Arab Strap de retour (triomphal) : l’interview synthèse

Arab Strap

Au sortir d’une énième écoute du nouvel album d’Arab Strap, As Days Get Dark, il nous est apparu comme une évidence (et contrairement à nos habitudes) qu’on n’avait pas particulièrement envie de décortiquer l’œuvre avec ses auteurs comme on le fait d’habitude, de leur asséner 1001 questions savantes pour les amener ou à répéter ce qu’ils ont dit déjà 1001 fois aux collègues ou, au contraire, à essayer d’exprimer des choses (fausses forcément) auxquelles ils n’auraient sûrement jamais pensé si on ne les y avait forcé. Laisser résonner l’album dans toute sa force et son évidence nous semblait la meilleure voie possible pour le recevoir entier et sans intermédiaire.

English version below.

L’hypothèse d’une interview, séduisante et pourtant affreusement marketing (comeback, Arab Strap, album magnifique), se défilait alors laissant la place, parce qu’on avait la chance d’entretenir des relations de confiance et de respect mutuel avec Malcolm Middleton à un simple échange de mail qui fait aussi bien l’affaire.

Bonjour Malcolm,

Juste un petit mot rapide (je pense que vous devez avoir votre compte de sollicitions en ce moment) pour dire qu’on avait mis un 9,8/10 à l’album d’Arab Strap qui est… cool. On ne va pas s’embarrasser de superlatifs mais on note rarement les disques aussi haut. J’avoue qu’on a hésité longtemps avant de lui accorder la note maximale mais sans doute est-ce que cela aurait été manquer de respect à vos disques passés et été nourri par une forme de nostalgie malsaine. Bravo en tout cas. C’est ce qu’on appelle un “tour de force”.

Comme on ne sent pas l’envie de t’ennuyer avec nos questions (et puis on a tous lu d’autres interviews), et puis de suranalyser le disque, on vous propose juste de répondre à une seule question :

Qu’est-ce que ça fait ? Qu’est-ce que ça fait d’être Arab Strap ? D’être Malcolm Middleton ? D’avoir ton âge ? D’être là où tu es ? Qu’est-ce ça fait ?

Envoyé peu avant 10h du matin, l’unique question revenait quinze minutes plus tard avec cette réponse à la fois dans et un peu en dehors du sujet qui nous allait bien. On vous la livre ainsi. Et on en dira pas plus:

Malcolm Middleton :

Je serai bref car je crois que je déteste déjà parler de ce disque. Mais au final je suis déjà content qu’on ait pu le sortir et que les fans d’Arab Strap ont l’air jusqu’ici de le trouver pas mal. Il n’est pas comme notre premier album, ni même comme le dernier en date, mais je pense qu’il fait l’affaire. Cet album capture quelque chose de notre état d’esprit, mais il reflète aussi des choses qu’Aidan et moi avons accumulé à travers les années pendant lesquelles nous avons travaillé chacun de notre coté. Aidan a amené des boucles, des samples de son projet Lucky Pierre et j’ai moi-même mis au pot tout ce que j’ai pu apprendre en bossant sur Human Don’t Be Angry. J’ajoute aussi la contribution de notre ami d’enregistrement Paul Savage qui a amené sa science et son inestimable savoir. Pour moi, la chanson clé est The Turning of Our Bones. C’est à ce moment là que l’album a vraiment démarré, qu’on a été vraiment excités par ce qu’on était en train de faire. Ensuite, il y a eu Compersion (qui était initialement une chanson beaucoup plus longue), Fable of The Urban Fox, Kebabylon et Sleeper. Au tout début, parce qu’il y avait ces cinq chansons, on avait en tête de faire un album de 6 titres et d’une quarantaine de minutes, en essayant de combiner les guitares, les monologues et les morceaux avec des beats, d’où notre premier titre de travail qui était Disco Spiderland.

