The Apartments / In And Out Of The Light
[Talitres]

7.5 Note de l'auteur
7.5

The Apartments - In and Out of the LightL’introduction de Pocketful Of Sunshine est somptueuse : le ton est grave, les musiciens restent sur la retenue et s’installent discrètement, pour laisser le maître des lieux entrer en scène et poser l’ambiance de In And Out Of The Light (Talitres), le deuxième album en cinq ans depuis le retour sur le devant de la scène de The Apartments. On comprend très vite, dès l’écoute des premières nouvelles compositions, que l’Australien a opté pour la pose méditative plutôt que la ballade sautillante – et évidemment, cela fait longtemps qu’on espère plus des saillies épiques. Il ne faut donc pas chercher sur ce septième album à (re)trouver la ferveur et la fougue qui rendaient toxiques les premières œuvres du poète maudit et musicien génial. On frôle même l’effondrement parfois et mieux vaut-il avoir foi en l’avenir pour ne pas sombrer à l’écoute de ces 8 chansons (un format qu’on imagine formaté pour tenir sur un disque vinyle en 33 tours). Les plus critiques risquent donc de se détourner et de s’agacer par la posture, qui peut paraître maniérée et calculée pour qui n’aurait pas fait de longs séjours autrefois chez The Apartments : mid-tempo millimétré, chœurs appliqués et mise en scène vocale théâtrale, arrangements parfaitement exécutés (cuivres, cordes, piano…). La stature d’icône romantique de Peter Milton Walsh écrase ses propres compositions par moment. Fort de sa capacité à composer des odes à la mélancolie, ses compositions ne manquent pas de qualités et l’orchestration est toujours aussi ambitieuse. Mais, lorsque ceux qui ont réussi à faire sortir Walsh de son mutisme, musiciens-amis-passionnés (Emmanuel Tellier, le duo Grisbi, le label Talitres, quelques autres encore en France, sa terre d’asile), il y eut alors de l’envie, de l’allant dans cette rédemption. Les sourires complices se voyaient sur scène et cela s’entendait sur disque.

Aujourd’hui cette fièvre créatrice semble s’estomper : chacun a pris la place qui lui était attribuée. Il y a le leader, qui compose et interprète, au centre de la scène et du studio, et ceux qui l’accompagnent avec un respect écrasant, comme s’ils espéraient l’absolution. On apprécie ce disque parce qu’il est chaleureux et que les œuvres de The Apartments ont longtemps été un foyer réconfortant. Heureux embrasement, What’s Beauty To Do ? ravive la flamme et rend foi aux fidèles. On comprend, là, sur ce morceau, lorsque enfin le patron lâche prise et la bride, pourquoi cet album est signé the Apartments et non pas Peter Milton Walsh and His Band. Ailleurs, comme sur le très beau I Don’t Give A Fuck About You Anymore, on attend vainement l’incendie, pour que le rideau de fumée se dissipe enfin, que les codes soient consumés, et que se révèle la fêlure.

Comme toujours avec The Apartments, il n’est pas nécessaire de souligner à quel point cet album est d’une élégance rare. Mais nombre risquent de le taxer d’engoncement. Il faudra alors pointer ces trop rares moments, où tout est un peu moins impeccable, justement.

Tracklist
1. Pocketful Of Sunshine
2. Write Your Way Out Of Town
3. Where You Used To Be
4. What’s Beauty To Do?
5. Butterfly Kiss
6. We Talked Through Till Dawn
7. I Don’t Give A Fuck About You Anymore
8. The Fading Light
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