C’est l’une des curiosités de cette deuxième édition du Festival Outsiders et probablement l’un des groupes qu’il plaira aux amateurs de découvrir dans les excellentes conditions offertes par le Supersonic Records : Eugénie Leber, la chanteuse et leader de Concordski, viendra présenter sur scène les chansons hautement addictives qui ont fait de son EP/mini LP curieusement nommé, le Salon des Arts Ménagers, l’un des disques qui s’incrustent depuis quelques mois sur notre platine (on appelle platine désormais tout ce qui sert à écouter de la musique…). L’électro-pop du groupe normand renvoie à des lointains souvenirs où les hommes parlaient aux machines comme à des amis (ou des animaux domestiques) mais aussi une époque où les synthés, les claviers et toutes ces nouvelles inventions étaient si capricieuses que s’en dégageait un charme désuet et souvent irrésistible. Concordski invente dans un registre volontairement rétro et pétillant, qui accueille des textes malicieux et critiques, des observations souvent lucides sur le monde dans lequel on vit. L’ensemble est agréable à l’oreille, délicieux parfois : en un mot, intelligent. A une petite dizaine de jours de son entrée en scène, Concordski a répondu rapidement à quelques unes de nos questions.
Comment s’est passée la saison estivale de Concordski ?
Ce fut clairement la plus remplie depuis l’existence de ma compagnie aérienne. Je suis ravie d’avoir pu faire écouter Salon des arts ménagers en concert dans les évènements estivaux, et de ce fait, d’avoir pas mal plombé l’ambiance en abordant mon thème de prédilection : le drame.
Quelles sont les ambitions du groupe pour la rentrée ?
Terminer cette tournée en beauté avec deux dernières représentations dans le Grand Ouest et une dans la capitale française pour célébrer votre merveilleux festival Outsiders. Dès le 10 octobre, je partirai en hivernage afin de composer de nouvelles chansons tragiques.
Qu’est-ce que c’est qu’un outsider pour vous et est-ce que vous considérez que vous êtes des outsiders ?
Dans mon imaginaire collectif personnel et dans le contexte musical, je dirais qu’un.e outsider est particulièrement ancré.e dans son époque et en propose une description peu représentée mais populaire. Évidemment que Concordski est outsider !
Vous jouez en 1ère partie de Malcolm Middleton le 9 octobre. Qu’est-ce que vous pensez de la musique de mâle blanc déprimé de 50 ans en tant que jeune femme ?
Je me dis que c’est vraiment audacieux de votre part d’avoir concocté un plateau de personnes déprimées ! J’ai hâte. La déprime est universelle, il faut la célébrer !
Qu’est-ce que vous avez écouté cet été dans votre van ?
Pêle-mêle, non exhaustif et non classé par ordre de préférence : Kompromat, Soulwax, Gesaffelstein, Automelodi, Xeno & Oaklander, The Hollies, DJ Snake, Nick Hollow, Townes Van Zandt, aussi ma playlist maison « Retroïde » qui contient des merveilles 50’s, 60’s et 70’s, et aussi des podcasts sur les faits divers.
Photo : Clémence Catherine (avec la permission du groupe)

