Cela faisait quelques temps que nous n’avions plus de nouvelles du patron des Éditions Hiver Nucléaire, artiste vidéaste peintre, écrivain, streamer et on en passe, Quentin Rouchet. L’homme est réapparu fortuitement sur les réseaux pour annoncer son nouveau projet, un film monumental sur le parcours de l’artiste, chanteur, écrivain punk Jean-Louis Costes, dont il racontera le parcours dans l’underground des années 80 à nos jours. Annoncé pour le 1er février, Le Cœur Glorieux, a déjà une affiche et un support : il s’agira, comme l’a confirmé son réalisateur, d’un film gigantesque qui sera présenté sur YouTube à partir du 1er février 2026, en une vingtaine d’épisodes/segments d’une heure chacun.
Consolidé par une cinquantaine d’heures d’entretien avec l’artiste qui fêtera au printemps ses 72 ans, le film reviendra sur le parcours de cet artiste voyageur atypique, dont l’œuvre est quasi impossible à caractériser et qu’on avait interviewé il y a quelques années sur Sun Burns Out. Le film sera garni d’extraits de concerts, de lectures, de vidéos, et tentera de représenter l’inimaginable : un parcours à la densité exceptionnelle où l’outrance et la poésie se rencontrent souvent. Porno, social, punk, chanson, pop, arty, brutaliste, le travail de Jean-Louis Costes n’a pas vraiment d’équivalent et garde sur lui, dans chacune de ses composantes, un potentiel de dérangement, politique, social, esthétique, radicalement époustouflant. Ceux qui continuent de fréquenter sa chaîne YouTube savent à quoi s’en tenir : les dernières semaines ont été l’occasion de passer d’une dégustation de nouilles chinoises chauffées au feu de bois, à une cérémonie de magie Voodoo avec un véritable sorcier à une résurrection d’un clip de 1990 où Costes se rase et braille dans une sorte de réincarnation rockabilly de John Lydon ou entonne une chanson pastorale en équilibre Fleurette. On y côtoie de l’atroce, de l’insupportable et du sublime, de l’anodin et de l’essentiel, du beau et du laid, du réaliste et du vent, de la rudesse et de l’émotion, des mondes contenus dans d’autres mondes et répandus devant nous comme on renverserait un pot de chambre ou une bouteille de nectar. Le Cœur Glorieux sera, à n’en pas douter, choquant et révélateur, dégueu et magique, à l’image d’un artiste qui incarne à lui tout seul tout ce que l’indépendance peut avoir de noble et de cruel.
Quentin Rouchet entretient avec Jean-Louis Costes une relation de longue date, le premier étant apparu il y a plus d’une dizaine d’années dans les clips du second. Nul doute que sa présentation du parcours en quatre décennies de Costes vaudra le détour.

