[Video Premiere] – Les Jitter Visions de Cup débordent de partout

Cup - Jitter VisionsL’Américain d’origine polonaise Tym Wojcik est de retour avec un nouvel album, Jitter Visions, son huitième (?) qui célèbre sa rencontre psychédélique avec un synthétiseur analogique. Le New-Yorkais officie, comme toujours, sous le nom de Cup, une franchise discrète et méconnue (pour le moment) qui n’a pourtant pas grand-chose à envier en termes de prolixité et de fantaisie avec la production débridée d’un Ty Segall. Ayant officié à divers postes (batteur, guitariste, chanteur) dans divers groupes, Wojcik a fait le choix il y a quelques années de l’autonomie, prenant en charge au sein de CUP l’intégralité des fonctions. Peu à peu, la musique garage rock du bonhomme s’est ré-étoffée pour aboutir à un groupe de scène de quatre personnes, plus traditionnel, ce qui n’empêche pas le Polonais le plus hype de la Grosse Pomme de continuer à travailler en laboratoire depuis chez lui.

L’acquisition d’un synthé l’a amené, quelques mois à peine après sa précédente sortie, à composer ce nouvel album de 15 titres, rien que ça, qui sortira en série limitée vinyle (300 exemplaires) et en digital du côté du label Aagoo. En avant-première, Cup présente ce clip magnifique et insolite, Jitter Visions, qui célèbre à la perfection le mariage des sonorités synthétiques et des guitares garage, du surf rock vaguement mélodique et des distorsions. Le titre est enlevé, simplissime et puissant, emballé en deux petites minutes qui rappellent la célérité des Wavves ou le caractère incisif d’un Jay Reatard plus psyché que punk. Le terme de Jitter Visions (littéralement « visions gigotantes ») renvoie sur ce morceau aux troubles de la vision qu’engendre la contemplation prolongée d’un écran ou d’un poste de travail. Par extension, Cup désigne les perturbations qu’on peut rencontrer à force de s’investir dans une « vie normale ». Il fait référence ici à son propre statut, puisque le bonhomme a conservé assez longtemps un travail de bureau alimentaire pour financer sa « vraie vie » de musicien… le soir venu.

Le morceau confirme les bonnes dispositions dévoilées avec le précédent morceau, Magic Planet, dont l’esthétique du clip répond à la même envie de secouer le raisonnable. L’animation de Jitter Visions est cette fois signée Etienne Puaux, un jeune illustrateur français de 21 ans, dont la cote pourrait bien décoller prochainement, dans un registre pop art très soigné mais qui donne un peu mal aux cheveux. Avec de tels singles et de tels talents à la réalisation, il se pourrait bien que Cup réussisse avec cet album à attirer enfin les projecteurs sur son travail. C’est tout le mal qu’on lui souhaite en tout cas, Wojcik étant l’un des véritables talents naturels d’un genre qui sombre parfois dans la caricature du jmenfoutisme.

Sombre et tordue, la musique du Polonais est l’une des plus intéressantes et les plus radicalement novatrices de l’autre côté de l’Atlantique. Qu’on se le dise.

Tracklist
01. Runny Rummy
02. Magic Planet
03. Daydream Machine
04. Eye See
05. Gum Boy
06. Freddie’s Bounce
07. Liquid Grid
08. Caffeinated Lover
09. Cosmic Brain
10. Jitter Visions
11. Inverted Void
12. Spell Limbo
13. Time Attack!
14. It’s Calling For You
15. Wide Eyed
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