Topographies / Ideal Form
[Funeral Party Records / Medication Time Records]

8.5 Note de l'auteur
8.5

Topographies - Ideal FormPour fuir la sinistrose de la période des « fêtes » de fin d’année en mode confiné, la toile offre quelques belles découvertes pour qui veut bien se perdre dans le dédale des batcaves. En essayant de suivre un synclinal, on a pu plonger dans la profondeur des milieux dématérialisés, au creux desquels se logent les roches métamorphiques les plus récentes. Ainsi c’est en furetant du côté du label américain artisanal mais en passe de devenir culte, Funeral Party Records (qui héberge également les excellents Fearing) qu’on est arrivé jusqu’à Topographies. Si notre atlas cartographique avait été à jour, on n’aurait pas eu besoin de passer par le Kentucky puisque le premier album du trio est également paru au format cassette (on ne peut pas faire plus hype) via le label français Medication Time Records.

Au moment donc où on alimente notre passion jamais inassouvie pour la géomorphologie des musiques souterraines, Topographies jouit d’ores et déjà d’une belle réputation. En effet, le trio a déjà réalisé un quarteron de formats courts dont deux EP parus il y a seulement quelques mois, Difference & Repetition (Medication Time Records) et Not My Loneliness, But Ours (Dream), qui ont animé le microcosme darkwave. De fait, toutes ces réalisations sont désormais uniquement disponibles en version digitale (à moins d’avoir la chance de mettre la main sur l’un des jolis disques vinyles dans les bacs d’un disquaire). Surtout le groupe a vite été identifié comme le projet de Gray Tolhurst, le fils du batteur/clavier de The Cure. Et évidemment, lorsqu’on fait une musique qui ne renie pas cet héritage, cela peut vite devenir une ombre tutélaire écrasante… Mais avec Jérémie Rüest (guitare) et Justin Oronos (basse), le chanteur à l’inspiration poétique assume crânement la prophétie. Si la formule est hyper codifiée, tout comme le spectre musical bien circonscris et la formule guitare / basse / synthétiseurs / boite à rythme forcément limitée, pour autant, Ideal Forms se révèle bien plus passionnant qu’un exercice de style (quand bien même c’en est un, indéniablement). Cela tient probablement à la sincérité qui se dégage de ces huit compositions, au creux de cet entrelacs de guitares réverbérées, de ces volutes synthétiques ou du chant incarné. Bien que les ressemblances soient flagrantes, il n’y a rien qui sonne faux, ce qui constitue une singularité dans un registre où les musiciens ont souvent tendance à adopter une posture qui confine au cliché et à (se) grimer (comme) leur ainés. Le travail en studio de Chris King (Cold Showers) puis de Rafael Anton Irisarri donne un lustre très contemporain au tout.

Finalement, on cherchait au fond du thalweg alors qu’il fallait regarder sur la ligne de crête. Par contre, pas de doute, c’est bien du côté de l’ubac et non de l’adret que cette musique se joue.

Tracklist
01. Mirror
02. False Desire
03. This Evening Also
04. Image
05. See You As You Fall
06. Lonely Figure
07. Rose Of Sharon
08. A Wine Dark Sea
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