Theo Hakola jette un nouvel album à l’eau (mouillée)

Theo Hakola - Water Is WetOn a toujours eu ici le plus grand respect pour la musique (et la personne) de Theo Hakola. Le plus baudelairien des chanteurs américains a démarré sa carrière avec Orchestre Rouge (sur une production initiale de Martin Hannett) avant de connaître un embryon de reconnaissance alternative avec Passion Fodder. Depuis 1992, il trace sa route en solo avec une œuvre heurtée (et dont on avoue n’avoir pas tout suivi) rock, blues et néo-réaliste sans véritable équivalent, oeuvre poétique et sombre, mais aussi politique et engagée à l’image du très beau This Land Is Not Your Land de 2012.

Water Is Wet succède, dans une production touffue mais de plus en plus espacée, à I Fry Mine In Butter en 2016, album qu’on n’a pas écouté, et à diverses productions pour des films ou travaux spécifiques comme un spectacle (qu’on recommande à l’aveugle) de lecture instrument/voix du Dracula de Bram Stoker avec le comédien Jacques Bonnaffé (le 13 décembre à la Maison de la Poésie).

L’eau est humide, donc, sortira le 24 janvier 2020 sur Microcultures et est précédé d’un clip un peu cheap en illustration d’une belle chanson classique, Who The Hell?, qui témoigne que les qualités d’écriture du chanteur sont intactes. Sa voix caractéristique n’a pas vieilli, chaînon manquant entre Nick Cave et Peter Perrett, et son écriture est toujours aussi généreuse (trop) et littéraire.

All the spaces you once lit up have gone black with blues so big
Colors have all been drained from life, like blood from a stuck pig
LOVING YOU FOR TOO LONG, don’t know how to live SINCE YOU’VE BEEN GONE
Don’t know nothing better than to sit here writing another stupid song

Theo Hakola parle d’amour, de lui, de rock et écrit des chansons comme on consume sa vie, par nécessité absolue. C’est cette urgence permanente et cette sincérité totale qui l’animent depuis plus de quarante ans maintenant (il a 65 ans) et qu’on aime retrouver de temps à autre, avec cette distance polie mais affectueuse d’avec les talents de « second rang », trop petits peut-être pour changer la vie, mais suffisamment grands pour éclairer et accompagner quelques moments importants de notre vie. La pochette de l’album est magnifique de simplicité.

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