Cette semaine, pas de trajectoire retracée d’un loser du rock ou d’un méconnu au bataillon.
A l’occasion du Festival de Cannes, voici une petite sélection de dessins commentés alliant musique et cinéma. En réalité je me fiche pas mal de ce festival qui n’est qu’un repaire de soi-disant stars inaccessibles, de nouveaux riches à l’égo aussi énorme que la discographie de The Fall et autres m’as-tu-vu. Mais je suis en vacances et ce sempiternel évènement tapageur me semble une bonne occasion de publier quelques dessins dormant dans mes cartons.
En premier lieu, et même si le jeu de mots est facile, célébrons CAN plutôt que Cannes.
Groupe emblématique du rock allemand au son d’une modernité folle, entre rock et avant-garde: avec Jaki Leibezeit son batteur hors-normes à la précision d’une machine, Irmin Schmidt aux claviers, les chanteurs Malcom Mooney puis Damo Suzuki, le Japonais illuminé chantant dans une langue nouvelle qu’il était le seul à connaître, et bien sûr Holger Czukay, savant fou bricoleur de sons, précurseur du sampling et son disciple, le mésestimé guitariste Michael Karoli (ce solo sur Mother Sky!)
Le bassiste et le guitariste sont en Doc Brown et Marty McFly de Retour vers le futur, avec un jeu de mots sur un de leurs plus fameux albums, Future Days (1973), contenant notamment Moonshake et qui sera le dernier avant le départ de Damo Suzuki.

My dinner with Andre est un film de Louis Malle sorti en 1981…que je n’ai jamais vu, mais qui est paraît-il très bien…Autant je mets un point d’honneur à dessiner des groupes dont j’ai déjà au moins écouté quelques chansons (sauf quand c’est un dessin de commande), autant je n’ai aucune réserve à faire référence à des films que je n’ai pas vu. Du peu que je sais, ce film parle d’un dramaturge discutant du sens de la vie avec un certain Andre..Je suppose que si ça avait été Andre Williams le soulman salace, le film serait passé de tous publics à interdit aux moins de seize ans..
De Greasy Chicken à Bacon Fat (repris par les Cramps) en passant par le fantastique album tardif Silky (1997, produit par Mick Collins et Danny Kroha), Andre Williams est mon obsédé préféré avec Kim Fowley.
Dans le même esprit, ce dessin-là fait référence au premier vers de la chanson Showgirl des Auteurs et au film Showgirls de Paul Verhoeven. Encore une fois un film que je n’ai pas vu, et que franchement je ne compte pas voir. Une histoire crasse de danseuse voulant réussir à Las Vegas..
Ce qui m’intéressait ici c’est l’opposition entre le raffinement et l’élégance des Auteurs (plus particulièrement de Luke Haines) et la présumée vulgarité de ce film reflétant un milieu se complaisant dans la débauche (comme le monde du cinéma pour lequel le festival de Cannes est une vitrine). Précisons que beaucoup d’affichistes de cinéma n’avaient pas vu les films dont ils dessinaient les affiches..
Pour rester dans le domaine de la pop indé anglaise, nous avons là Morrissey en Blanche-Neige. Je ne sais plus comment m’est venue cette idée, mais de toute façon les meilleures idées (ou du moins les plus saugrenues) sont celles qui viennent de manière mystérieuse et soudaine. J’imaginais bien Morrissey chantant pour les petits animaux de la forêt, le seul public pour qui il n’annulerait aucun concert..même si vu ses récentes déclarations, il est plus proche de la méchante reine que de Blanche Neige. Dans tous les cas, cette version du conte avec le Mancunien dramatique reste toujours mieux que la dernière version en prises de vue réelles…

Et pour finir, on s’éloigne du rock pour ne rester que dans le cinéma avec un dessin que j’aime et que je voulais faire partager. Pierre Richard dans son plus célèbre film, Le Grand Blond avec une chaussure noire. Le genre de films qui nous replonge dans la France des années 70, avec son fameux thème à la flûte de Pan signé Vladimir Cosma. Quand on regarde une comédie française des années 70/80, il y a une chance sur deux de voir son nom au générique: on peut ainsi dire qu’il est le compositeur attitré du cinéma populaire français de cette période. Ou du moins, l’un d’eux.
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