Les Instantanés d’Imara #35 – Le jukebox du (retro) gamer

Le jukebox du rétrogamerLe jeu vidéo est une sous-culture, au même titre que le rock’n’roll, le hip-hop, le skate ou le surf. Une sous-culture avec ses codes, son vocabulaire, ses références et ses icônes. Et comme la bande-dessinée et l’animation, le jeu vidéo a longtemps été un loisir méprisé réservé aux enfants. Et quand les adultes “sérieux” et “respectables” et les psychiatres voient d’un mauvais oeil et ne comprennent pas une nouveau phénomène, c’est généralement bon signe, l’Histoire nous l’aura prouvé. Une sous-culture n’appartient qu’à ses adeptes, dans laquelle ils se trouvent une identité autre que celle qui a été attribuée volontairement à la naissance (origine ethnique, culture, religion, classe sociale..). Mais les sous-cultures, ou au moins beaucoup d’entre-elles finissent par se généraliser avant d’être récupérées. Ce qui était marginal, mal vu, méconnu finit par être normalisé, récupéré et devient tendance. Ce fait concerne autant le rock que le rap, la bd ou en l’occurrence, les jeux-vidéos. Comme le rock n’est plus l’apanage des rebelles en cuir, le jeu vidéo ne concerne plus seulement les enfants ou les asociaux à lunettes (appelés geeks ou nerds), bien que le gaming reste encore un peu sujet à l’ignorance et aux préjugés par une partie de la population. Il est même entré au musée ces jours-ci: grâce à (ou à cause de, c’est à vous de voir) la récente ouverture d’un Musée du Jeu Vidéo en banlieue parisienne et par une exposition consacrée à la musique de jeu vidéo qui se tient en ce moment à la Philarmonie de Paris. La musique et le jeu vidéo, c’est une grande histoire: comme pour le cinéma, l’art qui influence grandement cette discipline, la musique y tient une place importante. Elle rythme l’action, les péripéties des personnages (quand il y en a), la montée de la difficulté au fur et à mesure que l’on avance et crée l’ambiance du jeu dans son ensemble ou dans certains niveaux.

D’abord simples “bip-bip” ponctuant les jeux d’arcade de la fin des années fin 70 (Pong, Space Invaders, Pac-Man), la musique de jeu vidéo se développe dans les années 80 avec l’arrivée des consoles de salon (Atari 2600, NES, Master System-ainsi que la GameBoy, à la fin de la décennie, bien qu’étant une console portable-) pourvues de puces sonores avec lesquelles les compositeurs créent les mélodies illustrant nos jeux préférés. Dans la décennie suivante, les musiques des jeux des consoles 16-bit (Super Nintendo, Megadrive) sont composées avec des synthétiseurs dont le son est compressé au maximum pour les faire rentrer dans une cartouche, avant le passage des jeux sur support CD (Playstation 1) ouvrant la voie à des compositions plus élaborées, avec des instruments traditionnels. Si de nos jours les musiques de jeux vidéos sont interprétées par de grands orchestres, comme de véritables musiques de films, les musiques des anciens jeux ont pourtant un charme particulier (on pourrait dire désuet) conféré par ces sons typiques, dûs aux limitations techniques. Des contraintes qui n’ont pas empêché les compositeurs de faire preuve d’une grande créativité, créant des mélodies qui ont marqué l’enfance, la jeunesse de certains d’entres-nous et qui refont parfois surface dans nos esprits qu’elles n’ont jamais quitté. Ces mélodies électroniques primitives sont par ailleurs (et disons le) musicalement bien meilleures et bien plus recherchées que les tubes des hits-parades de ces trente, quarante dernières années, sempiternelles ritournelles déjà médiocres de leur temps pourtant source de bons souvenirs pour beaucoup.

Voici donc une sélection subjective de musiques de jeux vidéos, à la fois constituée de thèmes de jeux que j’ai aimés, de découvertes lors la rédaction de cette chronique et d’une poignée d’incontournables. Un juke-box personnel du gamer, ou plutôt du retro-gamer, puisque les jeux présentés ici ont au moins trente ans: la rétromania chère à cette revue ne concerne pas seulement la musique…Mettons une pièce dans le jukebox et appuyons sur Start.

