Jeunesse Eternité : Arne Vinzon réalise le rêve de tout homme

 

Arne Vinzon - Jeunesse EternitéPerpétuer la jeunesse et conserver son énergie est le rêve partagé des vieux punks, des savants fous et vraisemblablement de Madonna (c’est un autre sujet). C’est ce thème houellebecquien en diable qui est au cœur du single de rentrée du duo électro Arne Vinzon, dont le prochain album, Jeunesse Éternité, est annoncé pour le 17 novembre chez Atypeek/Studio Bonito.

Ce retour après quelques années de silence est une chance pour les plus jeunes de découvrir les compositions d’Arnaud Vincent (au chant et au musique) et, cette fois, d’Aurélien Bonneau qu’on avait croisées pour la première fois il y a dix ans avec le single Lente Dépression. La voix d’Arnaud Vincent fera penser les plus jeunes à celle d’un Benjamin Biolay décomplexé (et qui aurait arrêté la fumette), les plus anciens à un mélange de Philippe Pascal (Marquis de Sade) et Dave Gahan (Depeche Mode). C’est dans ce territoire cold et cold wave qu’il faut sans doute aller chercher la filiation du groupe et situer ce Jeunesse Éternité, allégée par un synthé athlétique et une rythmique affriolante. On est frappés à chaque fois par la profondeur du chant et par le caractère littéraire des textes d’Arnaud Vincent qui domine ce single par sa présence chaleureuse et envoûtante. La synth-pop de Bonneau vient donner elle-même un coup de jeune au chanteur empesé dans ses rêves de littérature et de cinéma. C’est comme si Bashung revenait aux affaires et signait un disque avec Taxi Girl (on déconne). L’ensemble est magnétique et dessine une sorte de travelling majestueux qui fonce droit vers un horizon dégagé.

Où nous mène cette quête de jeunesse ? C’est évidemment la question et le cœur d’Arne Vinzon balance entre mort et aspiration divine. Le clip est joliment troussé et accompagne de manière très cinématographique cette vignette pop redoutablement efficace et intelligente. L’album (qu’on a pu écouter) est à l’avenant : pétri d’élégance et inspiré, entre chanson française exigeante et musique de divertissement. Ces deux-là viennent de renouer avec l’un des plus vieux rêves de la pop française, taquiné jadis par Daho, Murat et quelques autres. On ne conseillera jamais assez d’y aller voir.

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