wishes (sorti en 1994) qui reprenait 4 inédits (quand même assez mineurs) : Ulyea Sound, Cloudberry, Off To Sleep et The Three Sisters. Tout ceci se négocie assez cher sur le net (compter 80 euros) et est évidemment en accès libre sur youtube depuis belle lurette.  Évidemment, on achètera le disque mais quand même…. est-ce bien raisonnable alors qu’on nous bassine avec la sobriété écologique ?

The Kinks - The Kinks – Muswell HillbilliesOn se demanderait presque si on aurait pas intérêt à la place (ou en plus selon ses ressources) à investir dans l’édition deluxe que propose à peu près au moment les anglais de The Kinks, lesquels rassemble dans un format similaire dit du « 50ème anniversaire » (hé oui) Muswell Hillbillies’ / ‘Everybody’s In Show-Biz-Everybody’s A Star’, soit deux disques plutôt cool de ce qu’on considère comme leur période américaine. Muswell Hillbillies est carrément mieux que l’autre. Nous sommes à cette époque en 1971. Les Kinks en ont marre de l’Angleterre et veulent développer des albums concept, conquérir l’Amérique et pouvoir enrichir leurs prestations avec des danses. Faire le show. En signant chez RCA, ils pensent s’ouvrir les portes du continent et sortent paradoxalement un album très anglais qui raconte leur jeunesse et la vie dans les banlieues de Londres. On ne va pas faire la leçon ici : Muswell Hillbillies est excellent. L’autre disque est bizarre, composé pour partie de titres live et de chansons enregistrées pendant leur longue tournée américaine. Ray Davies embrasse ici son rêve américain, les deux disques se complétant au final assez bien. L’édition Deluxe prend des proportions démesurées avec une édition 6LP et 4 CD qui regorge de trouvailles, lives, et démos/versions alternatives. C’est BMG qui vend la soupe et on imagine le soin apporté à une production qui s’accompagne d’un livret d’une cinquantaine de pages.

Cure ou Kinks ? Doit-on jouer le jeu de l’accumulation et encourager ses éditions deluxe ou s’abstenir en revenant simplement aux albums originaux ? La pratique veut que ces éditions une fois écoutées ne sortent guère de leur étui. On a bien la satisfaction de posséder mais force est de constater que notre oreille va rechercher le plus souvent l’album original que tout ce qui l’entoure. Emprunter ces trucs à la médiathèque ? Les écouter en ligne ? C’est sans doute la solution la plus sage si on veut économiser son pognon (pour acheter de l’essence ou prendre l’avion) et les ressources de notre planète.

Oups… l’intégralité (ou presque) du collector de Cure nous a échappé….

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