Koji KondoSuper Mario Bros Theme

Si le jeu vidéo était un pays, ce serait son hymne. Composé par Koji Kondo en 1985 pour le jeu du même nom sur NES, le thème de Super Mario Bros est un standard absolu, connu de (pratiquement) tous, même ceux qui n’ont jamais touché à une manette et a été repris à toutes les sauces.

Ce morceau est à la musique de jeu vidéo ce que Be-Bop A Lula ou Louie Louie est au rock n’roll. Un air simple et accrocheur inspiré notamment par le calypso qui a marqué la culture populaire jusqu’à entrer au registre américain des enregistrements en 2023, et qui marque la première des nombreuses et fructueuses collaborations entre Shigeru Miyamoto (développeur de Nintendo ayant crée les jeux Super Mario et Zelda) et Koji Kondo.

Hirokazu TanakaTetris Theme A

Le jeu le plus vendu sur GameBoy (et pour cause: il était livré avec la console dès sa sortie en 1989) et un des plus célèbres jeux vidéos, même par ceux qui n’y connaissent rien. Crée en 1984 par l’ingénieur soviétique Alexei Pajitnov puis distribué par Nintendo, ce jeu simple mais prenant consiste à gagner le plus de points possibles en formant des lignes avec les pièces géométriques qui apparaissent à l’écran, appelées tétrominos. Si Tetris est devenu aussi populaire, c’est également grâce à sa musique et plus particulièrement le Thème A. Basé sur une chanson folklorique russe, Korobeiniki, cette mélodie est restée gravée dans la tête de millions de personnes et constitue un des “tubes” du jeu vidéo.

Kinuyo YamashitaVampire Killer (Castlevania)

Castlevania est le premier jeu d’une longue série qui a bien changé au fil du temps. Dans ce premier opus sorti sur NES en 1986, on incarne Simon Belmont, qui éradique à coups de fouet les vampires et plus généralement un bestiaire (loups-garou, zombies, démons…) tout droit sorti d’un disque de Roky Erickson, avec des références aux vieux films d’horreur en prime. Castlevania est un classique de la console NES et du jeu vidéo en général, et sa bande-son n’y est pas pour rien, comme le thème du 1er niveau, Vampire Killer.

A écouter en chassant les moustiques de votre chambre à deux heures du matin.

Tadashi KimidjimaBubble Bobble Theme

Un jeu d’arcade de 1986 adapté par la suite sur plusieurs consoles de l’époque où l’on suit deux petits dragons qui crachent des bulles dans lesquelles ils y enferment leurs ennemis. Le côté enfantin (ce n’est pas péjoratif) du jeu est grandement accentué par la musique de la compositrice Tadashi Kimidjima, aux allures de fête foraine évoquant l’innocence et les jours heureux et déjà lointains de l’enfance.

Yoshiro SakaguchiMoon Theme (Duck Tales)

Adaptation en jeu vidéo du dessin animé La Bande à Picsou, inspiré par les bandes dessinées de Carl Barks où l’on suit les aventures du richissime Picsou et de ses neveux Riri, Fifi et Loulou. Moon Theme est comme son nom l’indique, la musique qui joue sur le niveau où l’Oncle Picsou est sur la lune. Une composition optimiste, porteuse d’espoirs qui monte en crescendo, tel un engin volant quittant la Terre pour rejoindre les étoiles. La mélodie est devenue culte chez les retro-gamers et les amateurs des canards de Disney, si bien qu’elle figure dans la bande-originale du récent remake du dessin animé.

David WiseAquatic Theme (Donkey Kong Country)

L’anglais David Wise compose ce titre pour la bande originale du jeu Donkey Kong Country sorti sur Super Nintendo en 1994. Cet excellent jeu de plateforme mettant en scène l’ancien ennemi du plombier Mario est un des meilleurs du genre et de la console, notamment pour sa bande-son. Dans les jeux de plate-forme, les niveaux aquatiques sont souvent les plus agaçants, mais ont aussi de jolies musiques comme ce Aquatic Ambience d’une étonnante beauté. Le morceau se développe lentement, avec des nappes de synthétiseur, des percussions discrètes, quelques samples de harpe et une espèce d’harmonica lui donnant une atmosphère nostalgique et contemplative.

