Découverte du mois / de l’année (?) : Chicago Fire: trouve la sortie de slowcore

9.2 Note de l'auteur
9.2

Chicago Fire - Then, the monarch flewSi vous avez jamais vibré au rythme ralenti des Idaho, Beadhead, Codeine et autres Red House Painters, la nouvelle sortie du label de Boston, Candlepin Records, qu’on fréquente assidument depuis quelques années maintenant, devrait vous faire descendre le pouls au delà de ce qui est permis. Le slowcore américain est de retour et Chicago Fire: est la nouvelle étincelle qui met le feu à ce fabuleux brasier silencieux. On ne connaissait pas cet ensemble venu de Philadelphie avant la sortie de ce qui ressemble à un très gros EP ou à un album (le disque sort en cassette et en numérique exclusivement) intitulé Then The Monarch Flew. D’après leur Soundcloud, le groupe existe et diffuse de la musique depuis au moins quatre ou cinq ans, mais n’a pour le moment pas trouvé de grand écho médiatique.

On espère que la nouvelle sortie permettra à quelques uns de jeter une oreille attentive sur ce disque remarquable qui met en avant les talents de compositeur et d’interprétation du leader Benji H. Myles, seule personne qu’on a réussi à identifier après enquête, derrière ce groupe. Peu importe qui joue, leur âge et leur origine, les Chicago Fire: ont l’air de porter sur eux toute la misère et la langueur de l’Amérique. L’ensemble est triste, lent à mourir et pesant comme une botte de fonte. Le titre Northern Star a un chouette clip que visiblement on aura été le premier à voir. Simple et génial. Le texte mérite d’être lu avec attention car on avait rien lu de plus désolé, suicidaire et affolant depuis le décès de Mark Linkous, le génie de Sparklehorse. Cela n’est évidemment pas très encourageant mais c’est dire à quel niveau on se situe ici.

A car is burnin’ on the interstate. And you said the burnin’ skin was givin’ you a headache So I asked, what the hell did you just say?
Because I couldn’t believe it, and you didn’t say anything A man-made gasoline-fueled fire his body brighter than the northern star And Lord, it’s wrong, but lately I’ve been thinkin’ How I wish that I was in that car
So I stalled my car on the railroad tracks Because I’m tired of waiting for the Lord to love me back And I’ve tried my best, but nobody can tell and since I’m not perfect, He’s damning me to hell
But she gets forceful when she’s been drinkin’ And I’m too afraid to say that I’d rather watch TV So now I act like I am not feelin’ her hands, unbuckling my jeans

Le chanteur finira-t-il par s’immoler par le feu dans sa voiture ? Le plus tard possible on l’espère. Myles a sorti son petit bonhomme O’Cedar en bois pour illustrer chacune des huit chansons du disque et on ne peut pas s’empêcher de trouver cela fascinant et hypnotique. Ca parle famille (le frère fantôme sur Cincinnati, run like the wind), mort (sur le sinistre et splendide I Want To Follow You Down) et noyade par accident (sur le terrible Water Strider). Cette dernière chanson est particulièrement bouleversante et rappelle la détresse poétique du Will Oldham des débuts, avec moins d’âpreté et de rudesse. Le texte est terrible de concision macabre :

I went down to the creek, to watch the striders float./
but the stream had flooded, killing all my friends./
it was on my birthday, on my birthday, i turned nine. and on my birthday, all the striders died.

Joyeux anniversaire Benjamin. On peut précommander la cassette ou acheter l’album numérique via Bandcamp (voir ci-dessous). Sorti le 5 décembre, ce disque surprise a toutes les chances d’intégrer notre top albums imaginaire.

Tracklist
01. I Want To Follow You Down
02. Northern Star
03. Grand Escape
04. Cincinnati, Run Like The Wind!
05. Sleepwalkers
06. Losing Every Battle
07. Monarch Song
08. May We All Find Peace, Even Those Too Small To Sing
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2 Commentaires
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Calaferte
Calaferte
3 mois il y a

Merci, merci Benjamin pour cette magnifique découverte.
Il m’a fallu trois écoutes pour sentir une irrépressible envie d’y revenir
Je me suis toujours dis ça, la nécessité d’une pluri- écoute avant que ne se dévoile toute beauté.
Des années que cela ne m’était arrivé