Gilbert O’Sullivan / Driven
[Union Square Ltd / BMG]

7.7 Note de l'auteur
7.7

Gilbert O'Sullivan - DrivenA force d’essayer de dire du bien des dernières productions de Paul McCartney ou de suivre les aventures des Rolling Stones en Europe, on en était presque arrivés à oublier que Gilbert O’Sullivan était encore en vie. Contrairement aux dinosaures précités et disons à Brian Wilson, dont il est le cadet de 4 ans (O’Sullivan n’a que 75 ans), l’Irlandais n’a jamais cessé de sortir des disques pertinents et surtout de présenter des nouveaux titres qui étaient régulièrement aussi bons voire supérieurs aux productions qui ont fait sa renommée au début des années 70.

Driven ne fait pas exception et pourrait aisément passer sur son meilleur album depuis ses débuts, ce qui rend encore plus inexplicable le manque de reconnaissance dont il bénéficie de nos jours et l’oubli dans lequel on le tient. Le disque a évidemment de faux airs des Beatles et de Mc Cartney mais aussi une élégance et une grâce naturelle qui font un peu penser aux travaux de Burt Bacharach. Les arrangements ne sont pas toujours d’une grande modernité (Let Bygones by Bygones par exemple) mais la qualité mélodique des chansons l’emporte sur le reste, offrant en treize titres presque autant d’instants magiques, charmants et hors du temps.

Exceptionnellement en duo sur le titre précité avec Mick Hucknall de Simply Red, Gilbert O’Sullivan n’est jamais meilleur que lorsqu’il évolue en solo et en tête en tête avec son… public. L’entame Love Casualty est rock et kitsch comme un titre des Fab Four poussé à la va vite, mais on ne résiste pas au Lenonnien Blue Anchor Bay, joueur et brillant, qui suit.

Plus loin, Gilbert O’Sullivan signe des pièces de toute beauté, incroyables d’élégance et pétillantes. C’est le cas du génial What Are You Waiting For, petit standard instantané qu’on dégustera volontiers en bonne compagnie, ou encore du très kinksien You Cant Say I Didnt Try. Le mélange des guitares rock et des cordes est non seulement harmonieux mais quasi éternel. Let Me Know est soyeux, entraînant et frais comme un premier rendez-vous à la plage si bien qu’on se demande sérieusement si le bonhomme sait qu’il a largement entamé sa huitième décennie. On pourra proposer une danse à son amoureuse sur le remarquable If Only Love Had Ears, rêver au prince charmant ou carrément emballer sur le merveilleux You And Me Babe, probablement l’une des plus jolies chansons écrites par O’Sullivan.

Les esprits chagrins diront que ce n’est pas avec ce genre de musique qu’on va se projeter dans l’avenir mais ce n’est pas une raison pour ne pas en profiter pendant que ça dure. Dont Get Under Each Other’s Skin n’est franchement pas moins novateur que n’importe quel morceau de The Smile ou de je ne sais quelle coqueluche du moment. On rêverait enfin de voir les morceaux de O’Sullivan repris par la jeune génération depuis Alone Again jusqu’à Nothing Rhymed, il y aurait de quoi faire.

En attendant, ce Driven nous offre un petit morceau d’université pour une poignée d’euros. Une affaire à ne pas négliger.

Tracklist
01. Love Casualty
02. Blue Anchor Bay
03. Let Bygones be Bygones (feat Mick Hucknall)
04. Body and Mind
05. What Are You Waiting For
06. Let Me Know
07. Take Love (feat. KT Tunstall)
08. Back and Forth
09. If Only Love Had Ears
10. You Cant Say I Didnt Try
11. You and Me Babe
12. Hey Man
13. Dont Get Under Each Other’s Skin
Écouter Gilbert O'Sullivan - Driven

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