Aquatic Ambiance est depuis un titre culte pour beaucoup de gamers. Et dire que c’était juste pour accompagner des primates chevauchant un espadon sous l’eau…

Koji KondoDungeon Theme (The Legend of Zelda) / Fairy Fountain (The Legend of Zelda: A Link to the past)

On retrouve Koji Kondo, mythique compositeur pour les jeux Nintendo à travers l’autre franchise qui a fait sa renommée: The Legend of Zelda, également crée par Shigeru Miyamoto. Dans ce jeu d’aventure, on incarne Link, un elfe vêtu de vert chargé de sauver la princesse Zelda et le royaume d’Hyrule des griffes du sinistre Ganondorf.

Si Zelda reste encore une saga vidéoludique majeure quarante ans plus tard, c’est aussi grâce à la qualité de sa musique, et ce dès le premier volet, The Legend of Zelda paru sur NES en 1986. Les bases du jeu sont posées, ainsi que son fameux thème principal. La musique des donjons n’est pas mal non plus: c’est une ballade chiptune à la fois lugubre mais apaisante qui retient toute mon attention et qui curieusement, a rarement été repris dans les jeux suivants. A noter que ce morceau a été inspiré par April de Deep Purple. Le rock progressif aura au moins eu un bon côté: inspirer les compositeurs de musiques de jeux qui ont réduit les envolées lyriques et les interminables solos en de charmantes mélodies 8-bit.

Fairy Fountain est en revanche un morceau récurrent dans les jeux Zelda. Cette ravissante berceuse angélique (ou plutôt féérique) est apparue pour la première fois dans A Link To The Past sur Super Nintendo en 1992, avant d’être popularisé par le jeu suivant, Ocarina of Time sorti sur Nintendo 64 en 1998, un jeu unanimement célébré qui fera de l’elfe Link le plus célèbre des joueurs d’ocarina (une sorte de flûte) depuis Reg Presley.

Y-a-t-il encore des ignares qui osent dire que les jeux vidéos rendent violent après avoir entendu Fairy Fountain ?

Junichi Masuda – Rocket Hideout (Pokémon Version Rouge et Bleu) / National Park, Dark Cave (Pokémon Or et Argent)

Bah ouais, Pokémon. Ne faites pas cette tête-là.

Si cela vous évoque la frénésie acheteuse de bambins qui une vingtaine d’années auparavant voulaient tous les attraper (jusqu’à disparition des fonds bancaires de leurs parents) et l’animé gnan-gnan et redondant qui a suivi, les jeux Pokémon (du moins les premiers) présentent un certain intérêt et sont tout à fait sympathiques, notamment grâce à leurs musiques. Les compositions de Junichi Masuda pour les jeux Pokémon sur GameBoy illustrent parfaitement le concept du “less is more” caractérisant les musiques des jeux 8-bits (parfois appelés “chiptune”), comme on l’entend sur le thème du Repaire Rocket (Rocket Hideout) sur Pokémon Rouge et Bleu. Loin des bouffons prévisibles du dessin animé, la Team Rocket est cruelle et n’hésite pas à voler voire à tuer des pokémon, ce que montre Junichi Masuda dans ce thème génialement inquiétant et hypnotique, qui tourne en boucle comme le dresseur pokémon que l’on incarne tourne sur les dalles du labyrinthe menant au chef de la Team Rocket.

Bien que n’accompagnant pas un moment clé du jeu, le thème du National Park (Parc Naturel en VF) sur Pokémon Or et Argent est une petite perle de mélancolie douce-amère sur GameBoy qui évoque le temps qui passe. Si plusieurs compositions de Masuda pour Pokémon Or et Argent ont cette atmosphère nostalgique, presque triste, c’est parce qu’à l’époque ces jeux avaient été conçus comme les derniers de la franchise et devaient marquer leur fin.

Dark Cave, toujours sur Pokémon Or et Argent, avec sa basse qui gronde et son riff obsédant est un des autres thèmes musicaux marquants de la 2ème génération des monstres de poche.

