Une balade dans la forêt enneigée avec Alex Henry Foster

Alex Henry Foster - The HunterEnvie de s’échapper, de s’extraire du quotidien, d’être ailleurs, dans une maison isolée plongée dans un blanc immaculé, marcher en s’enfonçant dans la neige, traverser un lac gelé et entendre le silence de l’hiver qui a éteint la nature… Il y a tout cela dans la longue odyssée de The Hunter racontée par Alex Henry Foster. Et puis, aussi beaucoup d’autres choses, bien plus effrayantes et oppressantes dans ce véritable court métrage à l’ambiance Lynchienne réalisé par Jessie Nottola. D’ailleurs, on ne sait pas trop s’il s’agit d’une vidéo illustrant la musique ou si c’est la bande-son de la vidéo, tant les deux sont en symbiose – ce qui finalement est très rare. Mais il suffira d’écouter le morceau sans les images ou encore de plonger dans l’écoute de Windows In The Sky (Hopeful Tragedy Records – 2018), le premier album du Canadien pour mesurer sa capacité à endosser le rôle de chef d’orchestre et sa faculté à habiter ses propres compositions.

The Hunter qui constituera l’une des trois pièces de Windows In The Sky annoncé le 17 avril démontre que le leader de Your Favorite Enemies (qui semble être constitué des musiciens qui l’accompagne en live et a déjà réalisé 4 albums depuis 2006) est doté d’un charisme troublant. Car il ne suffit pas de savoir bâtir un morceau de post-rock de presque quinze minutes dans le respect des canons du genre (mélodie en montagnes russes, mélange de samples vocaux et chant narratif, guitares frondeuses, section rythmique menaçante) pour parvenir à se singulariser. Faut-il encore donner du corps, habiter le morceau pour lui donner la dimension dramatique qu’il requiert, pour dégager une telle anxiété et ferveur. Et dans ce registre-là, Alex Henry Foster excelle. L’ambiance générale est assez proche de Reigns et musicalement il y a une véritable filiation avec les références du genre que sont Explosions In The Sky, Tarentel (des débuts, avant que ça vire expérimentalo-chiant) et bien évidemment nombre de groupes de Constellation (GY!BE, Do Make Say Think, Thee Silver Mt. Zion). Mais finalement, les morceaux d’une telle puissance émotionnelle sont assez rares – et les vidéos de cette qualité, carrément exceptionnelles. Alors, s’il s’agit clairement d’un exercice de genre, celui-ci est particulièrement réussi.

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