Ensuite, les choses ont évolué car on s’est mis à écrire d’autres choses. Les refrains était plutôt classiques. Here Comes Comus est arrivé, et Tears on Tour dont on avait en tête initialement de faire une face B, et puis enfin Bluebird. Avec tout ça, on a commencé à raccourcir les titres les plus longs de sorte que tout ce qu’on avait tienne sur un disque vinyle qui restait, je ne sais pas trop pourquoi, l’idéal de durée inscrit au tréfonds de notre subconscient. Au fur et à mesure qu’Aidan développaient et posaient ses paroles, le thème principal a émergé. La nuit, et la solitude que nous trouvons dans son creux, les activités qu’on y développe. Le titre vient de la dernière chanson du disque, Just Enough, qu’on a toujours considéré comme une chanson un peu spéciale mais qu’on n’a jamais été capable de terminer…. On l’a mixée 10 fois. Une version avait une fin épique de plus de quatre minutes de guitares rugissantes qui se montaient dessus. C’était incroyable mais cela n’avait pas forcément sa place dans cet album et ne rimait pas à grand-chose. Sleeper est de fait devenu le vrai final de l’album, et Just Enough son… épilogue.

Dans l’instant là, j’aime beaucoup cet album, la musique, les textes, la production et la pochette. Tout est intégré et ça semble coller. Nous sommes déjà en train d’évoquer le prochain disque… même si on a besoin de partir en tournée avant ! Possible qu’on décide de la jouer tranquille sur ce nouveau disque, calme, paisible. Je joue pas mal de piano ces temps-ci et c’est une piste d’aller dans cette direction.

Arab Strap is back (and triumphant) : the short interview

Arab Strap

As we had just reviewed As Days Get Dark, Arab Strap triumphant comeback album, it was clear we didn’t want to overanalyse the LP and to mob its two authors with questions they would have already answered a dozen times or wouldn’t have dared think about. This music just needs to be heard, to be physically received, danced upon and adored. It is not that much a question of intellect or double-meaning. From that point, it was an evidence we wouldn’t need a full classical interview to enjoy the new music. As we had through the years kept a cordial and fraternal relationship to Malcolm Middleton, we chose to resume our interest to a single question and to write him a short notice about what we were expecting.  

Hello Malcolm,

Just a quick word (i guess you’ve got this from all over the world) to tell you the Arab Strap LP is a great one. I wont use any superlatives but i’ve reviewed it with a 9,8/10 mark i dont use very often . I’ve long hesitated on the 10/10 but i’ve considered it would have been disrespectful for your past work and probably a bit nostalgia-fuelled ! Bravo en tout cas. It is what we call “a tour de force”.

Anyway, i dont feel like much asking you a thousand questions about it, as i’ve read a few interviews and dont want to spoil the moment by overanalysing the LP. If you will and have a few minutes for it, i would like to ask you a single question : What’s it like ?

What’s it like ? Being now, being Arab Strap, being Malcolm Middleton, being the age you are, being in Scotland, being….

Any answer will be considered and appreciated !

A few minutes later, Malcolm did gently answer my request with a few lines that say it all and dont need much to discuss. Here it is :

I’ll be brief as I already hate talking about this record. But it feels good to have finally released it, and for the most part Arab Strap fans seem to approve. It’s not like our first album, or our most recent, but I think it fits. It captures something of our spirit, but also the accumulated years that myself and Aidan have worked apart.

Aidan has brought loops and samples from his Lucky Pierre project, and I’ve brought whatever I’ve learnt from doing Human Don’t Be Angry. Not to mention our friend and “recorder” Paul Savage bringing his own wealth of knowledge. For me the key track is The Turning Of Our Bones, this is where the album properly started and when we began to get excited about it. Then came Compersion (which was originally much longer), Fable Of The Urban Fox, Kebabylon and Sleeper.

Initially, because of these 5 songs we were planning to do a 40 minute 6-track album, combining angular guitars, monologues and disco-beats, hence the working title Disco Spiderland. Things soon changed though, we started writing more. Choruses seemed quite common. Here Comes Comus happened, then a throwaway potential b-side Tears On Tour, then somewhere near the end Bluebird. So we started shortening some of the longer songs so we could fit everything on to one piece of vinyl, which must be an important ideal somewhere in the depths of our minds.

As Aidan’s lyrics developed the theme emerged. The Night, and the solace we find in her and her activities. The title comes from the last song Just Enough, which we always felt was special but could never finish. We mixed it 10 times, one version has an epic 4 minute rock ending with multiple guitar solos over-lapping. It was amazing, but really didn’t make sense, or fit with the record. So Sleeper is the real finale to the album, and Just Enough is the epilogue. Right now I love this album, the music, words, production and artwork. It’s all come together and it fits. We’re already discussing the next one (even though we need to tour first!). We might go really quiet, and I’m playing piano more so we might go that way… 

Crédit photos : Kat Gollock (for Rock Action)

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