Koji KondoDire Dire Docks, Bowser Theme (Super Mario 64)

Le milieu des années 90 marque le passage de la 2D à la 3D dans le monde du jeu vidéo: désormais les jeux se sapent de polygones et les musiques évoluent, se sophistiquent grâce au CD. Une avancée technique qui ne concerne pas la Nintendo 64, puisque ses jeux sont encore sur cartouche. Mais cela n’empêche pas à Nintendo de réussir la transition 2D/3D sur certains titres, comme Super Mario 64 paru en 1996 sur Nintendo 64. Les premières aventures tri-dimensionelles du plombier restent encore un grand souvenir pour tous les afficionados de Nintendo, et bien entendu la musique y est pour beaucoup. Koji Kondo est aux manettes et crée encore des musiques mémorables telles que ce Dire Dire Docks, morceau illustrant les niveaux aquatiques de Super Mario 64. Calme et mélodieux, presque onirique, et reposant comme une baignade. Et plus on fait avancer Mario, plus la musique progresse et s’agrémente d’arrangements subtils, d’abord des cordes puis des percussions..ou du moins d’effets sonnant comme tels, puisqu’il s’agit d’un synthé.

Le Thème de Bowser est l’autre sommet musical du jeu: une vraie musique de dur à cuire qui en impose, mais pourtant très entraînante. De gros beats, des “boom boom” et un effet d’harmonica emprunté aux westerns: c’est le genre de musique qu’un catcheur mettrait pour son entrée sur le ring. Ce morceau donne envie de marcher sur la pelouse malgré le panneau “pelouse interdite”, de pousser mémé dans les orties et d’envahir la Pologne.

Yoko ShimomuraGuile Theme (Street Fighter 2)

Yoko Shimomura se fait connaître avec la bande son du deuxième volet des jeux Street Fighter, référence en ce qui concerne les jeux de combat. Elle compose plusieurs morceaux marquants du jeu, notamment le Thème de Guile, militaire américain blond tendance Top Gun avec une coupe en brosse. Une composition dramatique et musclée qui motive autant pour flanquer une dérouillée à son ennemi juré, courir un marathon ou remplir sa déclaration de revenus: le thème de Guile va avec tout, et cela avait même fait l’objet de blagues sur internet il y a quelques années.

Yuzo Koshiro Go Straight (Streets of Rage 2)

Un des grands succès de la Megadrive et exemple même du genre du beat-them-all, consistant à faire avancer un personnage en se battant contre plusieurs ennemis en même temps. Streets of Rage met en scène trois jeunes flics en civil qui ont décidé de créer une unité spéciale afin de chasser les délinquants et les criminels qui pullulent dans leurs rues. Et pour casser du loubard, mieux vaut une musique entraînante, avec du punch ! C’est justement ce que nous propose Yuzo Koshiro notamment avec le thème du premier niveau de Streets of Rage 2, Go Straight. Un riff techno 16-bits primitif et répétitif qui transforme les rues mal famées dans lesquelles évoluent nos héros en boîtes de nuit où la castagne remplace la danse.

Il n’y a que les musiques de jeux qui peuvent nous faire aimer des styles dont on n’a habituellement que faire.

Masato NakamuraChemical Plant Zone (Sonic 2)

Le hérisson bleu, longtemps concurrent du plombier moustachu Mario fait ses débuts en 1991 sur la console Megadrive de Sega. La vitesse qui caractérise le personnage et son image plus “jeune” se manifestent également dans les musiques du jeu, comme sur ce Chemical Plant Zone issu de Sonic 2, sorti en 1992. Rapide, nerveux, métallique et plus dur: un titre qui aurait pu faire les belles nuits de nombreux fêtards, mais qui sert à accompagner la croisade d’un hérisson bleu hyper rapide et d’un renard à deux queues contre un savant fou. Le compositeur Masato Nakamura, délaissera ensuite la musique de jeux pour se consacrer à son groupe, Dreams come True, laissant sa place à…Michael Jackson pour la composition d’une partie des musiques de Sonic 3.

Tim FollinPictionary Title Screen, Mini-Game 1

Oui, il s’agit bien du jeu de société Pictionary, celui qui consiste à faire deviner un mot ou une idée à l’aide d’un dessin. Cette adaptation sur NES n’est pas des plus fameuses, sauf pour sa musique composée par l’anglais Tim Follin, devenue par la suite une pépite cachée pour les amateurs de retro-gaming. C’est bien d’ailleurs la seule raison pour laquelle on mentionne encore ce jeu, sur lequel Tim Follin s’est défoulé et s’en est donné à cœur joie. On dit parfois que dans la vie, quand on a des citrons, on en fait de la citronnade: lui en a fait une tarte au citron meringuée. Un thème principal élaboré et funky qui donne plus envie d’en découdre que de gribouiller.

