The Mystery Lights ou comment mettre du garage dans sa vie

The Mystery Lights - Too Much Tension!C’est si bien fait que ça ressemble parfois à un parfait Spinal Tap garage. Le rock des New Yorkais de The Mystery Lights est un mélange d’énergie punk, de fougue adolescente (même si le groupe s’est formé il y a 15 ans) et de savoir faire rétro-chic. Leur album Too Much Tension! (mouais) est pour bientôt et cela commence à bruisser dans les travées, à l’écoute des singles successifs. Il se pourrait bien qu’on tienne avec ces fringants gaillards les successeurs de (au choix) The KillsJay Reatard ou Make Up. Ok, les comparaisons sont hasardeuses. Ils sont moins inspirés que les premiers, moins trash que le deuxième et beaucoup moins funky que les derniers, ce qui n’enlève rien à l’intensité et à l’impact de leurs dernières livraisons.

Emmenés par leur chanteur et guitariste Mike Brandon (un nom impeccable, il faut l’avouer), les Mystery Lights n’en sont pas à leur coup d’essai puisqu’on les avait croisés, il y a trois ans déjà, pour un premier album en forme d’entrée en matière tonitruante, lui-même précédé par une série de singles antérieurs à leur arrivée sur le label (soul) Daptone qui a ouvert avec eux sa sous-section rock, Wick Records. Ceux qui considèrent que Ty Segall a fait beaucoup de mal au rock garage en en popularisant et en en industrialisant la formule se moqueront aisément des sonorités rétro de I’m So Tired ou de la prévisibilité extrême d’un Traces mais les Mystery Lights déploient leurs moyens classiques avec un brin d’habilité qui confère à leur musique un vrai charme et une souplesse soul qui relèvent l’ordinaire du garage US. Le premier album s’inscrivait vraiment dans un strict respect du cahier des charges de ce teenage rock. Les extraits du nouvel album ne trahissent pas une immense évolution.

Brandon et Luis Alfonso, les deux piliers du projet, ont fait état de leur amour pour The Fall. On peut en lire quelques traces ici. Le recours à des proto-synthés et à un son dépoli ajoute à la résonance post-punk, sans qu’on soit pleinement convaincu par la pertinence de recréer d’aussi près des sonorités qui ont désormais 40 ans. A l’oreille, Traces sonne toutefois merveilleusement bien et nous projette en quelques minutes au coeur d’une bulle temporelle estampillée New Yok 1977. Tout le monde s’amuse et y trouve son compte. Il y a de vrais punks qui s’amusent dans la boutique de luxe. Que demande le peuple ?

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