Wild God : et Nick Cave arrête d’être chiant !

Nick Cave - Wild GodCe n’est évidemment pas un hasard. Les Bad Seeds reviennent en force/forme et on semble en avoir fini avec le Nick Cave au ralenti qui pleurait comme un dieu mais avait fini par nous ennuyer à mourir. Ghosteen avait éveillé chez nous quelques réserves, difficiles à exprimer compte tenu du contexte d’écriture de cet album. L’Australien sur scène n’avait plus grand chose à voir avec la furie qui nous avait enchanté jusqu’au milieu des années 90, si bien qu’on se reprend à espérer en un retour du mojo, pour ce 18ème album studio du bonhomme. Le mixage est assuré par Dave Fridmann avec une production maison de Cave et Warren Ellis.

Sur le premier extrait de ce nouvel album, Wild God (titre du LP et du single donc), on retient plus que la pige de luxe assurée par Colin Greenwood de Radiohead, le groove qui s’exprime dès l’entame dans la musique et la voix de Nick Cave et des Bad Seeds. Cela faisait une éternité qu’on avait pas entendu un Nick Cave aussi bluesy, aussi prompt à surfer le sourire malin aux lèvres sur l’accompagnement mi-rock, mi-jazz, mi-blues (et oui, ça fait 3 demies bien sûr) de ses comparses. Wild God repose sur un crescendo en deux temps et l’introduction d’un cœur façon gospel qui vient assurer l’ascension harmonique sur laquelle Nick vient s’appuyer. Autant dire que le final est somptueux, élevé, œcuménique, habité, splendide, aérien, divin.

We’re moving ’round the world
Yeah, and he’s swimming at the end of the rotting pier
He swims to the end of his rotting idea
Swim to the hymn, swim to the prayer
And bring your spirit down
I’m a wild God, baby, I’m a wild God
Well, here we go, yeah, here we go

L’histoire de ce dieu sauvage à la quête d’une fille perdue à Jubilee Street (et morte en 1993) est somptueuse et rappelle les comptes de Neil Gaiman pour ses American Gods. Cave est évidemment toujours habité par une religiosité et une spiritualité qu’il explore depuis plus de quarante ans, mais semble de nouveau lui redonner une incarnation. Aux anges et aux esprits fantômes de Ghosteen, aux allégories barbantes de Skeleton Tree et à l’érotisme surjoué de Push The Sky Away, Cave préférerait-il à nouveau les dieux qui descendent parmi les mortels, boivent des goûts et ne rechignent pas à se frotter à la corruption et aux passions. C’est ce Nick Cave vénéneux et tiraillé entre le ciel et la terre que nous donne à voir et à entendre ce retour magique. On espère que le disque sera aussi bon et dynamique que ce single. Il faudra attendre le 30 août pour juger l’album, qui sortira chez PIAS, à la fin de l’été donc.

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