Quant à la musique du mini-jeu 1, elle sonne comme Kraftwerk reprennant Smoke on the Water.

Bobby PrinceAt Doom’s gate (Doom)

Doom est un des jeux majeurs de l’histoire du jeu vidéo qui a défini le jeu de tir à la première personne: les jeux du même genre qui ont suivi ont même été appelés des “Doom-like”. Sorti sur PC en 1993, on y incarne un marine de l’espace tentant de survivre sur Mars en dégommant des créatures démoniaques, le tout dans un univers mêlant science-fiction et horreur. L’emblématique thème principal a été composé par un américain, Bobby Prince et ce n’est guère étonnant: c’est bourrin, ca tape dur, c’est survolté: c’est l’heure de la bagarre, on n’est pas là pour enfiler des perles. A l’attaque !

Grant KirkhopePause Music (Goldeneye 64)

Un des jeux phares de la Nintendo 64 est cette adaptation de Goldeneye, film de la saga James Bond avec Pierce Brosnan qui avait relancé la franchise en 1995. Ce jeu de tir à la première personne (FPS) reprend la trame du film et connaît un grand succès entres autres grâce à ses graphismes, son mode multijoueur et bien sûr à sa bande-son, dans le pur style 007, entre action, tension et flegme britannique. Mention spéciale à la musique ponctuée d’un léger xylophone que l’on entendant en mettant le jeu sur pause: regarder sa montre n’aura jamais été aussi stylé.

Tommy TallaricoNew Junk City (Earthworm Jim)

Ce jeu de plate-formes cartoonesque sorti sur Snes et Megadrive en 1994 met en scène Jim, un ver de terre portant une combinaison spatiale chargé de sauver la Princesse C’est-quoi-son-nom-déjà (Ça ne s’invente pas). Sous ce postulat loufoque se cache un jeu difficile servi par des musiques entraînantes au synthé, comme on l’entend sur New Junk City, niveau 1 du premier jeu se situant dans une déchetterie spatiale.

Il en est de même pour le premier niveau de Earthworm Jim 2, intitulé Anything but Tangerines (composé par Christophe Beck) dont la version Megadrive est un concentré de techno-rock speedé sur synthé.

Hirokazu TanakaEaston Kingdom (Super Mario Land)

Sorti sur Game Boy en 1989, Super Mario Land diffère des autres jeux de la série Super Mario: le plombier n’est pas dans le Royaume Champignon, ne combat pas Bowser et ne sauve pas la Princesse Peach comme d’habitude, mais la princesse Daisy. Et pour suivre ces changements, il fallait bien un autre compositeur que Koji Kondo: c’est Hirokazu Tanaka, qui ne chômait pas à l’époque (il a aussi fait les musiques de Tetris) qui écrit les nouvelles musiques du jeu. Et son travail n’a rien à envier à celui de son confrère, la preuve par ce Easton Kingdom Theme, tout en réverb’ qui nous plonge dans une Égypte Antique de cartoon et qui ne cesse d’onduler dans notre tête.

Keiichi SuzukiUnsettling Opponent, Hospital, Pokey Means Business (Earthbound)

Earthbound est un RPG (jeu de rôle) de 1995 sur Super Nintendo qui n’est malheureusement jamais sorti en Europe (du moins en ce qui concerne la version Snes). Ce RPG détonne par rapport aux titres habituels du genre par le fait qu’il se situe dans une époque contemporaine là où les RPG classiques se déroulent dans un univers d’heroic-fantasy. On incarne dans ce jeu un petit garçon désigné pour vaincre un extraterrestre menaçant de détruire le monde, le tout sur fond d’humour absurde et de références à la pop culture occidentale. La musique n’est pas étrangère à la réussite du jeu et à son statut d’incontournable acquis Outre-Atlantique. Les influences de la bande-son d’Earthbound sont diverses, allant du jazz (Unsettling opponent) au dub (Hospital) en passant par le rock (Pokey means business). Sur ce dernier, la musique commence d’abord par un 8-bit épique puis continue en un gros rock, mi-hard mi-indus avec une basse bien plombante: attention, ça ne rigole plus.

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